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Elysium >

Critique du Film : Elysium

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 28 septembre 2013 à 18:10

Un film d'action correct...

Remarqué en 2009 grâce au succès de District 9Neill Blomkamp avait fait forte impression et s'était immédiatement positionné dans la catégorie des réalisateurs à suivre. En effet, malgré son lot d'imperfections, son premier long-métrage s'était fait remarquer grâce à son postulat intelligent et à son traitement plutôt original. Ce succès public et critique en poche, le jeune réalisateur sud-africain est parti à Hollywood, où les studios lui ont offert un pont d'or (comprenez un budget conséquent, cent millions de dollars hors promo) pour mettre en scène son deuxième film, Elysium. On attendait donc de voir comment Blomkamp allait s'en sortir dans cette épreuve de la deuxième oeuvre. Allait-il confirmer les bonnes impressions laissées par District 9, ou au contraire tomber dans les travers dans lesquels était déjà en partie tombé son premier long-métrage ?

La réponse est malheureusement est sans appel : Blomkamp n'a clairement pas réussi à réitérer le coup d'éclat de District 9. Non pas qu'Elysium soit un mauvais long-métrage, mais ce n'est clairement pas la fable SF intelligente que l'on attendait. En effet, si l'on essaye de chercher dans ce film un fond, un propos ou une métaphore, on ne peut être que déçu, car en dépit d'un point de départ qui pouvait laisser espérer cela, Elysium n'est finalement qu'un film d'action dans lequel le contexte n'est qu'un élément cosmétique parmi d'autres. Nettement plus ennuyeux, Blomkamp reproduit et amplifie les défauts déjà présents en filigrane dans son premier long-métrage, fragilisant le propos très simpliste du scénario. Ceci dit, Elysium n'est pas en soit un véritable ratage, plutôt une déception vis à vis des attentes nées de District 9.


En effet, le regard porté sur le film aurait été fondamentalement différent s'il n'y avait pas eu District 9 car formellement parlant, Elysium est un blockbuster estival efficace, bien troussé, qui sait faire la part belle au spectaculaire. Les scènes d'action sont ainsi correctement rythmées, impeccablement chorégraphiée, et le parti-pris de filmer au plus près, "caméra à l'épaule", tient la route. Blomkamp l'avait déjà démontré avec District 9, il le confirme avec Elysium : son travail de mise en scène est parfaitement maîtrisé, la très bonne appréhension de l'espace et des mouvements permettant une bonne lisibilité tout en amenant le spectateur au plus prêt des personnages et des combats. Rare sont les réalisateurs à ne pas s'être plantés en utilisant cette vraie-fausse bonne idée de mise en scène.

Elysium bénéficie également d'un travail esthétique magnifique et de partis-pris visuels qui lui confèrent une véritable identité. Les plans larges du Los Angeles futuriste, tout en environnement numérique, sont absolument suberbes (notamment grâce au travail fait sur les lumières), à tel point, d'ailleurs, que l'on pourrait presque avoir envie de vivre dans ce superbe contexte post-apocalyptique. C'est là que la mise en scène se charge de ramener le spectateur à la réalité : en se positionnant ses caméras au niveau des personnages, Blomkamp prend le contre-pied de ces maginifiques images pour rendre son futur vraiment sale. C'est finalement devenu tellement rare dans un blockbuster hollywoodien de voir des choses comme de la boue, de la poussière, de sueur et autres substances corporelles que cela donne au film un cachet appréciable.


Si la forme est bonne (voire exemplaire), il n'en va toutefois pas de même du fond qui, là, est décevant de bout en bout. A ce niveau, rien ne réussit à tenir la route. Prenons le postulat de départ, par exemple : les pauvres vivent sur Terre et travaillent pour les riches qui vivent dans le ciel. On a certes vu plus original, mais pourquoi pas. Cependant, pour que la dimension sociale puisse être crédible, donc pertinente, elle ne peut pas se contenter de ce vague point de départ, il faut qu'elle puisse l'expliquer, par exemple en indiquant quels sont les instruments de dominations des forts sur les faibles. Telle quel, la dystopie de Neill Blomkamp n'est pas crédible, donc finalement peu intéressante dans ce qu'elle veut dire et très manichéenne dans ce qu'elle cherche à dénoncer (qui peut se résumer par un simple "les riches, c'est tous des pourris").

Mais ce qui, au final, est le plus génant dans Elysium, c'est qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'une adaptation américaine de District 9. On retrouve en effet dans les deux oeuvres une structure narrative identique (un type banal traqué par de nombreux groupes antagonistes pour quelque-chose qu'il porte à l'intérieur de lui) ainsi que des thématiques en tout point similaires (disparités sociales, transformations physiques irreversibles, etc.). Si le fait que les deux films cherchent à raconter la même chose n'est pas en soit une mauvaise idée, il aurait fallu que ce soit fait pour développer plus en avant une idée ou un thème. Mais Elysium ne cherche jamais à amener son propos plus loin que celui de son prédécesseur. Bien contraire : il le reproduit et l'édulcore.

Cela saute notamment aux yeux lorsque l'on s'intéresse aux personnages principaux des deux films : Sharlto Copley était un antihéros profondément médiocre, presque détestable, dans District 9 ; ses actions étaient ainsi intimement liées à son égoïsme et à son étroitesse d'esprit, ce qui le rendait d'autant plus intéressant pour le spectateur. Dans Elysium, Matt Damon est un héros hollywoodien très lisse, dont le comportement est dicté par des valeurs qui sont celles de l'Amérique : amour, rédemption, sacrifice, etc. Par bien des aspects, le caractère ultra-lisse de ce boy-scott du futur atténue encore plus le propos. Cela est d'autant plus vrais que les méchants ne sont pas spécialement bien construits, les motivations et la justification de certains actes de personnage de Jodie Foster étant par exemple plus qu'obscures.

50

En toute honnêteté, Elysium vaut probablement un peu plus que la moyenne. Bien maîtrisé, impeccablement travaillé au niveau visuel, il enchaîne en effet les moments de bravoure et les scènes d'action sans jamais laisser souffler le spectateur. En cela, il s'impose comme un film d'action correct qui apporte sans mal sa part de testostérone à la saison des blockbusters estivaux. Mais voilà, vu les espoirs placés en Neill Blomkamp après son premier long-métrage, on ne peut qu'être déçu par ce film qui s'appuie sur une histoire creuse, des thématiques traitées de manière simpliste, des enjeux manichéens, des personnages peu intéressants et sur un scénario qui n'est, au final, qu'une sorte de remake édulcoré de District 9.

Critique de publiée le 28 septembre 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation de qualité,
  • Rythme parfaitement entretenu,
  • Tout le travail visuel.

Que faut-il oublier ?

  • Une histoire peu passionnante,
  • Un scénario bourré de défauts,
  • Un remake édulcoré de District 9.

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