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BIFFF 2018 : Ce n'était pas le jour des enfants !

BIFFF 2018 : Ce n'était pas le jour des enfants ! : Non, vraiment pas...

Non, vraiment pas...

Au BIFFF, les journées se suivent et ne se ressemblent pas... enfin, pas tout à fait. Des films, des bières et encore des films, oui, mais la variété de films proposés peut, en une journée, nous faire faire un véritable tour du monde. Ca a été le cas hier : entre Mexico, Moscou, Rome, Vancouver et Taipei, on a voyagé ! Du coup, après un lundi assez décevant, on espérait pouvoir entrer dans le vif du sujet avec des projections plus convaincantes. Verdict ? Oui, c'était clairement une bonne journée. Certes, on n'a pas eu de gros coup de coeur, mais tous les films projectés avaient un minimum d'intérêt. C'est parti pour une petite review.

Belzebuth

Je vous ai déjà dit que je n'aimais pas les films de possession ? Non ? Bon, c'est fait maintenant. Du coup, le moins que je puisse dire, c'est que jusqu'ici, cette édition 2018 du BIFFF ne m'a pas porté chance : Veronica, c'était un film de possession, Charismata, c'était un film de possession, et je vous le donne en mille, Belzebuth... oui, c'est aussi aussi un film de possession. Comme ça c'est fait, je les ai tous vu (j'espère en tout cas), on peut passer à autre chose. Mais avant ça, que vaut Belzebuth ?

Et bien, sans être transcendant, force est de reconnaître que ce n'était pas trop mal, même quand on n'aime pas le genre... Derrière la caméra, Emilio Portes réussit une première partie impeccable. Ouvrant son film sur une séquence d'une violence psychologique assez incroyable (un massacre de nourissons dans une maternité, rien que ça), il pose d'emblée ses intentions : Belzebuth sera clairement un film sans compromis. Et la demi-heure qui suit est à l'avenant, offrant aux spectateurs deux séquences moralement éprouvantes (un massacre dans une école, puis dans une piscine), sans pour autant sombrer dans le trash gratuit. On est estomaqué par ce qui se dessine sous nos yeux, et d'autant plus conquis car le film bénéficie d'un soin technique impeccable (la photographie, notamment, offre des plans magnifiques).

Malheureusement, Belzebuth s'enfonce par la suite dans un scénario maladroitement alambiqué, convoquant des artifices scénaristiques dignes des séries Z, avant de se terminer sur une interminable séance d'exorcisme, aussi vaine que convenue. Toute la force de la première partie s'évanouit petit à petit à mesure que le scénario dévoile ses énormes failles. Si le rythme du film est correctement maintenu, les 115 minutes finissent tout de même par devenir diablement longues, à tel point que le générique de fin d'apparente presque à une délivrance. Dommage, parce que le potentiel était bien là pour faire de Belzebuth un film d'horreur tendu et efficace.

Avis et texte de Vincent L. : 4/10
Richard B : 5/10

The envelop

Cette année au BIFFF, le diable semble se cacher un peu partout (comme les chauffeurs du dimanche), et qu'il s'agisse de le combattre ou de pactiser avec lui, ce n'est jamais une bonne chose... Igor est un chauffeur privé qui aime bien rendre service, surtout quand la personne qui lui demande se trouve être une jolie secrétaire dont le postérieur semble l'obnubiler. Il accepte donc pour la demoiselle d'aller porter une enveloppe dans une rue qui se trouve être non loin. Sauf qu'au moment de transmettre le courrier à une vieille dame aussi intrigante que peu amicale, l'adresse du destinataire change. La femme lui propose cependant de lui confier une pièce de valeur à condition qu'il mène l'enveloppe à bon destinataire, et si la mission est accomplie, elle lui en donnera une seconde. Igor par donc en quête de la bonne personne à qui transmettre ce courrier précieux (qui ne doit être ouvert que par elle, sans quoi, qui sait, la peste pourrait s'abattre sur le monde).

Premier film de Vladimir Markov, The envelop, commence de manière plutôt alléchante. Le film est intriguant, joliment filmé et sa durée de 76 minutes annonce un film allant  l'essentiel. De ce point de vue, les promesses sont quasiment tenues : on ne s'ennuie pas, globalement il y a de la tenue technique, voire une certaine maîtrise et sur 85% du film, le sujet capte l'attention et amène un certain enthousiasme. Le final s'avère malheureusement décevant : un poil tiré par les cheveux, et surtout plutôt mal amené, il transforme le sérieux de tout le film (hors quelques notes d'humour, il faut l'avouer plutôt misogyne) en une sorte de dernier acte parodique.

Côté casting, Igor Lizengevich se débrouille pas trop mal, mais on pourra surtout être séduit par la ravissante Yuliya Peresild, qui, à mon goût, possède quelques faux airs de Charlize Theron.

Depuis quelques années le cinéma russe revient un peu sur les devants de la scène, et s’il se montre souvent peu subtil, des films comme celui-ci, faute d'être encore mémorables ou totalement satisfaisants, laissent entrevoir du fort potentiel (d'autant que si la fin était à la hauteur du reste, on aurait pu vraiment avoir un film fortement recommandable). Je pense cependant que sa vision est loin d'être inintéressante, et qu'il peut à juste titre, si vous en avez une occasion, vous amener à jeter un oeil. Et un festival comme le BIFFF, c'est surtout ça, pouvoir découvrir des films d'autres nationalités, pas toujours courants dans une exploitation classique, avec des lieux et une culture autre que la notre.

Avis et texte de Richard B. : 5.5/10
Vincent L. : 4,5/10

The Place

Parfois, aller voir un film sans ne rien savoir dessus réserve de très belles surprises... mais pas toujours. Je suis entré dans la salle de cinéma du BIFFF sans rien savoir de The Place. Et quelle ne fut pas ma surprise quand je me suis rendu compte, au bout de quelques minutes, que le film n'était rien de moins que la repompe d'une série US du début des années 2010 : The booth at the end.

The booth at the end était une série géniale : un homme assis au fond d'un restaurant qui reçoit à sa table diverses personnes. Toutes sont venues pour faire un voeux, mais ce voeux à un prix, et il leur faudra réaliser un épreuve pour y accéder. Bien sûr, ces épreuves sont profondément négatives (poser une bombe, tuer un enfant, violer une femme,...). L'originalité de la série venait de son format. L'action en quittait jamais le restaurant, et on voyait se succéder des personnages racontant comment ils s'y prenaient pour accomplir ces épreuves, ainsi que les dilemmes moraux que ça leur posait. En dix épisodes, la série parvenait à poser une ambiance, un univers, et tenait génialement son concept.

The Place reprend la première saison de The booth at the end. Et quand je dis "reprend", c'est bien au pied de la lettre : même concept, mêmes histoires, mêmes déroulement, avec juste quelques petits ajustement pour faire des happy end. Si je peux tout à fait comprendre le fait que le concept ait été copié, j'ai quand même du mal avec le fait que le scénario de Paolo Genovese ne développe pas de nouveaux personnages et de nouvelles histoires. The booth at the end durait 5 x 20 minutes, The Place en dure 105 : c'est tellement la même chose qu'il est presque scandaleux qu'il se soit crédité comme scénariste alors qu'il a juste traduit des dialogues de l'anglais vers l'italien. Pour qui a vu la série, The Place n'a donc aucun intérêt.

Et pour les autres ? Et bien le film a exactement les mêmes qualités que The booth at the end : le concept est génial, c'est bien écrit, les histoires s'articulent bien, c'est riche et prenant, et assez tendu en terme de suspens (chose d'autant plus remarquable qu'il n'y a que des dialogues). Les comédiens sont excellents (Valerio Mastandrea est un poil moins bon que Xander Berkeley, mais il fait largement le taf), et le film est techniquement soigné. Bref, pour ce public (assez nombreux finalement car The booth at the end n'a eu qu'un succès d'estime), The Place est un film réussi.

Vincent L. : Sans intérêt (mais 8/10 si on n'a pas vu la série copiée)

Parallel

Si The Place était un film-concept étonnant, Parallel est quant à lui un divertissement mainstream tout ce qu'il y a de plus convenu. Une fois passé une mystérieuse séquence d'introduction, dès lors que le scénario pose ses bases, l'amateur de genre aura très précisément deviné tout ce qui va s'y passer. Et pendant 1h45, Parallel ne dévie pas d'un poil par rapport à ce qu'on attend de lui. Un groupe de jeunes en collocation découvre un moyen de voyager dans des univers parallèles et s'en sert royalement pour faire plein de trucs funs. Mais évidemment, au fur et à mesure, les choses vont déraper... Je ne vous en dit pas plus, vous avez déjà en partie compris comment ça va se finir.

Assez étonnament, en dépit de cette tare scénaristique importante, j'ai passé un bon moment devant Parallel. Le film est fluide, bien rythmé, sait correctement passer du fun au thriller, et, cerise sur le gâteau, il est plutôt bien réalisé. Derrière la caméra, Isaac Ezban livre un produit tout public suffisamment bien fichu pour être divertissant. Certes, on n'y reviendra pas, mais le film se déguste comme un bon fast food entre pote.

Vincent L. : 6/10

Who killed Cock Robin

La culture à travers le cinéma de genre est une chose importante au BIFFF, et le cinéma taïwanais a toujours eu le droit sa vitrine. Cette année, il est particulièrement représenté, surtout via son réalisateur Wei-hao Cheng. Déjà présent en 2016 avec The Tag-Along, il revient cette même année avec un thriller Who Killed Cock Robin ? (dont nous allons parler ci-dessous) et un film horrifique The Tag-Along 2 (qui passe ce mercredi soir et qui est donc la suite de son film projeté en 2016) . Hier soir pour fêter fièrement son indépendance via un cinéma chinois ou hong kongais, et montrer sa capacité à être présent cinématographiquement sur la scène internationale, Taïwan avait organisé une petite soirée en présence justement de Wei-hao Cheng.

Il faut avouer que Who Killed Cock Robin? est un parfait représentant du savoir-faire technique de Taïwan en matière de cinéma. Belles en terme de photographie, inspirées dans ses plans et sa mise en scène, les premières minutes font leurs effets et n'ont rien à envier au cinéma du genre hong kongais ou encore coréen. Pour autant, la faille du film se situera plutôt dans son scénario et en particulier dans sa deuxième partie. Who Killed Cock Robin ? commençait foutrement bien !

Il y a 9 ans, après que sa voiture tombe en panne, Chi fut témoin d’un accident de la route doublé d’un délit de fuite. Pour autant, ça l'a pas empêché de tracer son chemin et devenir un brillant journaliste. Mais si une chose à ne pas changer en 7 ans, c'est bien sa poisse avec les bagnoles : après avoir carambolé, il amène sa voiture à son copain garagiste qui lui annonce que cette dernière est de seconde main et pas particulièrement bien montée. Chi va donc vouloir connaître les origines de son véhicule, et découvrir que ce dernier n'est pas à son premier accident. Coïncidence, il a en sa possession la voiture qui avait heurté il y a 9 ans et dont il avait été témoin. Il n’en faudra pas plus au journaliste pour se replonger dans cette histoire qui pourrait être sujet à être bien plus qu'une histoire d'accident de la route.

Toute la première partie du film de Wei-hao Cheng est palpitante autant dans sa mise en scène que dans son rythme ou la façon de construire son enquête. On s'interroge sur ce que cache cet accident, on pense potentiellement à un complot de grande envergure, et on est aussi obsédé par l'affaire que son investigateur. Du moins, c'est le cas jusqu'à ce que le film dérape dans une orgie de flashback et tourne au film de séquestration et au jeu de « je me souvenais plus, mais en fait j'ai fait un truc pas bien par le passé... » D'un coup, ce qui était entrainant, palpitant et maîtrisé devient lourd, bancal et appuyé dans chacun de ses effets. Le film en devient terriblement long, avec une fin qui donne l'impression de s'éterniser.

Tant de promesses pour finalement un truc bancal et long me rend particulièrement triste, car j'avais cette impression de commencer un truc qui s'annonçait comme un grand film, et au final me voilà à devoir exposer ce qui apparaît comme une déception? J'ai l'impression, aujourd'hui, de n'avoir goûté qu'à des films qui ne savaient pas se terminer, qui avaient tous du potentiel et de très bonnes bases, mais qui ne savaient jamais comment se conclure (ou, ici, vers où se diriger).

Mais le BIFFF c'est ça, des films pluriels dans lesquels on ira chercher les perles à travers d'autres aux potentiels, mais qui ne tiennent pas forcément promesse. Une ouverture à d'autres cultures, où dans le lot de ces films vus on dénichera quelques perles qui marqueront et dont on n’aura peut-être pas l'occasion de revoir (et là je repense par exemple à un film comme le brillant I declare war – BIFFF cuvée 2013 - 5 ans déjà, et toujours inédit en France) .

Avis de Richard B : 5/10

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Y'a pas que les films dans la vie

Le BIFFF, c'est aussi des à côté festifs ou des passions de cinéma qui peuvent amener à la dépense. Chez SFU, nous avons notre Richard, au BIFFF, ils ont aussi le leur. Ce n'est pas la même personne, bien qu'on les voit souvent côte à côte devant les rayonnages.

Richard (du BIFFF) propose depuis quelques années des DVD et des BR à la vente. Et pas n'importe quoi s'il vous plaît : des éditions collectors magnifiques, des films introuvables (il y a un exemplaire de Santo contre les zombies !!!), et le tout à des prix pas dégueulasses du tout ! Décidément, entre ça et la bière, va falloir qu'on mange des pâtes !

La suite demain... si on survit à une nouvelle journée !

Auteur : Vincent L.
Publié le mercredi 11 avril 2018 à 09h00

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