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Critique du Film : May

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 8 janvier 2006 à 18:09

May fait ce qu’il lui plait

May est une jeune femme qui a connu une enfance traumatisante en raison d’un fort strabisme divergent. Cet handicap l’a transformé en un individu solitaire, qui a pour seule amie une poupée, qu’elle ne sort jamais de sa boîte. Lorsque May tente de sortir de son enfermement psychologique, elle va faire la connaissance d’un jeune mécanicien dont elle va tomber amoureuse, tout en essayant d’éviter les avances empressées de sa collègue lesbienne, qui travaille avec elle dans un cabinet vétérinaire.
May raconte la lente descente aux Enfers d’une jeune femme qui n’arrive plus à distinguer des valeurs qui nous semblent évidente comme le bien et le mal, l’amour et la haine. Victime de son strabisme, elle voit le monde déformé et bizarre – elle est d’ailleurs souvent présenté comme un cyclope, grâce à des effets de lumière et de prises de vues -, sans parvenir à réaliser que cette anormalité vient en fait de son regard sur le monde, et de son absence totale de critères moraux et sociaux.
Pourtant, May essaye de réagir, tout d’abord en compagnie de son copain Adam, mais ce dernier, dépassé par les événements et impressionné par la bizarrerie de cette femme-enfant que la communauté environnante considère comme une originale, voir un ‘’freak’’, ne sera pas à la hauteur et emmènera May sur la route de la démesure et de l’horreur. Car ce qui fait l’originalité de ce film, c’est également la lenteur avec laquelle le film bascule dans le secteur horrifique, et encore, on ne peut pas dire que l’on atteindra à ce moment les sommets du gore. Non, pendant une heure, McKee nous présente l’histoire d’une tentative de reconnaissance maladroite, avec ses premiers émois et ses hésitations – May n’est pas si insensible que cela aux avances de Polly –, le tout baigné dans ambiance poétique et feutrée remplie d’humour qui n’est pas sans nous rappeler le grand Tim Burton. La schizophrénie latente de May nous fait d’ailleurs plus sourire qu’autre chose, en raison tout d’abord du visage attendrissant de Angela Bettis, puis par le fait que les personnages qui l’entourent sont tout autant étranges et instables.
Aussi, lorsque May passe à l’acte et entreprend sa ‘’vengeance’’, on est d’autant plus choqué que l’on s’est attaché au personnage. Ce personnage coincé et timide développe alors son potentiel de violence, et le spectateur se retrouve partagé entre la compassion et l’horreur. Véritable performance de ce jeune réalisateur qui parvient alors à entretenir ce paradoxe jusqu’à la fin, ou le rêve rejoint dramatiquement la réalité.
May ne serait pas non plus une réussite sans l’exceptionnelle performance de Angela Bettis, jeune actrice charismatique qui se rapproche, sans aucun doute, des comédiennes appréciées par un Tim Burton, encore lui, qui privilégie les jeunes femmes sachant marier la fragilité et le mystère. Son aura ambiguë qui émane à la fois émotivité, timidité et force meurtrière lui servira encore, puisqu’elle sera choisie la même année pour interpréter Carrie dans l’adaptation télévisuelle du roman de Stephen King.

85

Grâce à une première heure d’exposition bluffante, qui ferait presque passer May pour une comédie dramatique à tendance psychologique, et une deuxième partie beaucoup plus violente, tout en évitant le piège du gore à outrance, McKee arrive à nous offrir un film original, qui sort vraiment des sentiers battus. Si on ajoute la magnifique performance de Angela Bettis, on peut vraiment affirmer que l’on n’est pas très loin du chef d’œuvre.

Critique de publiée le 8 janvier 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario intéressant
  • Ambiance étrange et prenante
  • Angela Bettis, géniale

Que faut-il oublier ?

  • On pourrait reprocher un manque de punch
  • Les séquences de ‘’vie’’ sont un peu légères.

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