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Critique du Film : Baba Yaga
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Critique du Film : Baba Yaga

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 28 juin 2013 à 1825

Valentina ensorcelée


Valentina, une jeune femme des années 60, partage ses journées entre l’exercice de sa passion, la photographie, et la compagnie de son petit ami, Arno. Une vie heureuse, pleine de moments de joie, d’amis sincères et d’insouciance. Tout son univers va cependant basculer, une nuit, quand sa route croise accidentellement celle de Baba Yaga, une mystérieuse quadragénaire blonde à la beauté magnétique. Depuis cette rencontre, Valentina voit ses nuits hantés par de dérangeants rêves érotiques et masochistes et est témoin de phénomènes étranges et inexplicables. Un soir, poussée par un élan de curiosité (et quelque peu séduite par la mystérieuse femme), Valentina surmonte ses craintes et se rend à l’adresse que lui a remise Baba Yaga

A la fin des années soixante, le dessinateur de fumetti (bandes dessinées italiennes populaires) Guido Crepax crée le personnage de Valentina, une jeune femme moderne, indépendante, libérée et sexy, dont la plastique s’inspire de l’actrice Louise Brooks. Héroïnes d’aventures gentiment érotiques, parfois fantastiques et souvent fantasmagoriques, Valentina fait de Guido Crepax l’un des plus appréciés créateurs de bandes dessinée pour adultes. Ce succès – mérité ! - ne manque pas d’attirer l’attention des producteurs de Cinecittà qui voient là une bonne occasion de tirer quelques profits de ce personnage à la mode, si représentatif du mouvement féministe.  Simone Allouche et Pino de Martino, avec l’accord du dessinateur, choisissent comme matériau de base Baba Yaga, paru en 1971, œuvre dans laquelle l’héroïne milanaise rencontre une envoutante sorcière. Et c’est Corrado Farina qui se voit confier l’écriture du scénario et la réalisation de cette adaptation. L’homme est plutôt connu pour sa carrière documentaire, mais le cinéma de genre ne lui est pas étranger. Il est d’ailleurs le réalisateur d’une belle modernisation du mythe vampirique avec Hanno cambiato faccia, sorti en salles deux ans plus tôt. Il va ici nous faire une petite démonstration de cinéma d’auteur, en mélangeant plusieurs genres, comme le film d’horreur gothique, le pop art spaghetti, le délire psychédélique et l’érotisme à la Just Jaeckin. Il osera même y glisser une petite touche de Nouvelle Vague.

Si ce n’est pas la première fois que le cinéma italien adapte un célèbre fumetto (Danger, Diabolik, Mister X, Satanik, Kriminal…), Baba Yaga est peut-être l’œuvre cinématographique la plus fidèle à son modèle papier. En effet, Corrado Farina ne se contente pas de s’inspirer pas du récit de Guido Crepax pour construire son histoire. Non, il préfère proposer aux fans une version animée de la bande dessinée, allant jusqu’à reproduire les mêmes plans, renouveler les mêmes cadres. L’intention est louable, mais en ce faisant, le cinéaste allait devoir affronter les lecteurs les plus exigeants, qui n’ont pas manqué de faire des comparatifs peu élogieux. Il apparait ainsi que, mis en image, le scénario de Baba Yaga ne casse pas trois pattes à un canard. Simple alibi à la mise en place d’un véritable exercice de style ayant pour objets le magnétisme sexuel et la domination, le script, en même temps qu’il cherche à dépasser le stade graphique, dévoile ici toute sa faiblesse. Alors, certes, le récit n’est pas désagréable à suivre, mais force est d’admettre sa simplicité, son manque d’originalité et une conduite érotique extrêmement facile lors les séquences de rêves (une série de séquences où Valentina se voit soumise à la volonté perverse de la sorcière lubrique).

Le fond de Baba Yaga n’étant donc pas plus riche que celui d’un quelconque drama érotique (style téléfilm M6 de fin de soirée), ne reste plus qu’à s’attarder sur la forme. Heureusement, on prend rapidement conscience, avec satisfaction, que Corrado Farina est parvenu à récupérer et entretenir la signature érotique du fumetto. Et même s’il se montre un peu plus prude que dans la version originale, il nous propose quelques belles scènes sensuelles, appuyées par une réalisation classieuse mettant joliment en valeur des comédiennes pleines de charme et une excellente bande musicale qui varie en fonction des ambiances et des ressentis (blues, jazz, musique électronique…). Un spectacle plein de légèreté et d’élégance car Baba Yaga est avant tout un film de filles. Les hommes n’y tiennent que très peu de place, et même quand ils cherchent à jouer les braves chevaliers servants, c’est la princesse en détresse qui parvient à sauver les meubles. Rapidement, d’ailleurs, Baba Yaga se pose comme une sorte de triangle amoureux, aux inspirations saphiques élégamment esquissées, entre Valentina, la sorcière et Annette, le modèle. Un jeu de domination et de séduction entre trois profils féminins protagonistes et pourtant complémentaires. Valentina incarne la femme nouvelle et émancipée, enfant de la révolution sexuelle. Baba Yaga, étrange sorcière sans âge, à la beauté plus classique, se pose comme sa Némésis et elle ne pense d’ailleurs qu’à écraser le libre arbitre de Valentina.  Quand à Annette,  l’esclave sexuelle, aux courbes voluptueuses, bardée de cuir et lascive, elle est l’antique vision de la femme soumise et l’objet de la lutte entre les deux autres (elle se voit d’ailleurs réincarnée en poupée).

Donc, pour que le film fonctionne, il était indispensable qu’aucune approximation ne soit effectuée lors du casting. Dans un premier temps, il fallait trouver une actrice douée, certes, mais dont la plastique rappellerait celle de l’héroïne de Crepax. Le choix s’est porté vers Isabelle De Funès (la nièce du célèbre acteur). Belle, à la silhouette gracile et dotée d’un regard de biche envoutant, cet ancien mannequin pour Vogue évoque de manière frappante la Valentina version papier même si, en prenant du recul, on pourra trouver la ressemblance assez vague. Peu importe, au bout de cinq minutes de film, on en est certain, Isabelle de Funès, qui n’hésite pas pour l’occasion à se dévoiler dans sa totale nudité, est l’actrice idéale pour incarner Valentina. Ensuite, Carroll Baker est Baba Yaga. Une bimbo hollywoodienne. Un ersatz de Marylin. Quelle drôle d’idée ! me direz-vous. Et pourtant, ça fonctionne. On a trop tendance à oublier le gout de l’actrice pour l’éclectisme et les expériences. Alors, certes, Carroll Baker ne ressemble pas du tout à la Baba Yaga du fumetto, c’est une évidence, mais en la présentant comme une sorte de femme fatale mystique, en l’habillant d’une photographie floue, en supprimant toute profondeur de champ, Corrado Farina parvient à rendre le personnage sinon inquiétant, du moins imposant et intriguant. Enfin, le personnage d’Annette profite des formes généreuses et de l’impudeur d’Ely Galleani, magnifique actrice de films d’horreur et érotiques.

La conclusion de

Film ancré dans son époque, Baba Yaga compense la faiblesse d’un scénario alibi par une réalisation séduisante, des comédiennes talentueuses et la restitution d’une séduisante atmosphère fantastico-érotique. Un métrage élégant, qui parvient à éviter toute vulgarité, malgré un sujet un brin putassier exploitant les notions de domination et de séduction.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation élégante
  • Un casting de premier choix
  • Une atmosphère érotique séduisante

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario alibi
  • Les séquences de rêve

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