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Critique du Film : April Apocalypse
April Apocalypse >

Critique du Film : April Apocalypse

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 15 avril 2014 à 00:00

Zombieland version lowcost...

Critique flash après la projection du film lors du BIFFF 2014.

Autrefois en marge du système, les zombies movies ont petit à petit été avalés et digérés par le Grand Capital pour être transformés en produits bankables. Il est donc bel et bien terminé le temps où ces oeuvres étaient des monuments de subversion ou des pamphlets métaphoriques, aujourd'hui, les zombies movies sont d'abord les longs-métrages du consensus mou, de l'absence d'opinion, de la violence propre, du néant dramaturgique et de la prolifération à outrance. En effet, à l'instar des créatures qu'ils mettent en scènes, les zombies movies se multiplient, grouillent et finissent par se transformer en hordes informes qui envahissent les étals des supermarchés avec la subtilité d'un bulldozer conduit par une otarie bourrée à bière.

Tout cela pour vous parler d'April Apocalypse, un petit film de zombies sans prétention (mais vraiment, sans aucune prétention) comme il s'en fait des chiées tous les ans, un long-métrage anonyme au milieu de pleines cagettes de longs-métrages anonymes, un petit monument de fadeur entouré de centaines d'autres petits monuments de fadeur. Comme le disait notre collègue Loïc du Surricate Magazine en sortant de la séance : « C'est marrant qu'ils l'aient programmé à minuit, à 14h ça passait tout aussi bien pour un public familial ». C'est pas faux. C'est même très vrai quand on y réfléchit un peu...

April Apocalypse ressemble en effet plus à des films comme Bienvenue à Zombieland/Warm Bodies (l'humour et l'originalité en moins) qu'aux oeuvres sans concession de George A. Romero. Il met en scène un adolescent mal dans sa peau (attention humour : ses camarades pensent qu'il est homosexuel... lol ptdr ++) amoureux d'une connasse sans grand intérêt nommée April (heureusement, malgré le titre, April n'est qu'un vague troisième rôle sans grand intérêt, ce qui, vu l'empathie que l'on éprouve immédiatement pour le personnage, s'avère finalement être l'une des seules qualité du film). Alors que les zombies ont très rapidement envahi le monde (on estime l'heure du début de l'épidémie à 11h30, et l'heure de la chute de la civilisatin vers 11h37), notre héros décide d'aller sauver sa bien aimée, qui, telle une princesse gourdasse esseulée, s'est enfermée dans sa chambre pour se protéger en attendant d'être sauvée.

Pour être tout à fait honnête, le film n'est pas à proprement parler catastrophique. Non, dans le genre, on aura largement vu bien pire qu'April Apocalypse. L'image est propre, le caméraman ne souffre pas du syndrôme de Parkinson et les acteurs sont grosso modo corrects (avec, dedans, les petites apparitions de Mark Rolston ou de Roger Bart, visiblement venus cachetonner). Techniquement, on dira que cela passe par rapport au niveau technique catastrophique de beaucoup d'autres zombies movies (Zombie Planet par exemple, qui m'a fait saigner des larmes de sang). Non, le problème du fim est autre, et est double : d'une part, le scénario n'a pas plus d'intérêt que celui de n'importe quelle comédie romantique (il l'aime mais il n'a jamais osé lui dire, mais, petite subtilité, maintenant que les zombies ont envahi le monde, il se dit qu'elle sera forcément plus réceptive), d'autre part, le tout ressemble à n'importe quel autre film de zombie (les éventuelles qualités en moins).

On a donc l'impression, pendant tout le long-métrage, que Brent et Jarret Tarnol n'ont jamais vu un seul zombies movie de leur vie (ou, plus plausible, qu'ils les ont tous vu et ont tenté de les plagier très maladroitement). C'est bien simple : tout est là, il ne manque pas un seul cliché ! Pire, nous n'avons le droit qu'à des zombies "World War Z", c'est à dire tout propres et qui ont le bon-goût de tuer hors-champs pour ne pas effrayer les grand-parents lors de la sortie dominicale (quelques gerbes de sang numérique lui donnent quand même au tout un apparat de film violent, ce qui, peut être, peut réussir à faire illusion chez les moins de huit ans).

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Bref, April Apocalypse prouve que le zombies movie est devenu une sorte de tiers-monde de l'imagination où s'engouffrent tous les tâcherons qui cherchent à faire un film, que le côté sale et contestataire inhérent au genre a été nettoyé au Karsher par le Grand Capital. La lassitude éprouvée pendant la projection du film démontre également qu'on en a marre de bouffer du zombie à longueur d'année dans les longs-métrages indigents... Les plus pointilleux pourront me dire que c'est quand même mieux qu'un Zombie Apocalypse. De fait, oui. Mais est-ce pour autant un gage de qualité que d'être mieux que le pire ?

Critique de publiée le 15 avril 2014.

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