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Darkness >

Critique du Film : Darkness

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 16 octobre 2005 à 17:51

L’obscurité dévoratrice

La famille de la jeune Régina, après un long séjour aux Etats-Unis, rentre en Espagne et s’installe dans une vieille maison qui n’a pas été habité depuis très longtemps. Rapidement, d’étranges manifestations intriguent son jeune frère Paul alors que le père rechute d’une maladie nerveuse qui le rend agressif et imprévisible. Tout cela n’est pas sans effrayer la jeune fille, surtout lorsqu’elle s’aperçoit que Paul porte de nombreuses marques de sévices sur le corps. Devant l’incrédulité de la mère, elle décide de mener sa propre enquête et découvre que la maison fut, il y a quelques années, le cadre d’une cérémonie macabre inachevée au cours de laquelle des enfants furent sacrifiés et que sa famille est liée à ces actes horribles.
Darkness reprend les thèmes habituels de la maison hantée, objets qui se meuvent tout seul, bruits inhabituels, apparitions spectrales furtives, problèmes électriques récurrents qui plongent régulièrement la maison dans l’obscurité. Comme de nombreux films, Darkness joue sur notre peur enfantine du noir mais là où se situe l’originalité, c’est que la terreur ne se trouve pas être incarnée par la maison elle-même, mais plutôt par l’obscurité qui s’y installe.
Dans Darkness, l’obscurité est en effet considérée comme une entité à part entière. Elle se déplace, rampe le long des sols et des murs, sort discrètemen,t de dessous un lit pour happer un objet qui traîne à portée, comme un prédateur caché, à l’affût d’une nouvelle proie. Composée d’énergie maléfique, l’obscurité laisse parfois apparaître ce qui gère son existence, les âmes torturées des enfants, protubérances haineuses et jalouses cherchant la délivrance à travers une dernière victime, nécéssaire pour achever le cérémonial dont l’issue, volontairement mal définie, vise sûrement à l’hégémonie du Mal sous sa forme la plus primaire, autrement dit l’Abject, le Chaos primal.
Primal mais non stupide, car il nous prouve également qu’il peut influencer les esprits instables ou affaiblis grâce à des hallucinations trompeuses, comme s’il avait avec l’humanité une éternelle et terrifiante interdépendance, une connexion psychique où la justification de l’existence de l’Un est indispensable à la légitimation de l’Autre. Une lecture psychanalytique de l’œuvre pourrait être intéressante à développer sur le sujet.
Il faut admettre que de nombreuses scènes sont terrifiantes, mais là où le bas blesse, c’est lorsque sur la fin, le film devient trop démonstratif, faisant apparaître des créatures rampantes certes impressionnantes, mais trop palpables pour être inquiétantes. Une surenchère qui est, à mon avis, une grosse erreur et qui fait basculer ce thriller psychologique hyper angoissant en film de monstres. D’autant plus que cette matérialisation n’est absolument pas justifiée à travers le scénario. Il en est de même pour cette fin ouverte fantasmagorique d’une honnêteté douteuse, proche d’un épisode de Freddy ou de Phantasm.
Le deuxième gros problème vient ensuite du personnage de la mère, interprétée par Lena Olin. Si la qualité de l’interprétation ne peut être mise en cause, on ne peut pas en dire autant de la construction de personnage, qui est complètement ratée. Il faut la voir rester indifférente à l’état physique – malgré des marques qui auraient fait courir n’importe quelle mère sensée à l’hôpital le plus proche – et psychologique de son fils, surtout lors de la séquence où Regina lui montre les dessins torturés que répètent continuellement Paul. On la croirait à la limite de la possession, mais cette première conclusion à laquelle j’en étais arrivé pour expliquer des absences réactives aussi flagrantes, me faisait entrer de plein pied dans le hors sujet, en considérant la maison de Darkness comme celle d’Amityville ou de House. Ce qu’elle n’est évidemment pas, et je m’interroge encore sur une telle erreur de script.
Bon, je noircis le tableau, car tout n’est pas mauvais dans Darkness, loin de là. Le personnage le mieux réussi reste celui du père, incarné par Iain Glenn (même s’il caricature parfois un peu trop Jack Nicholson dans Shining) qui, grâce à une astuce scénaristique réussie cette fois-ci, fait figure de bourreau idéal durant tout le métrage alors que l’on apprend qu’il est en fait la future victime, lors d’une séquence comptant parmi les plus réussies d’ailleurs. Dans les autres rôles, l’excellente Anna Paquin (X-men) joue Régina alors que Paul est interprété de manière convaincante par un jeune débutant, Stephan Enquist. A noter, dans le rôle du chevalier servant de Régina, Fermin Reiwach, aussi peu charismatique que dans le Faust de Yuzna, dans lequel il interprétait le rôle titre.
Pour finir sur une note positive, j’ajouterais que Jaume Balaguero est sacrément doué pour instaurer un climax qui fout la pétoche. Très à l’aise dans les ambiances inquiétantes, il a réussit dans Darkness, avec l’assistance de son chef opérateur Xavi Gimenez, en ne jouant souvent uniquement que sur les éclairages, à donner à l’absence de clarté une existence propre, dévoratrice d’énergie vitale. Son savoir-faire apparaissant plein écran lorsqu’il nous prouve que le Mal peut agir partout, à l’occasion d’une scène traumatisante où il poursuit et dévore une victime dans les couloirs du métro. Et cela, en utilisant simplement des interrupteurs !

Que faut-il en retenir ?

  • Atmosphère inquiétante
  • Réalisation impeccable
  • Interprétation correcte dans l’ensemble.

Que faut-il oublier ?

  • Fin trop démonstrative
  • Le personnage de la mère
75

Darkness est donc, au final, un film inégal mais réjouissant, moins réussi mais plus ambitieux que la Secte Sans Nom, qui fait entrer Jaume Balaguero dans le cercle très fermé des talentueux réalisateurs espagnols de films fantastiques, en compagnie Amenabar, Carreras et autres de La Iglesia. On a pas fini d’entendre parler du cinéma ibérique, caramba !

Critique de publiée le 16 octobre 2005.

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