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Critique de la Série Télé : Stranger Things
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Critique de la Série Télé : Stranger Things

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 28 octobre 2017 à 09:00

Saison 2.

Petit succès venu de nulle part, Stranger Things est devenu, en l'espace d'une saison, l'une des séries télévisées les plus attendues. Sortie pour Halloween, cette deuxième (et probablement pas dernière) saison était incontestablement celle de tous les dangers. En effet, l'effet de surprise étant passé, il fallait désormais démontrer au public que la série avait suffisamment de potentiel pour être autre chose qu'une belle madeleine de Proust. Le constat, à la fin de la saison 2, est très réjouissant : Stranger Things a définitivement tous les atours d'une grande série.

Ainsi, si la première saison appuyait l'essentiel de son efficacité sur le côté mystérieux de son histoire (le spectateur, en territoire inconnu, ne savait pas du tout ce qui allait lui tomber dessus), cette suite ne fait jamais l'erreur d'essayer de répéter une formule fatalement devenue inopérante. Certes, l'histoire ici racontée s'articule, dans sa première partie, autour de nombreuses manifestations étranges, mais celles-ci ne sont pas tant des artifices scénaristiques que des catalyseurs permettant la construction et le développement de toute la mythologie liée à l'Upside Down.

Cela se ressent parfaitement dans l'ambiance insufflée tout au long des neuf épisodes. En effet, si Stranger Things 1 était construit en forme d'hommage au cinéma Amblin, Stranger Things 2 s'appuie quant à lui sur une dynamique différente : celle du film de monstres. On pense ainsi beaucoup à Aliens (clairement l'influence principale de la saison, qui se ressent jusque dans le design des décors de l'Upside Down), à Resident Evil (les jeux, évidemment) voire à L'Exorciste (ici envisagé comme une forme différente de monstruosité), bref, à tout un pan référentiel beaucoup plus sombre.

A ce titre, cette deuxième saison est d'une efficacité assez redoutable. Si les premiers épisodes prennent largement leur temps pour mettre en place l'intrigue (un peu trop peut-être, même si cela à l'avantage d'éviter un lancement un peu trop artificiel qui aurait sacrifié ses personnages), les choses s'accélèrent au fur et à mesure, et de plus en plus rapidement. Les deux derniers épisodes sont ainsi deux petites bombes de suspens qui ne lâchent plus le spectateur et l'amène vers un final halletant. Le contrat est donc largement remplit : Stranger Things 2 est au moins aussi prenant que son prédécesseur.

Il faut dire que Stranger Things 2 a la chance de bénéficier de réalisateurs de talents. L'équipe de la première saison est évidemment de retour, à savoir Les Frères Duffer (également scénaristes et showrunners de la série) et Shawn Levy (Real Steel), auxquels s'est adjoint un petit nouveau prestigieux : Andrew Stanton (Wall-EJohn Carter). Chaque épisode est donc une belle réussite en terme de mise en scène, la saison s'avérant à ce niveau plus aboutie que la précédente. Du montage à la lumière en passant la musique, Stranger Things 2 est très soigné et fait constamment plaisir à voir.

​On notera, juste pour le plaisir, que les clins d'oeil et les références sont d'ailleurs probablement tout aussi nombreux que dans la première saison, mais, de la même manière, ils restent discrets (invisibles pour quiconque ne connaît pas). Ca passe par des objets (quitte à prendre un camescope, autant prendre le même modèle que celui de Retour vers le futur), des éléments de costumes (quitte à déguiser les héros pour Halloween, autant les transformer en Ghostbusters), des objets de décors (pas mal d'affiches encore), bref, des éléments de background qui ne sont jamais appuyés outre mesure par la mise en scène.

Ceci étant dit, ce qui a fait le succès de la première saison de Stranger Things, ce n'est finalement pas que de l'hommage, du mystère et des scénarios bien troussés. La plus grande qualité de la série reposait surtout sur ses personnages, bien croqués, et ses dialogues, drôles et bien écrits. Stranger Things 2 bénéficie des mêmes qualités d'écriture. La série sait prendre son temps pour poser ses nouveaux personnages (peu nombreux, mais tous consistants), tout en continuant à développer les anciens (Justin a une place un peu plus importante, lui qui était un peu le faire valoir du groupe).

Mais la grande force de Stranger Things est surtout de réussir à nous rendre sympathique absolument tous ses personnages, y compris ceux qui sont a priori les plus ingrats. Sean Astin, par exemple, qui semble au départ écoper d'un personnage lourdeau et sans intérêt, s'avère finalement être l'un des protagonistes plus touchants de la saison. Dans le même ordre d'idée, Dacre Montgomery, bad guy insupportable, se révèle au détour d'une scène, bien plus complexe qu'on ne l'aurait cru. Et puis Steve, personnage un peu à part dans la saison 1, devient ici définitivement super cool en gagnant sa place dans la bande.

Evidemment, le casting est au diapason de ces grandes qualités d'écriture : pas une fausse note, tous les comédiens sont excellents. C'est également l'une des forces de la série que de pouvoir compter sur son casting charismatique capable de complètement changer de registre d'une scène à l'autre (à l'image de Dacre Montgomery, l'un des personnages les plus détestables de cette saison qui devient, l'espace d'une séquence, hilarant quand il commence à dragouiller la mère de Mike). Dans le lot, on retiendra la performance de Gaten Matarazzo (Dustin), qui démontre une nouvelle fois un tempo comique impeccable.

Vous l'aurez compris, Stranger Things 2 est une belle réussite. Pour autant, la saison n'est pas dénué de défauts. Le principal se trouve dans l'arc narratif d'Eleven, qui souffre d'un traitement étrange qui se marie mal avec l'intrigue générale. Son retour, à base de flashback, casse par exemple la fluidité narrative des épisodes. Dans le même ordre d'idée, n'aurait-il pas mieux valu que l'épisode 7, intégralement centré sur elle, soit ventilé ? Certes, l'épisode est intéressant, mais il coupe le rythme de la saison de façon plutôt brusque. Quelques problèmes de forme, mais qui ne nuisent finalement pas au fond de l'histoire.

85

Reprenant toutes les qualités qui avaient fait la force de la première saison, mais avec en plus ce petit degré d'ambition qui pousse l'histoire dans de nouvelles directions, les Frères Duffer sont parvenus à transformer l'essai et à livrer une deuxième saison à la hauteur des attentes. Certes, la série souffre de petits défauts ici et là, mais on finit par rapidement les oublier pour se laisser embarquer dans une histoire dont l'intensité dramatique va crescendo. Une belle réussite !

Critique de publiée le 28 octobre 2017.

Que faut-il en retenir ?

  • Une saison qui s'inscrit à la fois dans la continuité et dans la rupture,
  • L'univers prend de la consistance,
  • Une galerie de personnages attachants,
  • Des épisodes soignés et bien réalisés,
  • Une montée en puissance efficace,
  • Les comédiens, tous excellents.

Que faut-il oublier ?

  • L'arc narratif d'Eleven, bizarrement pensé,
  • Un début qui ronronne un peu trop.

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