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Critique du Film : The lords of Salem
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Critique du Film : The lords of Salem

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 20 mai 2013 à 1829

Deux Zombies chez les sorcières

Il y a quelques temps, j’ai visionné The Lords of Salem, le dernier film de Rob Zombie. Un visionnage qui m’avait abandonné en pleine perplexité, tant le film évolue hors des conventions. Tant il est bourré de défauts et de qualités. A chaud, mes impressions étaient multiples, contradictoires, difficiles à définir… Je n’avais pas connu de telles sensations depuis longtemps. Depuis le cinéma de Ken Russell, en fait. Du coup, je m’étais refusé l’écriture d’une critique, m’imposant un délai de réflexion. Aujourd’hui, même si j’ai mis un peu d’ordre dans mon esprit, j’en suis à peu près au même point. S’il est agréable, et même passionnant, de débattre des thèmes développés dans The Lords of Salem, il est très difficile de faire entrer dans un moule ce que l’on pourrait appréhender comme un hommage au cinéma des années 70. Hélas, la structure formelle de Scifi-Universe m’obligeant à mettre une note à ce film atypique, pour pouvoir parler de ce métrage, j’ai donc dû me plier à cette règle. Il n’empêche que s’il est toujours délicat, pour ma part, de noter une œuvre, tant le ressenti est subjectif, pour The Lords of Salem, l’exercice tient presque de la mission impossible. La note appliquée plus bas n'est donc que le reflet de mon ressenti, sans vraiment tenir compte des éléments purement techniques.

Dés son ouverture, The Lords of Salem surprend. A la fois par son environnement, qui mêle des éléments seventies (mode vestimentaires, équipement électronique, décors intérieurs) et modernes (véhicules, téléphones portables) que par son ambiance chaude, posée et étrange. L’ouverture, qui voit Heidi Laroc (Sheri Moon Zombie), à travers un seul plan séquence, s’assoupissant au volant de son véhicule, et enchainant sur un flashback générique sur un sabbat de sorcières pose l’atmosphère cauchemardesque et macabre du métrage. Explorant avec son grand angle de nouveaux terrains de jeu, Rob Zombie développe une histoire fantasmagorique et psychédélique, plus visuelle qu’autre chose (le scénario est bourré de trous béants), via une imagerie et une intrigue qui évoque tout autant Rosemary's Baby, La Sentinelle des maudits et Possession que Suspiria ou le porno satanique des années 70, voire le cinéma de José Mojica Marins.  Un choix courageux tant le cinéaste a pris ici un gros risque : celui de laisser au bord de la route les adolescents amateurs du cinéma d’horreur du 21ème siècle mais aussi tous les fans de ses précédents films qui avait apprécié le coté « rentre-dedans » de l’artiste.

Construit autour de son personnage principal (une Sheri Moon Zombie aussi belle que géniale), le récit de The Lords of Salem prend son temps, fixe les éléments clés (la porte de la chambre 5), s’attarde sur les protagonistes, partage leur intimité à travers des séquences a la fois riches en dialogues et d’une étonnante banalité. La photographie, crépusculaire et chaude (on pense à l’éclairage aux bougies de Barry Lyndon), appuie l’impression de somnolence et la caméra, au gré des plans, se penche sur les personnages, tel un oiseau nocturne sur une branche, pour les observer. Le temps passe. La bande sonore de John 5, finement choisie, entretient cette atmosphère feutrée et oppressante tout en contribuant à donner une identité à l’œuvre. Puis Heidi et la ville commencent à subir les effets du vinyle satanique. Lentement, le film bascule dans l’horreur expérimentale et le trip onirique, tout en évitant les déchainements gore, pour s’achever en une sorte de gigantesque tableau antéchristique que n’aurait pas reniée le Ken Russell des Diables ou du repaire du Ver Blanc. A l’occasion de quelques plans, comme la masturbation des Lords of Salem ou la vue d’un Satan ridicule, Rob Zombie plonge même dans le satanisme de bazar et le kitch. On se surprend alors à rire… tout en se demandant bien quels sens peuvent avoir ces images aussi malsaines que gratuites.

A l’instar de Sheri Moon Zombie et de la mise en scène, l’interprétation de The Lords of Salem se montre tout en retenue (hormis lors des quelques scènes de sabbat, aussi hideuses qu’hystériques). Un casting prestigieux, souvent méconnaissable, qui s’efface devant l’intrigue générale et de ce qui, au fil du métrage, se transforme en une succession de tableaux psychédéliques extrêmement réussis faisant de ce sixième film de Rob Zombie une expérience inoubliable, sinon agréable. Malgré la discrétion de ces comédiens au service de l’œuvre, l’amateur de cinéma de genre sera aux anges (pour un film satanique, on pourrait dire que c’est un comble) de voir se côtoyer au sein du même métrage des grandes figures comme Susan Sarandon, Dee Wallace, Barbara Crampton, Meg FosterMichael Berryman, Ken Foree, Sid Haig ou Maria Conchita Alonso. Dommage que les séquences où intervient Richard Lynch, décédé durant le tournage, n’aient pu être gardées.

La conclusion de

Que l’on aime ou pas The Lords of Salem, il serait injuste de traiter l’œuvre par le mépris. Tout comme il serait vraiment malhonnête d’accuser Rob Zombie d’avoir voulu se donner un cachet arty. Explorant ici un territoire presque inconnu (il s’était essayé au genre a travers ses clips), expérimentant une technique narrative plus axée sur le visuel, le cinéaste métalleux nous offre une œuvre psychédélique aussi géniale que gauche mais qui, surtout, démontre par l’image sa fascination pour le cinéma fantastique et ses icones.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation captivante
  • Une œuvre psychédélique qui intrigue
  • Une imagerie riche et une photo soignée
  • Une bande originale efficace
  • Un casting prestigieux

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario bourré de trous
  • Quelques séquences un brin ridicule
  • Des plans gratuits
  • Un rythme lent, qui peut ennuyer

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