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Critique du Jeu de société : Caverna : caverne Vs caverne
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Critique du Jeu de société : Caverna : caverne Vs caverne

Avis critique rédigé par Gaetan G. le mardi 4 septembre 2018 à 0900

sympathique mais loin de son illustre ancêtre

Caverna, sorti en 2013, était avant tout pensé comme une mise à jour d'Agricola, un grand classique du jeu de société et sans conteste l'une des plus grandes réussites de son auteur Uwe Rosenberg.

Les deux jeux partageaient la même mécanique (placement d'ouvriers sur des actions dont le nombre augmente de tour en tour), mais Caverna prenait place dans un univers médieval, plus réaliste que fantastique.

L'objectif était d'aider votre colonie de nains à survivre et à prospérer, voire à s'enrichir en allant chercher des richesses toujours plus loin sous la montagne.

Le jeu offrait énormément d’actions à faire : de l’agriculture, de l’élevage, de la construction de ferme, de la construction de caverne, du minage, de la forge d’armes, des expéditions permettant de ramener du butin, de la collecte de cristaux, de la gestion de la population de nains, etc. Mais dans le même temps, le nombre d’action était très réduit, ce qui fait que tout choix était avant tout un renoncement.

Le résultat était un cran au-dessus du matériau d'origine, grâce au thème qui parvenait à apporter la cohérence et le petit supplément d'âme qui manquaient à Agricola.

Funforge vient de sortir une version deux joueurs de ce grand classique, sobrement intitulée caverne contre caverne. C'est de cette dernière dont nous allons parler aujourd'hui.

Pas de souci, on sait que c'est un jeu de gestion allemand

Cette version deux joueurs est un petit format, à la fois de par son prix (elle est vendue sous les 20€) et de par ses dimensions. C’est une bonne chose, parce que la boîte est facile à transporter ou à caler au fond d’une armoire à jeu. En revanche, cela veut aussi dire qu’il ne faut pas s’attendre à un matos de fou furieux à l’intérieur. En effet, la boîte contient : 

  • Deux plateaux individuels, chacun représentant la caverne d’un joueur ;
  • Une piste centrale sur lesquelles sont placées les 12 actions disponibles ;
  • 24 tuiles représentant les différentes constructions disponibles ;
  • 6 marqueurs de ressources par joueur, 4 en bois (pierre, bois, céréales et lin) et 2 en carton (nourriture et or).

Les amateurs de Kumbembois habitués à la version quatre joueurs risquent d’être un peu déçu. En effet, cette dernière était livrée avec une tétrachiée de pièces en bois (ce qui expliquait au passage son poids de 3,5Kg sur la balance). Ici il n'y a qu'un seul marqueur de chaque type par joueur, et on indique la quantité de ressource en le déplaçant sur une piste de comptage. En pratique, c'est un moyen comme un autre de réduire les coûts, et c'est aussi confortable à l'usage.

Visuellement, par contre, c’est… Comment le dire gentiment… Très allemand, pour le coup, c’est-à-dire un peu près aussi sexy qu’une Fräulein bavaroise à moustache. Le point positif, c’est que les illustrations sont tout à fait dans la continuité du vénérable ancêtre. Mais cela ne facilite pas l’immersion. On sent bien qu’on est là pour se creuser le citron, pas pour admirer le paysage. Et c’est vraiment dommage, car le thème de Caverna, plutôt original, sympathique et riche de possibilités, est ici complètement sous-exploité.

Cela dit, les productions du père Uwe Rosenberg brillent rarement par leurs graphismes époustouflants. En revanche, elles offrent en général des gameplays ciselés aux petits oignons. Qu’en est-il ici ?

Une mécanique fluide, pas forcément intuitive la première partie

Une partie de Caverne contre caverne se déroule en 8 manches, toutes structurées de la même manière. On commence par retourner une nouvelle tuile d’action sur le plateau central. Elle sera disponible pour les deux joueurs et elle restera accessible dans les manches suivantes. Il n'y a que 12 actions au total, ce seront donc toujours les mêmes de partie en partie. Cependant, leur ordre sera différent, ce qui amène de la rejouabilité.

Ensuite, les deux joueurs vont choisir à tour de rôle une tuile d’action et appliquer immédiatement ses effets. Contrairement à la version traditionnelle de Caverna, le nombre d’actions par manche augmente tout seul tout au long de la partie : chaque joueur dispose de 2 actions sur les 3 premières manches, de 3 pour les 4 suivantes et de 4 pour la manche finale. Tout est affaire de priorité et de lecture du jeu de l’adversaire, car une tuile d’action ne peut être choisie qu’une seule fois par manche.

Faisons un point rapide sur les différentes actions disponibles. Pour schématiser, un premier tiers  tourne autour de la collecte et de l'échange de ressources. En effet, chacune a un rôle bien spécifique :

  • La nourriture est utilisée pour creuser des cavernes ou les aménager ;
  • Le bois, la pierre et l'or seront nécessaire pour construire des salles. Plus une salle sera puissante et plus elle demandera de ressources ;
  • Le lin et les céréales peuvent être transformées en nourriture ou en point de victoire ;

Un deuxième tiers des actions tourne autour de la construction proprement dite. Celle-ci se fait en 3 étapes, nécessitant souvent de la planification sur plusieurs tours. Tout d'abord, il est nécessaire de creuser une cavité dans sa caverne. Cela révèle une nouvelle salle placée face visible au centre de la table. Cela signifie au passage qu’elle pourra être construite par les deux joueurs. Le choix est là encore assez réduit au début (seulement 6 salles sont visibles, et elles sont loin d’être fantastiques) mais il s’étoffe graduellement en cours de partie.

Ensuite, il est parfois nécessaire d’étayer sa caverne en construisant un ou plusieurs murs. En effet, chaque salle nécessite une configuration bien précise pour être posée : parfois il devra obligatoirement y avoir un mur sur certains côtés, parfois il faudra au contraire que le passage soit dégagé. Les parois extérieures de la caverne sont des murs naturels, présents d’office et qu’il n’est pas possible d’enlever. Il faudra donc faire avec, mais ces murs naturels ne suffiront pas toujours – surtout pour les salles les plus puissantes. Le problème, c’est qu’il n’y a qu’une seule tuile d’action permettant de construire un mur… Il y aura donc souvent une course de vitesse entre les deux adversaires, avec bien souvent un déçu à la clef.

La construction en elle-même se fait en dépensant les ressources indiquées sur la tuile (bois, pierre et/ou or). Chaque salle a un pouvoir qui lui est propre, mais ce dernier n’est pas activable directement. Pour cela, il faut prendre certaines tuiles d’actions qui offrent en bonus l’opportunités d’activer les effets de 1 à 3 salles.

Pour finir sur les actions, le dernier tiers est centré autour du scoring, et de la conversion de ressources en or. En effet, c’est la seule ressource qui rapportera des points de victoire en fin de partie. Le comptage est d’ailleurs plutôt vite fait : on additionne les points de victoire des salles que l’on a construit plus la quantité d’or dans ses coffres et c’est tout. Celui qui a le plus gros score a gagné.

Une boîte qui tourne bien, idéale pour jouer en couple…

Les premières parties se révèlent assez confuses, le temps que tout le monde fasse le tour des différentes actions disponibles et des synergies possibles entre les salles. De ce fait, un match entre un joueur débutant et un joueur expérimenté risque d’être déséquilibré. Par contre, le jeu est très agréable une fois cette première étape passée.

Niveau stratégie, caverne contre caverne est avant tout basé sur l’opportunisme. On commence par dégager quelques emplacements de sa caverne, en regardant du coin de l’œil les tuiles qui apparaissent histoire d’identifier celles qui pourraient bien combotter. Ensuite, tout est affaire de planification pour être en mesure de les construire le premier, tout en empêchant l’adversaire de déployer son propre jeu. Il est impossible de dérouler une stratégie toute faite de partie en partie, même si certains combos fonctionnent mieux que d’autres bien et ressortent assez régulièrement.

A première vue, le jeu n’offre pas une grosse interaction entre les joueurs, chacun faisant sa petite vie dans son coin. Mais au bout du compte, ce sera votre capacité à anticiper le jeu de l’autre et à le bloquer qui fera toute la différence. Il s'agit donc d'un jeu compétitif sans être agressif pour autant. Il est donc idéal pour jouer en couple, d'autant que les parties sont plutôt courtes - comptez entre 30 minutes et 1h - et que le temps de mise en place est réduit à sa plus simple expression.

Sur le long terme, la rejouabilité semble assez moyenne. Pas de lassitude à déplorer sur une grosse dizaine de partie, mais on peut tout de même craindre que le faible nombre d’actions ne donne à force le sentiment de toujours faire la même chose. Après, à voir ce que fera l’éditeur. Le support de la version deux joueurs d’Agricola, par exemple, a vraiment été excellent. On peut donc s’attendre à voir ce jeu régulièrement enrichi et complexifié par l’ajout de petites extensions.

… Mais dont le thème a été énormément raboté par rapport à sa version 4 joueurs

Le jeu est efficace, et repose sur des bases éprouvées. Pas de souci, l'auteur ne déçoit pas sur ce sujet même si on aurait apprécié un peu plus de prise de risque.

Le problème du jeu est ailleurs, et se situe notamment dans les compromis qu'il a fallu faire pour faire tenir ce monstre de complexité dans un format court et deux joueurs. Caverna a quand même subi de sacrées coupes : adieu les animaux, adieu l’agriculture, adieu la forge, adieu les bébés, adieu l’obligation de nourrir ses troupes régulièrement…

Cette version se concentre exclusivement sur la construction de salle. L’exercice intellectuel est sympathique, le jeu est bien équilibré toussa toussa, mais les vieux briscards auront quand même du mal à reconnaître la licence dans sa déclinaison caverne contre caverne. Et là où justement Caverna avait su intégrer parfaitement son thème dans les mécaniques, on se retrouve avec un jeu finalement beaucoup plus froid et aseptisé.

Le défaut serait sans aucun douté rédhibitoire sur une grosse boîte vendue au prix fort, il est beaucoup moins critique au vu du positionnement tarifaire retenu par l'éditeur. En tout cas, le jeu mérite d'être essayé, surtout si vous n'avez pas ou peu posé vos paluches sur une des multiples éditions de Caverna et si vous appréciez le jeu de gestion à l'allemande, garanti 100% bio et sans OGM.

La conclusion de

Caverna : caverne contre caverne est un jeu de gestion créé par Uwe Rosenberg, et quand on a dit ça on a (quasiment) tout dit. Etrangement, la boîte ne convaincra probablement pas les afficionados du maître, la faute à un thème très (trop) en retrait, et à une mécanique déroulée certes avec beaucoup d’efficacité mais sans prise de risque ou passion particulière.

Par contre, le jeu peut être chaudement recommandés à ceux qui veulent découvrir un des auteurs les plus célèbres et les plus reconnus du jeu de société. Sa nouvelle réalisation est un joli compromis entre profondeur et accessibilité, et conviendra à un peu près tous les publics. Prenez cela comme un apéritif, une mise en bouche destinée à vous ouvrir l’appétit et à vous inciter à tester les autres réalisations d’Uwe, peut-être un peu trop riches et bourratives pour une première dégustation. Bon appétit !

Que faut-il en retenir ?

  • Une mécanique qui tourne à la perfection
  • Simple à apprendre, difficile à maîtriser
  • Durée de partie raisonnable (moins d'une heure, installation et rangement compris)
  • On peut anticiper un suivi sans faille de l'auteur et de l'éditeur

Que faut-il oublier ?

  • Visuellement d'un autre temps
  • Pas de prise de risque dans les mécaniques, c'est du pur Uwe Rosenberg
  • Thème très en retrait par rapport à la version 4 joueurs
  • Quelques doutes sur la rejouabilité
  • Intéraction limitée entre les deux joueurs

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