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Critique du Film : Grave
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Critique du Film : Grave

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 15 février 2017 à 12:51

Vorace...

Premier long-métrage réalisé par Julia Ducournau, Grave arrive dans les salles obscures précédé d'une réputation assez flatteuse. Primé lors de l'édition 2017 du festival de Gerardmer (Grand prix et prix de la critique), cette modeste co-production franco-belge permet de redonner un petit coup de fouet à un genre devenu quelque peu moribond dans le paysage cinématographique français. Il faut en effet bien avouer que si quelques films parviennent encore à sortir, les producteurs sont de plus en plus frileux pour investir dans ces longs-métrages malheureusement pas assez bankables (un constat qui, en soit, n'est pas spécialement surprenant étant donné que les distributeurs et les salles ne se battent pas non plus pour acheter ces oeuvres).

Auréolé de ce succès critique, Grave va réussir à trouver le chemin des salles obscures, certes dans une combinaison de salle pas énorme (il ne faut pas s'attendre non plus à le voir débarquer dans tous les multiplex de France), mais tout de même suffisante pour qu'une partie du public de province puisse voir le film dans le bonnes conditions. Et c'est tant mieux, car si ce premier long-métrage n'est pas exempt de défauts, il vaut tout de même la peine d'être vu dans une salle de cinéma, d'une part parce qu'il traite d'un sujet peu fréquent dans le cinéma français (le cannibalisme), d'autre part car la mise en scène s'avère esthétiquement intéressante de bout en bout.

Grave est en effet un film qui joue sur le ressenti et propose au spectateur une expérience qui se veut avant tout sensorielle. On ne peut que saluer la mise en scène inspirée de Julia Ducournau, qui offre à son scénario un traitement visuel convaincant. Grave épouse en effet toutes les thématiques traditionnelles de la transformation (c'est à dire tant physique que mentale) en leur offrant un écrin esthétique souvent remarquable : une grosse fête filmée en plan-séquence, un bad-trip nocturne transformé en huis-clos, un "calin coloré", des environnements urbains très particulers,... Le résultat est convaincant, renforcé par un aspect technique très solide : de la photo à la musique en passant par le montage, tout fonctionne parfaitement.

Sur cette thématique de la transformation, Julia Ducournau ne convoque jamais directement le travail de David Cronenberg (ce qui aurait surement été une solution de facilité) mais va plutôt chercher son inspiration chez David Lynch ou Darren Aronofsky. C'est une vision très intellectualisée qui est proposée au spectateur, beaucoup plus cérébrale que viscérale. Grave ne fait d'ailleurs pas peur, ne dégoute jamais et, au final, traite son sujet avec une certaine sobriété visuelle (le film reste franchement soft sur ses effets gores). Mais cette absence d'horreur graphique n'empêche pas le spectateur d'être emporté dans les tourments que subit l'héroïne, les diverses étapes de sa mutation ne laissant jamais de marbre grâce à des partis-pris originaux et efficaces.

Malheureusement, malgré ces qualités indéniables, Grave n'est pas parfait et souffre de défauts qui amenuisent son impact. La faute en revient en premier lieu à un scénario qui manque sérieusement de contenu. S'il est original sur la forme, il n'en a va pas de même sur le fond. Grave est en effet un film sur le cannibalisme comme il en existe... des dizaines d'autres (finalement, on n'est pas très loin du propos développé par la série humoristique Santa Clarita Diet). La transformation de l'héroïne n'a rien d'un tant soit peu original, les diverses étapes par lesquelles elle va passer étant toute à peu près prévisibles dès le début du film. Au niveau de l'écriture, la french touch qui aurait pu redynamiser le thème est pour ainsi dire inexistante.

Plus génant, on a souvent l'impression que le scénario a été tordu pour servir au mieux les ambitions visuelles et esthétiques de la réalisatrice, ce qui amène à des comportements peu logiques (les deux personnages principaux qui ne communiquent jamais), voire complètement incohérents (les réactions des parents en milieu de film, sauf à se dire qu'ils sont complètement stupides). De même, si un soin a été apporté à tout ce qui touche à l'aspect visuel, la direction d'acteur laisse quant à elle franchement à désirer. Dans les rôles principaux, Garance Marillier et Ella Rumpf livrent des prestations calamiteuses. Il en résulte un manque total d'empathie pour les deux personnages principaux, ce qui, malheureusement, empêche Grave de véritablement fonctionner au niveau de sa dramaturgie.

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise en scène forte et stylisée,
  • Un traitement visuel intéressant,
  • Techniquement très solide.

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario très faible,
  • Deux actrices principales à la ramasse.
65

Esthétiquement convaincant et rempli d'idées de mise en scène, Grave est une expérience sensorielle plutôt réussie. La thématique du cannibalisme, pourtant vue et revue en ce moment, bénéficie d'un traitement stylisé qui lui permet de se démarquer du tout venant des films de cannibalisme. En cela, Grave s'impose comme un long-métrage ambitieux qui mérite indéniablement le coup d'oeil dans une salle obscure.

Critique de publiée le 15 février 2017.

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