Zac sort de son lit. Mais ce n’est pas un matin comme les autres. Il vient de se réveiller dans une ville dépeuplée, vidée de ses habitants, un pays désespérément désert, un monde sans âme qui vive, sauf lui… Et tout ça sans la moindre explication…
En voilà un fantasme largement répandu : Pouvoir jouir de tout, et notamment du bien des autres, sans personne pour faire chier. D’ailleurs pourquoi parler du bien des « autres » alors que les « autres » ont disparus, qu’ils se sont volatilisés, qu’ils n’existent plus. Pouvoir faire tout ce dont on a envie, se servir sans avoir à rendre de compte, quelle sensation formidable de pouvoir, de puissance absolue. Mais tellement dérisoire… A quoi bon tout posséder si on est seul ?
Les images en plans larges, grandioses, de cette grande ville vide, abandonnée, se succèdent, mais sont rapidement phagocytées par les plans serrés qui se concentrent sur le survivant. La réalisation et le montage sont de véritable bijoux de précision, à l’image de cette scène où Zac joue contre lui-même une partie de billard. Ou bien celle ou il discourt devant un public constitué de silhouettes en carton qui semblent se mettre à vivre sous l’œil de la caméra.
Sur les épaules de Zac va bientôt peser le poids de l’ennui, de la solitude extrême qui va tout doucement le pousser vers une vaine révolte. Contre qui se révolter quand on est seul au monde ? Il ne reste plus que des représentations de ce à quoi croyait l’humanité défunte. Alors à quoi bon exploser un Christ en plâtre à grands coups de fusil à pompe. Tout cela ne peut mener Zac qu’à la folie, la résignation et finalement le suicide. Le voilà donc, notre « héros », après trois quarts d’heure de film, le canon d’un fusil dans la bouche, prêt à en finir, a se faire exploser la caboche, repeindre les murs et le plafond de sa cervelle, ne supportant plus d’être seul.
Mais avant le fatidique moment d’appuyer sur la détente, voilà que se présente un nouveau survivant, puis un second. Le premier est un homme, noir. Le second est une femme, rousse. On s’interroge à nouveau. Allons-nous, avoir droit au sempiternel triangle amoureux et destructeur ? Les deux coqs vont-ils se battre à mort pour la poulette en chaleur ? Qui aura droit de repeupler la terre et devenir les nouveaux Adam et Eve ?
Nos héros vont rapidement comprendre que s’entretuer pour de telles idées, lorsque l’on est plus que trois, c’est condamner l’humanité à coup sûr… Et puis avant de penser à la bagatelle, une question plus pressante attend sa réponse. Où est donc passé le reste de l’humanité ? Peut-être y’a t’il un quelconque rapport avec une mystérieuse expérience scientifique, sur laquelle travaillait Zac, et qui aurait mal tournée… le « flashlight ».
En cette année 1986, Le dernier survivant était un sacré coup de fraîcheur dans un box-office bouffé par les œuvres ultra friquées et tape à l’œil de l’époque. Le public était déjà, et depuis longtemps, formaté aux productions hollywoodiennes, alors un petit film indépendant Néo Zélandais, pensez donc ma bonne dame ! Ca faisait un bien fou !