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Critique du jeu de société : Last Heroes [2018], par Gaetan G.

Avis critique rédigé par Gaetan G. le vendredi 8 février 2019 à 08h00

Pas de répit pour les brutasses !

Le portail entre les Limbes et la Terre vient de s’ouvrir. Le Chaos laisse déferler ses hordes de séides afin de semer la terreur et la désolation. Un groupe de combattants se lève contre ces attaques monstrueuses. On les appelle Last Heroes. Votre escouade, constituée de Blind, Echo, Ace, Silent et Tank, a été convoquée de toute urgence. Le portail ne sera ouvert que pendant 10 jours, c’est tout le temps dont vous disposez pour repousser l’armée malfaisante du Chaos. La horde est dirigée par des lieutenants surpuissant, chacun d’entre eux possédant un Artefact à la puissance magique élevée. Il vous faudra tous les collecter pour refermer le portail.


Comme vous l’avez compris, Last Heroes, le jeu dont on va parler aujourd’hui, ne fait pas franchement dans la dentelle… Les afficionados de jeu de gestion à l’Allemande peuvent gentiment passer leur chemin : ici, pas de petits Meeples mignons en forme de blé, de citrouille ou de vache.


En revanche, les amateurs de second degré, de gros flingues qui tachent les murs, de poses bien badass et de punch-lines testostéronées peuvent se réjouir : Last Heroes est le petit plaisir coupable qu’ils attendaient depuis longtemps. En fait, ce jeu est probablement le petit plaisir coupable qu’ils attendaient depuis Borderlands 2, tant la boîte semble en être l’adaptation sur table.


Mais que ceux qui s’intéressent au fond plus qu’à la forme se rassurent. Au-delà de sa direction artistique qui en jette, Last Heroes dispose également d’une mécanique originale, semi-coopérative et qui colle parfaitement à son thème. Envie d’en savoir plus ? Alors sortez vos sulfateuses car on y va (et ça va saigner).


Le gros point fort du jeu : sa direction artistique


Last Heroes fait incontestablement partie des titres qu’on a hâte de dépuncher et de tester. D’autant que le contenu est franchement correct pour le prix puisqu’on y trouve :


  • Le matériel pour 5 joueurs (comprenant un Chargeurs plus une figurine en carton) ;
  • 5 socles d’Artefact en carton, avec leur pouvoir à placer au milieu ;
  • 60 cartes Arme ;
  • 36 cartes Monstre ;

Plus que le contenu, c’est la direction artistique qui ne laissera pas indifférent. Le style utilisé, tout en cell-shading ombré, rappelle comme on l’a dit l’univers de Borderlands. Mais il ne faudrait pas se limiter à cette seule référence : la règle et les cartes, par exemple, sont conçues comme des cases de BD façon magazine pulp. L’ensemble pourrait sembler artificiel ou surchargé, il est au contraire d’une cohérence parfaite.



Cela n’a rien d’étonnant quand on voit le CV du bonhomme qu’il y a derrière… Romain Gaschet, plus connu sous son nom de scène GeyseR, est en effet un artiste aussi talentueux que touche-à-tout. Il s’est essayé à la peinture, à la BD (Omnopolis, 42 Agents intergalactiques et Androïde), aux jeux de société (GOSU, Forteresses et Clans) et même au jeu vidéo (Silverfall) !


Carton plein sur la forme, donc ? Hélas non, car quelques défauts viennent sérieusement noircir le tableau. Commençons par le moins grave : tout d’abord, ça sent les économies de bout de chandelle dans les illustrations. Sur les 36 cartes monstres, il y en a à peine une quinzaine de différentes – et c’est encore pire pour les armes où il n’y en a que 5. Quand on compare à Alien Artifacts, dans lequel absolument chaque carte était unique, ça fait mal.



Plus gênant, le manuel sous la forme de BD impressionne… Jusqu’à ce qu’on commence à le feuilleter. A ce moment-là, on découvre qu’en fait ce format n’est pas du tout pratique, et on comprend mieux pourquoi personne d’autre ne l’utilise. Sérieusement, les règles sont vraiment simples mais il a quand même fallu une bonne partie pour comprendre toutes les petites subtilités du jeu. Une petite aide de jeu additionnelle aurait été la bienvenue pour faciliter la prise en main.


Et finissons par le meilleur… Comme pour Celestia, chroniqué la semaine dernière juste ici, Last Heroes vous offre un atelier Ikea gratuit. C’est cool, n’est-ce pas ? Sauf qu’ici, le montage ne vous prendra pas 5 minutes et ne se fera pas tout seul. Prévoyez plutôt une bonne demi-heure, et au passage une bonne dose de tolérance à la frustration (non fournie dans la boîte). Le montage est franchement chaotique, entre la notice pas claire, les pré-trous trop petits où vous allez devoir forcer comme un sourd afin d’endommager le carton juste ce qu’il faut et surtout l’absence de détrompeur qui fera que vous allez forcément monter au moins un truc à l’envers. Le résultat a de la gueule, certes, mais pour le coup il ressemblera vraiment à un meuble Ikea : défense de regarder si tout est bien droit et le démontage se fera à vos risques et périls.



Bon alors ce streum : je le tronçonne ou je le crame ?


Niveau mécanique, le jeu est d’une simplicité de violette. Chaque joueur commence la partie avec 12 cartes en main. À son tour, le joueur actif doit obligatoirement en jouer une selon l’une des deux options suivantes :


  • Soit il la place dans un des deux emplacements de son chargeur, et cela deviendra des munitions partagées avec les autres membres de l’équipe. Cela lui permet, au passage, de gagner une munition joker (la bonté paie, quel beau message véhiculé par le jeu).
  • Soit il la place devant lui, et c’est alors une arme chargée. Pour cela, il doit consommer immédiatement les munitions disponibles dans les différents chargeurs disponibles (les siens, bien sûr, mais aussi ceux de ses adversaires).

Une arme de force 2 (Bam Bam !) rapporte par exemple 2 munitions quand elle est posée dans le chargeur, et en consomme le même nombre pour être chargée. Idem pour une carte de niveau 1 (Hit !) ou 3 (Pow pow pow !). Mais histoire de complexifier le tout, plusieurs types d’armes sont disponibles, chacune d’entre elle nécessitant un type de munition bien précis. Une munition joker, en revanche, remplace n’importe quel type de munition.


Ensuite, le joueur actif peut attaquer un monstre. Pour cela il doit dépenser immédiatement des armes de force identique ou supérieure à celles indiquées sur la carte du vilain en question. Chaque créature trucidée rapporte des points de victoire à la fin du jeu, et parfois un petit bonus immédiat en cadeau.



Petite chose dont on n’a pas parlé jusqu’ici : tous les monstres n’ont pas le même niveau. Lors de la mise en place, on place tout d’abord autant de monstres de niveau 1 que de joueurs, puis on pose un monstre de niveau 2 au-dessus de chacun. Ensuite, on continue avec un niveau 3 avant de terminer par un Artefact.


En théorie, il est possible d’attaquer n’importe quel monstre visible. Mais si le joueur actif élimine un monstre de niveaux 1 ou 2, il affaiblit la créature de niveau directement supérieur en ouvrant une brèche dans le Chaos. Il faudra donc moins de tirs aux joueurs suivants pour le faire passer de vie à trépas, ce qui en fera donc une cible de choix. Pour l’indiquer, le joueur place sa figurine sur le coin inférieur droit du monstre (sur l'emplacement gris foncé), ce qui masque les symboles d’armes qu’il y avait à cet endroit.



Et là vous vous dites « j’imagine que celui qui tue le premier le monstre de niveau 3 remporte l’Artefact » et vous aurez raison. Ou pas, puisque si jamais un joueur se trouvait déjà sur la case (parce qu’il a tué le monstre de niveau 2 placé dessous), alors l’Artefact sera pour lui et non pour vous. Normal, après tout, puisque c’est lui qui vous a préparé le boulot. Par contre, vous gardez quand même la carte de la créature, et c’est donc vous qui marquerez les points.


Inutile de vous dire que les Artefacts sont particulièrement convoités : ils offrent en effet des bonus permanents à ceux qui les récupèrent, et ils valent 5 points en fin de partie s’ils ont tous ont été récupérés.


Vous l’aurez compris, le jeu est globalement coopératif puisque chacun prête plus ou moins volontairement ses munitions, et puisqu’une victoire facilite le travail des autres joueurs. Sauf qu’en pratique la coopération est quand même limitée : on veille en permanence à ne pas trop ouvrir de portes à ses petits camarades, tout en surveillant les opportunités d’aller soi-même coller une cartouche aux gros monstres vulnérables.



A la fin de son tour, le joueur actif perd 1 point de victoire par chargeur vide. Joie, bonheur : cela signifie que si vous vous êtes fait piller vos munitions par vos petits camarades, votre action sera probablement de perdre un tour à recharger. C’est un peu près la définition de la double-peine. On passe alors au joueur suivant, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde ait épuisé ses 12 cartes ou que tous les Artefacts aient été récupérés. Le joueur qui possède le plus de points de victoire est alors déclaré vainqueur.


Simple et fun, que demander de plus ?


En pratique, la première partie est vraiment chaotique (c’est le cas de le dire) et elle ne permet pas de se faire une idée sur le jeu ou sur les stratégies. Mais une fois passé ce temps d’apprentissage, il faut dire que Last Heroes est vraiment agréable.


La coopération contrainte est vraiment fun à jouer. Si vous voulez des points, il va falloir tuer du monstre. Mais si vous faites ça, vous ouvrez des brèches pour vos adversaires collègues. Pourtant, ce n’est pas parce que vous tuez un monstre de niveau 2 (et que vous vous pré-positionnez pour piquer l’artefact) que personne ne viendra achever le gros méchant de service. D’une part, ces derniers peuvent nécessiter jusqu’à 4 ou 5 armes pour trépasser, et la présence d’un petit copain divise souvent ça de moitié. Sans aide, c’est donc difficile d’enchaîner les kills. Et puis surtout, les monstres de niveau 3 permettent de marquer énormément de points, tandis que les Artefacts ne rapportent rien s’ils n’ont pas été tous ramassés. Les bonus des Artefacts, au passage, sont bien équilibrés : ils sont à la fois suffisamment attractifs pour valoir le coup, mais pas trop non plus histoire de ne pas donner lieu à un effet boule de neige.



Pourtant et comme souvent, l’intérêt de la partie dépendra fortement des joueurs assis autour de la table. Si personne ne veut s’aider, et n’ose aller au contact histoire de ne pas ouvrir de brèche aux autres, votre partie sera poussive et pas plus intéressante que ça. Mais si vous jouez avec un ou deux optimisateurs un peu fourbasse, elles peuvent tout simplement confiner au génie. L’ambiance autour de la table peut être jouissive, même si comme vous l’avez compris les rageux peuvent rager très fort.


D’autant que le matériel, une fois monté, donne énormément de cachet à l’ensemble. Les chargeurs sont bien conçus, avec leur petit flingue en carton qui dissimule les munitions au fur et à mesure qu’on les consomme, et font preuve d’une originalité et d’une audace bienvenue.


Bref, Last Heroes n’est pas un jeu parfait, ni un candidat au jeu de l’année. Juste un jeu bien fun, avec une direction artistique  à tomber et une vraie capacité à nous faire passer une très bonne soirée autour de la table. Les fans purs et durs de Borderlands l’ont probablement déjà acheté, les autres peuvent se laisser tenter sans crainte si l’univers derrière ne leur fait pas peur.

La conclusion de à propos du Jeu de société : Last Heroes [2018]

Gaetan G.
75

Last Heroes procure le même petit plaisir coupable qu’un petit nanard entre potes, ou qu’une soirée LAN passée à se tirer la bourre sur Rage ou Borderlands. L’exercice est loin d’être parfait, et tout le monde n’accrochera pas à l’univers. Mais il suffit de quelques bières, d’une pizza et des amis qui vont bien pour que les rires et les coups de pute fusent autour de la table. Bref, Last Heroes est un jeu de société dans ce que le terme a de plus noble : à savoir, une machine à créer du lien et des bons moments. J’aurais envie de dire qu’il ne faut pas forcément en attendre plus, mais c’est déjà énorme. A essayer, au minimum.

On a aimé

  • Direction artistique très réussie
  • Bourrin, fun et décomplexé
  • Bon équilibre entr la coopération et la compétition
  • Matériel qu'on prend plaisir à manipuler en cours de jeu
  • Pas d'effet boule de neige, la partie reste tendue tout du long
  • L'impression de jouer à une adaptation de Borderlands en jeu de plateau !

On a moins bien aimé

  • Thème clivant. On aime ou on aime pas
  • Manque de diversité dans les illustrations (5 armes différentes sur 60 cartest)
  • Le fun des parties dépendra des joueurs autour de la table...
  • On galère franchement pour assembler les chargeurs
  • Manuel pas très clair
  • Première partie chaotique, il faut s'accrocher un peu

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