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Critique du film : Torso [1974], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 28 janvier 2014 à 21h10

Celui qui détestait les poupées

Si Sergio Martino est bien connu - et très apprécié! - des amateurs de bisseries pour ses contributions au cinéma d’horreur spaghetti, ne considérer que cette facette de son talent serait porter un jugement des plus réducteurs. Cette enfant de la balle, élevé dans les coulisses de Cinecittà, disposait en effet de nombreuses cordes à son arc et, comme bon nombre de cinéastes italiens de sa génération, il a toujours eu pour politique de surfer sur les tendances du cinéma populaire. Sa filmographie, riche d’une soixantaine de longs métrages, est donc bien variée, avec des westerns, des films d’aventure exotique, des films érotiques, des films d’horreurs ... et des gialli, une spécialité transalpine qui, finalement, est le genre qui lui a réussi le mieux. C’est en effet dans ce domaine que l’on peut trouver ses oeuvres les plus intéressantes, à défaut d’être les plus connues (quand on parle de Sergio Martino, on pense surtout à La Montagne du dieu cannibale et aucontinent des hommes-poissons), toutes réalisées entre 1970 et 1975. En pleine période giallo, donc. Et dans cette liste où le plus remarquable est sûrement L'étrange vice de madame Wardh (avec une Edwige Fenech envoûtante), on trouve Torso, thriller très sanglant sorti dans les salles italiennes au cours de l’année 1973.

Le scénario de Torso (oeuvre d’un grand monsieur de l’époque, à savoir Ernesto Gastaldi) est construit sur un canevas des plus classiques. On y suit un groupe de jeunes étudiantes, traquées puis sauvagement assassinées par un mystérieux maniaque sexuel. Evidemment, comme le film exploite fidèlement les codes du giallo, le visage du tueur n’entre jamais dans le champ de la caméra sans son masque et tous les meurtres (hormis un, mais il s’agit de l’élimination d’un maître chanteur) sont opérés à l’arme blanche. Par contre, un peu comme dans les films de Dario Argento, le psychopathe ne s’arrête pas là, puisqu’il mutile ensuite, avec une précision rituelle, ses victimes préalablement dénudées - un déchaînement post-mortem qui nous donne l’occasion d’admirer quelques sympathiques plans gore. Ces meurtres sont autant d’indices pour le spectateur, qui va s’amuser durant tout le métrage à essayer d’identifier le tueur parmi les proches des jeunes étudiantes, et comprendre les raisons qui font que le meurtrier assimile chacune de ses victimes féminines à une poupée aux élégants atours.

Evidemment, les suspects sont nombreux, les red harings en abondance, le tueur abandonnant sur les lieux du crime quelques indices, propices aux investigations (on partage aussi les réflexions de Jane, qui soupçonne Stefano à cause d’un vague souvenir portant sur un foulard). Malin, Sergio Martino fait glisser et attarde longuement sa caméra sur les visages d’hommes qui, du regard, explorent les superbes courbes de futures victimes aux tenues légères (et même souvent nues), transformant chacun d’eux en un tueur potentiel. C’est simple, le but est de faire de chaque male un suspect. De plus, chaque phrase, chaque expression, laisse entendre que son auteur à quelque chose à se reprocher - reste à savoir si cela à voir avec la série de meurtres. On pense par exemple à l’oncle de Jane, au regard louche et à l’attitude vraiment très attentionnée, presque malsaine. Et que certaines filles se mettent même à dos quelques jeunes au sang chaud, en les allumant avant de refuser de passer à l’acte, alors les pistes se multiplient. Le trait est bien entendu très forcé et la méthode bien connue mais, appuyée par une excellente musique de Guido et Maurizio De Angelis, ces passages réussissent souvent à générer une atmosphère angoissante. Bref, on évolue bien dans le domaine du giallo (la police, évidemment, est complètement paumée), d’autant plus que Sergio Martino prend bien soin d’exploiter au mieux les superbes décors naturels de la cité romaine pour donner une véritable identité à son métrage. Avant de changer un peu de registre.

En effet, en envoyant les jeunes femmes à la campagne (le prétexte est un peu bidon mais, bon) et en les isolant dans une grande maison, Sergio Martino s’essaie alors au proto-slasher. Oui, le métrage, passée la première heure, bouscule un peu les conventions, abandonne les principes du giallo et ses assassinats soigneusement préparés pour un massacre gore au cours duquel le sadique au couteau tue brutalement toutes les filles (en fait, il en oublie une, alitée pour avoir chutée dans l’escalier)... avant de les découper à la scie et mettre les morceaux dans des sacs! La seule survivante, prisonnière d’une maison aux fenêtres garnies de barreaux et à la porte d’entrée verrouillée, va alors entamer une périlleuse partie de cache-cache avec un tueur effectuant des incessants va-et-vient entre un hall transformé en abattoir et l’extérieur. Une dernière demi-heure extrêmement bien réalisée, terriblement angoissante (ici, pas de jump scares bidons, on ressent en permanence la peur de la jeune femme) et riche en suspense de par l’intervention d’éléments extérieurs (le laitier, le garagiste...). Bref, si Sergio Martino nous avait offert dans la première heure des séquences de meurtres efficaces, en exploitant au mieux le cadre et les éclairages, mais que l’on pouvait juger comme étant un peu trop conventionnels, force est de dire qu’il fait ici très fort dans le domaine de l’horreur pure.

Pour ce qui est du casting, Sergio Martino, privé ici de son égérie Edwige Fenech, a choisi la star Suzy Kendall pour le rôle principal, Jane, une étudiante américaine. Une actrice nettement plus pudique que la belle italienne puisque, bien que le film soit riche de nombreuses séquences érotiques (avec l’inévitable, autant que gratuit, passage d’amour lesbien), jamais nous n’aurons le plaisir d’admirer sa plastique. Mais qu’importe, en plus de sa sûreté de jeu, le film bénéficie de sa fraîcheur et de ce visage plein d’innocente qui a construit son succès. Ses consoeurs, par contre, se sont montrées nettement moins timides (qui pourrait s’en plaindre?), tout en étant très appliquées dans les scènes nécessitant quelques compétences dramatiques. On retient plus particulièrement Tina Aumont, qui va surprendre l’audience en cours de métrage, en prenant de l’importance. Coté masculin, des acteurs solides, comme Luc Merenda et John Richardson, complètent un casting qui remplit parfaitement son rôle.

La conclusion de à propos du Film : Torso [1974]

Nicolas L.
75

Si, dans le registre du giallo, Sergio Martino ne possède pas la même notoriété qu’un Mario Bava, un Umberto Lenzi ou un Dario Argento, il a offert au genre quelques bons films, comme ce Torso, datant de 1973. Le cinéaste nous offre ici un métrage à l’intrigue très accrocheuse, exploitant des éléments érotiques et gore, et quelques séquences se posent même comme des modèles du genre. Cerise sur le gâteau : un casting séduisant. Un film très plaisant à redécouvrir.

Que faut-il en retenir ?

  • Une intrigue accrocheuse
  • Une realisation efficace
  • Des aspects gore et érotiques
  • Un casting séduisant

Que faut-il oublier ?

  • Un film qui ne révolutionne pas le genre

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