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Critique du livre : Sorcières ! [2018], par Nathalie Z.

Avis critique rédigé par Nathalie Z. le mardi 20 novembre 2018 à 09h00

Le mythe de la sorcière, sombre grimoire du féminin, décrypté

Chez les Moutons électriques, on ne publie pas que des romans de l’imaginaire. Sortent ainsi trois ouvrages sur trois mythes de l’imaginaire : les sorcières, les vampires et le mystérieux Jack l’Eventreur, dans la collection poche Hélios. Ils étaient sortis en grand format tout comme une étude des trolls également.

Dans Sorcières ! Le sombre grimoire du féminin, c’est la vision de la sorcière qui est décortiquée à travers les époques, dans le réel et dans l’imaginaire. Avant d’évoquer le contenu de cet essai, premier constat, c’est très bien écrit et très agréable à lire. L’ouvrage est plutôt éclectique sur un sujet passionnant. L’autrice Julie Proust Tanguy nous offre une étude dense sur l’imaginaire du féminin et les clichés qui l’accompagnent.

A une époque où sont dénoncées les inégalités homme-femme,  il est intéressant de voir comment la figure de la sorcière révèle la peur du féminin tout au long des siècles.  Mais cette figure change souvent,  de la vieille femme au nez crochu à la jeune fille envoutante au faux air innocent. La sorcière prépare des philtres et des potions, maudit les princesses, dévore des enfants ou transforme les princes en grenouille. La sorcière est aussi la pauvre jeune femme rousse conduite au bûcher, martyre d’une époque sanglante.  Baba Yaga, Morgane, Esmé Ciredutemps, Carrie ou encore Hermione Granger, les sorcières sont le révélateur des ombres de l’histoire du féminin.

L’ombre du bûcher

Pendant l’Antiquité, l’image de la sorcière est ambiguë. Elle est l’herboriste, la guérisseuse. Et parfois elle est la magicienne telle Circée ou tout simplement un démon comme la lamie ou la sirène.  

Circée invidiosa, John William Waterhouse, 1892

Au Moyen-Âge se profile l’ombre du bûcher. Cette période va façonner sur onze siècles l’objet de détestation populaire qui sera persécuté au XVIème siècle.  Le féminin devient au Moyen-Âge le bouc émissaire des troubles de l’époque, l’Eglise n’ayant cesse de dévaloriser la moitié non mâle de l’humanité : pêché original, faiblesse de la chair. Mélusine, les légendes arthuriennes, le Malleus Maleficarum (le Marteau des sorcières), tout l’apport de cette période historique au mythe de la sorcière est détaillé, explicité avec clarté. A la fin du Moyen-Age, il est impossible de sauver la sorcière.

« « Tu ne laisseras point vivre la sorcière » ni sur Terre ni à travers la fiction, susurre le spectre grimaçant d’une Eglise qui a pris le contrôle de l’imaginaire et profite d’une magie de l’imprimerie pour diffuser de manière accrue son intolérance nauséabonde ».

Du balai !

Si les âges sombres font bouillir la sorcière au chaudron, les Temps Modernes achèvent de la faire rôtir au bûcher ! La Renaissance, ère décrite comme lumineuse voire éclairée par la science est surtout celle des feux qui dévorent les hérétiques.  La sorcière est une rebelle, symbole d’une contre société qu’il faut détruire. L’Inquisition est prête à chasser les fiancées du diable. Dans la littérature, au théâtre et dans les contes, l’image de la sorcière sera bien installée.

La libération

La fin des procès et la disparition de la sorcière réelle pour une sorcière de conte de fées va faire évoluer le mythe. La société de XIXème se passionne pour l’occulte puis le spiritisme et les vampires. La sorcière devient un élément romantique qui assure la médiévalité d’une œuvre littéraire. Elle devient aussi la tireuse de cartes, la bohémienne (Notre Dame de paris), la femme fatale surnaturelle… En 1862, Jules Michelet écrit sur les sorcières d’un point de vue historique et dénoncent les fantasmes et les femmes de pouvoir cachées derrière ce mythe.  Il sera remis en cause ensuite avec l’émancipation des clichés qui entourent la sorcière, le développement du féminisme et la contestation politique qui l’accompagne.

Witchway, Morgan Tomas, 2015

Ma sorcière bien-aimée

Progressivement au XXème siècle, la nature va être reconnectée à l’essence de la féminité avec notamment l’apparition de la Wicca. Sagas de fantasy, littérature de jeunesse, séries Tv et cinéma se multiplient et utilisent la sorcière comme élément moteur ou personnage.  La sorcière émerge alors triomphale après des siècles de douleurs.  Après tout, « wicked witch » signifie tout autant malfaisante que formidable !

Si dans cet essai, l’autrice renverse les clichés et nous fait l’historique du mythe, elle aborde également des dizaines de personnages mythiques, d’œuvres littéraires et fictionnelles variées de Shakespeare à  Charmed en passant par les annales du disque monde. C’est un bonheur de retrouver toutes ces sorcières qui nous ont fait grandir !

A noter que cet ouvrage initialement sorti en grand format en 2015 est antérieur à l'actuelle Sorcières de Mona Chollet.  

La conclusion de à propos du Livre : Sorcières ! [2018]

Nathalie Z.
89

Sorcières ! Le sombre grimoire du féminin décrit et explicite la vision de la sorcière à travers les époques plutôt en Europe, dans le réel et dans l’imaginaire. L’ouvrage est plutôt éclectique sur un sujet passionnant, bien écrit et agréable à lire. L’autrice Julie Proust Tanguy nous offre une étude dense sur l’imaginaire du féminin et les clichés qui l’accompagnent, tout en développant les exemples dans les légendes, la littérature et les autres médias de sorcières qui ont marqué notre histoire. La sorcière a enfin sa revanche avec un ouvrage basé sur de réelles recherches qui rend hommage à la moitié non mâle de l’humanité.

Que faut-il en retenir ?

  • Une écriture agréable et claire
  • Une étude éclectique et passionnante
  • Des sorcières à travers l'histoire et l'imaginaire
  • Une histoire du féminin !

Que faut-il oublier ?

  • S'adresse à un public ados adultes avec un minimum de réféérences en imaginaire.

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