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The Prophecy >

Critique du Film : The Prophecy

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 26 septembre 2005 à 10:58

Méfiez-vous d’eux, car ce ne sont pas des anges

Depuis des millénaires, dans les cieux, les Anges se font la guerre. Une guerre terrible, impitoyable, fraternelle, un conflit dont les objectifs et les enjeux sont aussi flous que la position de Dieu à ce sujet – les voies du Seigneur sont impénétrables, c’est bien connu. Une seule chose de sure émerge de cet océan d’incertitude ; la raison de son déclenchement. L’homme. Et son statut de favori de Dieu.
Il existe une prophétie issue de la cabale juive qui déclare qu’une âme de guerrier s’incarnera dans un être et fera pencher la balance de cet éternel conflit vers un des deux partis. Et cette âme, qui se projettera non pas dans une créature céleste, mais dans celle d’un homme, se trouve déjà sur Terre. Elle circule d’un corps à un autre, perdurant au fur et à mesure des incarnations. Violente, jusqu’au-boutiste, bestiale, mais incroyablement courageuse, cette âme devient alors l’objet de quête ultime, un véritable saint graal, de ces séraphins belliqueux et peu fréquentables.
L’ange Simon, du parti de Dieu, a retrouvé cette âme. Après l’avoir récupéré dans le corps d’un vieil officier sadique, il l’a dissimulé dans le corps d’une fillette. Cette situation ne fait pas vraiment l’affaire du parti rebelle et notamment de leur chef, Gabriel, qui est prêt à tout pour la récupérer. Il ira jusqu’à tuer Simon, son ancien frère d’arme.
Malgré la résistance acharnée d’un jeune flic - un ex-prêtre élu par Dieu - et de son amie, l’affaire a l’air d’être entendu pour Gabriel, lorsqu’un intervenant inattendu se mêle aux débats. Cet empêcheur de tourner en rond à pour nom Lucifer – qui a une dent contre les anges en général, mais contre Gabriel en particulier – et il décide de ne pas faillir à sa réputation de perturbateur en amenant son aide aux humains..
Face au courage des humains, à leur magie shamanique, et à l’adversité de Lucifer, Gabriel doit s’avouer vaincu et laisser filer l’âme vers les cieux.
The Prophecy raconte l’histoire d’un conflit, issu d’un déchirement et d’un désespoir. ‘’Il ne m’écoute plus’’, déclare à un moment Gabriel en parlant de Dieu. Et c’est de la que vient le problème que soulève le film, l’absence, non pas forcément d’amour, mais de considération. Ignorés par Dieu, des anges se sont révoltés, non pas contre lui – qu’ils aiment plus que tout – mais contre ses favoris, ses choses, ‘’ses singes savants’’ ; les hommes. Dieu restant sourd à leur cri d’amour, Gabriel et ses lieutenants cèdent à la jalousie et veulent la destruction de l’humanité pour se retrouver ‘’comme avant’’. Pour cela, ils ont accepté de perdre la grâce. Personnages désespérés, presque humains finalement, ils en deviennent presque sympathique, plus en tout cas que Simon, cet ange resté fidèle à Dieu, et dont émane froideur morale et absence de passion.
Avec son choix de traitement, le réalisateur Gregory Widen explose complètement le mythe de la créature angélique. En effet, dans The Prophecy, les anges ne sont pas les créatures asexuées (c’est même tout le contraire) tendres et innocentes qui décorent tous les vitraux de nos cathédrales. Non, ce sont des exécutants de la parole de Dieu, des messagers de la mort ou de la survie. Chasseurs hors pair (il faut les voir humer l’air comme des limiers), ils effectuent cette tache depuis la nuit des temps. Ce sont donc des soldats sans compassion - certains toujours obéissants, tous fortement blasés - qui effectuent leur devoir sans la moindre once d’arrière pensée et ‘’d’humanité’’. Par exemple, lorsque au seuil d’être découvert, Simon envoie dans la petite fille (en l’embrassant à pleine bouche, on est loin de la puérilité hollywoodienne !) l’âme précieusement caché, il sait pertinemment que cette dernière va souffrir horriblement. Il n’hésite pourtant pas une seconde. L’’’angélisme’’ traditionnel est également ébranlé car les affrontements entre anges sont très brutaux, voir bestiaux, ce qui amène la sensation de voir s’opposer des bêtes fauves avides de sang. Aussi, les anges étant composés de chair et d’os lors de leur séjour sur Terre, on assiste donc durant toute la durée du métrage à une débauche d’effets horrifiques Et comme il faut, de plus, leur arracher le cœur pour les détruire…
Gabriel, le chef de la rébellion est interprété de manière magistrale par Christopher Walken. Donnant au personnage mythique de l’archange une vision nouvelle, il parvient à nous inquiéter, nous effrayer mais aussi nous faire sourire. La séquence ou, sur les marches de l’école, il essaye tous les moyens possibles pour faire ouvrir la bouche aux enfants – afin de vérifier que l’un d’eux ne soit pas le porteur de l’âme recherchée – est très amusante mais en même temps assez inquiétante. Car on devine dans son regard que s’il bénéficiait d’un peu plus d’intimité, il n’hésiterait pas à user de méthodes moins ludiques et plus douloureuses. Paraissant parfois s’amuser des situations (comme lorsqu’il s’amuse à taquiner ses esclaves humains), Gabriel est peut-être un ange mais surtout un démon, notamment lorsqu’il n’hésite pas à utiliser le feu comme une arme.
Le reste de la distribution est également de qualité. Le trop rare Eric Stoltz incarne le froid et calculateur Simon, le rôle de jeune flic a été confié à Elias Koteas, qui se défend bien même dans ses scènes avec Walken, et la jeune institutrice est incarnée par la belle et énergique Virginia Madsen. On a même le plaisir de voir l’excellente Amanda Plummer dans un rôle bref mais remarqué ou elle joue une morte-vivante désabusée et suicidaire. Dans le dernier quart d’heure intervient le personnage de Lucifer. Si d’aucun pourrait regretter le coté un peu imagerie mythologique qui marque chacune de ses apparitions (effets sonores, grognements, créatures démoniaque à ses cotés), il n’y a rien à reprocher à Viggo Mortensen qui effectue une prestation parfaite, tour à tour séducteur, conciliateur puis prédateur féroce.

75

Dotés d’un casting de qualité et d’un scénario original, The Prophecy avait, dés le début, tous les arguments pour séduire. Grâce au talent du réalisateur, qui tout en prenant son sujet au sérieux, ne résume pas son œuvre en une grosse leçon de morale de comptoir, on obtient au final un spectacle distrayant, riche en émotions et en frissons. Un film à effets réussis, rempli de scènes inattendues et non dénué d’humour, qui atteint par moment les sommets lors de certaines interventions de Christopher Walken.

Critique de publiée le 26 septembre 2005.

Que faut-il en retenir ?

  • Concept original
  • Bonne réalisation
  • L’interprétation générale
  • Walken en particulier

Que faut-il oublier ?

  • Scénario linéaire
  • Quelques gags malvenus

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