75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°6 : Vador nous consulte sans Adblock alors pourquoi pas vous ?
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Avalanche Sharks >

Critique du Film (Direct to Vidéo) : Avalanche Sharks

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 8 février 2014 à 13:19

Sharks on the rocks!

Mammoth Lakes, une station de ski alpin recouverte d’un joli manteau blanc. Appuyé à la rambarde de la terrasse de l’hotel, admirant l’épaisse couche de neige et l’affluence auprés des télephériques, Lars (Benjamin Easterday), son nouveau propriétaire, se frotte les mains. La saison hivernale, assez satisfaisante, semble se terminer de la meilleure façon. Et pourquoi n’en serait-il pas ainsi? N’a-t-il pas tout prévu? Un encadrement expérimenté, sous la direction d’un ancien champion national, un sheriff ( Richard Gleason) amoureux de son travail, un bar qui tourne à plein régime, envahi de spring breakers... Lars se voit déjà l’été prochain, allongé sur une plage des Bahamas, à profiter de son argent rudement gagné. Mais, malheureusement pour lui, il ignore une chose primordiale; qu’il est l’un des éléments du scénario d’Avalanche Sharks, écrit par Keith Shaw, olibrius responsable d’ovni télévisuels commeMalibu Shark Attack ou Dracano. De plus, Keith Shaw bosse pour le compte d’Odyssey Media, une jeune compagnie qui, si elle continue comme ça, va faire oublier aux fans de spectacles nawak celle que l’on pensait indétrônable - je veux parler bien sur de The Asylum

Puis, il faut savoir que le téléfilm est réalisé par Scott Wheeler. Si vous êtes un spectateur régulier de la chaine Syfy, vous ne pouvez pas NE pas le connaitre. Scott Wheeler, avant d’être un réalisateur, est un grand spécialiste des effets spéciaux à deux balles, le genre de trucs qui éveillent en nous le souvenir de longues heures passées sur nos Amiga 500 et nos Atari ST.  Oui, car Scott Wheeler est le mec qui est derrière la plupart des effets visuels des productions The Asylum. En quelque sorte, le pape du pixel hirsute, l’antéchrist de l’aliasing baveux, le gourou du 16 couleurs au gout bulgare. Hors, depuis quelques années, Scott Wheeler a posé son popotin derrière la caméra. Sans trop savoir comment tout cela fonctionne, d’ailleurs. On lui doit ainsi quelques inepties SF désopilantes (pour qui veut bien jouer le jeu, car horripilantes pour les autres) - Transmorphers 2 et Journey to the Center of the Earth - et des teen comedy bien pourries. Ici, armé d’un script imaginé par un mec qui n’a pas dû dessaouler durant toute son écriture, il nous propose une histoire de requins des glaces.

Chers amis cinéphages, après Sharknado et Sand Sharks, vous pensiez avoir tout vu dans le registre du film de squales débile? Il est vrai qu’avec ses pluies de requins et son grand blanc plagiste, les deux métrages précités avaient poussé très loin le bouchon de la connerie filmique à base de mangeur d’homme à multiples rangées de dents. Mais il en aurait fallu bien plus pour décourager l’équipe d’Avalanche Sharks. Au contraire, le succès populaire de Sharknado auprès des geeks fans de nanars semble avoir boosté l’imaginaire des jusqu’au-boutistes du ridicule... et attiser l’intérêt de leurs financiers peu exigeants. Avec eux, si l’on s’amusait à imiter René Goscinny, la devise olympique Citius, Altius, Fortius se résumerait à Debilius (bon, ok, ça n’existe pas. Et alors ?). Et de cette nouvelle devise, Scott Wheeler semble en avoir fait son idéal artistique.

L’intrigue est lancée par un joke qui cherche à donner le ton. Dans une voiture qui conduit un groupe de jeunes crétins à un spring break montagnard, l’un d’eux, particulièrement joueur (il secoue la voiture pour faire balancer les nibards de ses jolies camarades), tente de distraire le groupe en racontant une histoire d’horreur. Je me fais une joie d’en partager le pitch avec vous: des bancs de requins venus de l’espace, chassés par des méchants aliens, envahissent la Terre. Pour appuyer ces propos, Scott Wheeler nous offre un spectacle entièrement numérisé où des dizaines de «cosmosharks» traversent la galaxie pour entrer dans notre système solaire et se diriger vers la Terre. Devant une telle séquence, l’on se dit alors: «non? Ce n’est pas possible, ils ne vont pas oser?..» Et bien, non, ils ne vont pas oser (peut-être dans un prochain film), mais ce qu’ils nous proposent en place et lieu n’est guère plus crédible.

Depuis toujours occupé par des tribus indiennes, le site de Mammoth Lakes s’est vu envahi au 19ème siècle par des chercheurs d’or qui, comme de bien entendu, n’ont pas hésité à profaner les lieux sacrés de leurs gros godillots crottés - en même temps, ces amérindiens en foutaient partout, des lieux sacrés. Une guerre se déroula donc entre les nouveaux arrivants et les autochtones emplumés, conflit sanglant qui tourna rapidement à l’avantage des premiers cités. Cependant, dans un dernier sursaut, les shamans des tribus convoquèrent les esprits de la montagne. Non pas le Wendigo (trop banal et garanti sans arête, a dû penser Keith Shaw), mais de belliqueuses créatures de glace qui firent un massacre dans le rang des mineurs. Une fois leur vengeance assouvie, les shamans enfermèrent les démons dans des totems, en haut de la montagne. Jusqu’à aujourd’hui. En déclenchant une avalanche, le service de la station a endommagé les totems (il faut dire qu’ils étaient très mollement fichés dans le sol), et libéré les monstres de leur prison magique. Bon, dit comme cela, l’histoire n’apparait pas plus débile qu’une autre. A un détail près: ces monstres, ce sont des requins de glace!

Des requins cristallins qui glissent sous la glace, la neige, la terre, la caillasse, le béton et les strings de bimbos en chaleur, ne laissant dépasser durant leurs errances prédatrices que leurs nageoires dorsales. Des requins modélisés à la pelle à tarte qui jaillissent sous leurs proies pour, dans de magnifiques gerbes de pixels écarlates, les réduire en bouillie («elle s’est fait déchiquetée, il en restait juste pour faire un kebab» déclarera l’un des témoins), avant de disparaitre dans les profondeurs abyssales de la montagne, tel des fantômes. Un don pour la furtivité et l’infiltration qui entretient d’ailleurs le déni intéressé du propriétaire de la station (le syndrome du maire de station balnéaire façon Dents de la Mer) et la fainéantise du chef de la sécurité (moniteur de ski style Avalanche à Malibu). Seul le shérif, l’un des rares individus dotés d’un QI supérieur à 80, s’inquiète des multiples disparitions parmi les clients de la station. Sa curiosité attisée par les déclarations enflammées d’un vieux redneck et les souvenirs floues de sa copine (qui est lié au clodo par une histoire commune totalement improbable), il va enquêter… Ce qui va lui d’ailleurs couter son poste.

En même temps, il est difficile de blâmer les requins pour leurs actes criminels tant ceux ci œuvrent pour le salut public et la sauvegarde de la civilisation. La station de ski Mammoth Lakes est en effet un véritable bouillon de culture de la connerie, un nid de pétasses lobotomisées et de jeunes écervelés, ivres en général, qui ne pensent qu’à la baise. Un troupeau de Nabila (modèle déposé) marinant toute la journée dans des jacuzis (tout en gardant une peau lisse comme un miroir, c’est la magie du cinéma) et une harde de males en rut bramant leur amour de la pétasse. Les Bronzés font du ski, revu par NRJ12, sponsorisé par Durex, Red Bull et les vodkas Eristoff. En fait, l’on se rend rapidement compte qu’un Spring Break à la montagne, ce n’est guère différent de celui de Cancoon. Même le bikini est de rigueur (ami érotomanes, j’ai le regret de vous annoncer que cela ne va hélas pas plus loin que l’exhib en deux pièces). Evidemment, ainsi armé, Scott Wheeler joue la carte du foutage de gueule à fond, comme quand il nous invite à suivre le jeune homme qui passe son temps (et explose à coup sûr son forfait!) dans les téléphériques, à essayer, en vain, de pecho les usagères avec ses histoires débiles. Comme c’est le cas ici, le film est donc parfois marrant (« Il a bouffé ma Lune !!, hurle le redneck à une assistance perplexe… en parlant de l’un de ses chiens de traineau). Parfois.

En plus d’être doté d’effets spéciaux pourris, Avalanche Sharks se pose comme un véritable festival nawak. Si l’on se prête à un sourire moqueur durant la première heure, le mieux (ou le pire, selon le point de vue) se produit à partir d’une séquence d’avalanche. Très sélective, cette avalanche (qui va accoucher d’un tapis neigeux étrangement lisse et damé) va presque totalement submerger un chalet mais épargner tout ce qui se trouve aux alentours. Du coup, l’on a des rochers, des véhicules et même des personnages qui se retrouvent situés à un niveau supérieur au toit d’un chalet prenant alors une apparence de bunker. Certains éléments qui se trouvaient là avant l’avalanche, comme les poteaux de béton des téléphériques, d’autres habitations et même des gens, se sont, eux, carrément volatilisés! Heureusement, cette longue séquence bourrée de faux raccords n’est pas avare de passages rigolos. Le rôle de boute-en-train vedette est confié au fameux chef de la sécurité. Mâchouillé par les requins, abandonné sur la neige, pissant le sang par de multiples plaies, il met trois plombes à crever tout en réussissant à tenir une conversation (débile, la conversation, bien sûr). Surréaliste et cocasse.

Mais comment les héros vont-ils réussir à renvoyer ces créatures glaciales dans les limbes ? Et bien, par l’intermédiaire d’une tierce-personne, une amérindienne asiatique (si, si, la prod n’a même été foutue d’engager une vraie indienne) qui connait parfaitement les principes des shamans et du Mikado. A aucun moment, on ne nous explique comment elle a acquit ces connaissances. Ni comment elle a su que les monstres avaient été libérés. Elle le sait, c’est tout. D’ailleurs, elle ne parle même pas anglais, donc pas la peine de lui demander.

25

Avalanche Sharks est une comédie « horrifique » qui tente de surfer (de skier, aussi) sur le succès de Sharknado. C’est plus ou moins réussi. Pour ce qui est de la crétinerie, pas de soucis, ce film est aussi con que le métrage d’Anthony C. Ferrante. Par contre, Scott Wheeler n’arrive pas à lui insuffler la même dose de fun. Nombre de gags tombent à plat, et comme le film est très sage dans le domaine du gore et avare en plan coquins, on se surprend souvent à bailler aux corneilles en attendant la séquence suivante.

Critique de publiée le 8 février 2014.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques plans et répliques amusantes
    Une idée complètement farfelue

Que faut-il oublier ?

  • Très con, mais pas toujours drôle
    Des FX pourris
    Très sage dans le domaine du gore et du polisson
    Malgré la montagne, une réalisation sans aucun relief
  •  

Acheter Avalanche Sharks en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Avalanche Sharks sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Suis nous sur facebook !