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Ghostquake, la secte oubliée >

Critique du Téléfilm : Ghostquake, la secte oubliée

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 14 mai 2013 à 17:45

Prom Ghosts

Avec Boogeyman en 2012, les productions Syfy Channel Original Movies initiaient l'exploration de nouveaux univers, bien éloignés de celui des monster movies, genre qui fait depuis longtemps l’ordinaire des samedis soir de la chaîne câblée. Avec Ghostquake, et toujours avec Jeffery Scott Lando derrière la caméra, ils perdurent dans cette démarche, qui vise - c'est une évidence - à ranimer un catalogue commençant à être en rupture de nouvelles créatures monstrueuses. Grossièrement, Ghostquake, construit d'après une histoire originale du spécialiste des effets spéciaux Anthony C. Ferrante (il a travaillé sur presque tous les films de Brian Yuzna) peut être présenté comme un film de maison hantée. Mais pas que. En effet, comme son titre original (Haunted High) peut le laisser supposer, le métrage se déroule dans un lycée. Non pas un établissement abandonné et hanté, visité par des journalistes en quête de scoop ou des voyageurs égarés dans la tempête, comme souvent, mais une institution en parfait fonctionnement, plein de lycéens en explosion hormonale... et qui se trouve soudainement envahie par des spectres démoniaques.

Jeffery Scott Lando, qui s'est révélé aux fans de séries Z avec des premières créations fun et déjantées, avait ici entre les mains un script pouvant lui permettre de marier quelques genres. En conséquence, Ghostquake apparait donc comme une sorte de teen movie aux fragrances eighties au sein duquel sont incorporés des éléments vintage (voire gothiques), gore et horrifiques. Restait à rendre l'ensemble homogène et digeste. Hélas, force est d'admettre que le jeune cinéaste n'a pas réussi (ou n'en a pas eu l'envie) à trouver la bonne alchimie. En fait, après une introduction stupide (mais assez drôle) qui n'est pas sans évoquer les vieilles productions de Charles Band, le spectateur se retrouve devant un récit qui part un peu dans tous les sens, qui suit des groupes de personnages n'ayant aucun lien entre eux et qui emprunte souvent des voies sans issues. Une bande de lycéens qui cherche à hacker l'ordinateur (une vieille bécane des années 90!) de l'établissement pour falsifier leurs notes; le petit-fils d'un ancien pretre sataniste qui détient les clés pour exorciser les lieux (l'anneau maléfique étant remplacé par des vieilles pièces de monnaie, tout aussi maléfiques); des jeunes gens qui préparent le bal de promo avec leur gentil professeur et qui se retrouvent coincés dans les locaux; des élèves d’une classe de musique ; un faux concierge qui cherche à venger sa sœur, victime d'une secte démoniaque... Bref, autant de protagonistes sous-exploités, qui, souvent, disparaissent de l'intrigue aussi brusquement qu'ils sont apparus. L'exemple le plus flagrant de ce manque de cohérence se situe dans le personnage interprété par Charisma Carpenter. Figurant en tête d'affiche (sacrée arnaque!), son rôle se résume à une prestation d'un petit quart d'heure, son personnage de bibliothécaire étant la première victime d’une démone. Et sans que tout cela n'ait une quelconque influence sur le déroulement du récit. Frustrant, surtout si vous êtes fan de la jolie comédienne. Au final, Ghostquake souffre d'un script bien mal ficelé, au déroulement chaotique, accusant un manque de fluidité dans un enchainement de scènes inégales et de niveaux d'intérêt très variables.

Heureusement pour nous, Jeffery Scott Lando ne traite pas tous les aspects du film avec le même degré de négligence. Ainsi, on retrouve la "patte" de ce sympathique bricoleur du cinéma dans les séquences consacrées à la matérialisation des méfaits de ces ectoplasmes sadiques. Des attaques mortelles inventives ou remplies de clins d'œil cinéphiliques, et un traitement graphique assez trash, qui contraste d'ailleurs avec l'atmosphère autrement très "années collège" qui marque le métrage. Attaque de "crapauds-zombies, écartelements, décapitations, explosions « viscérales", autant de plans où le réalisateur d’Insecticidal a pu exprimer son sens potache et son gout pour le craspec et les effets "cartoonesques" (l’attaque des jerseys de match volants). Pour un résultat satisfaisant, même si les contraintes imposées par une production Syfy (du sang numériques et des rendus CGI un peu cheap) a surement freiné son enthousiasme créatif. Mais ces quelques aspects positifs ne suffisent même pas à hisser Ghostquake à un niveau général convenable.

Pour ce qui est de l'interprétation, si la présence de Charisma Carpenter est anecdotique, les deux autres "stars" figurant dans le castings tiennent une place autrement plus importante et contribuent à tirer un peu le métrage vers le haut. Le redneck M.C. Gainey (Django Unchained, la série Justified) prête sa bouille impayable au proviseur Danforth, le gourou d'une secte démoniaque qui revient d'outre-tombe, cinquante après sa mort, pour semer le chaos dans son ancien lycée. Assurement le personnage le plus intéressant du film. Cette créature maléfique va trouver un adversaire de taille en Danny Trejo, qui incarne le concierge de l'établissement. Un humble employé innocent en apparence seulement car bien décidé à venger la mort de sa sœur, assassinée par la secte, et qui lui rend régulièrement visite sous la forme d'un gentil fantôme (une présence qui va permettre la mise en scène d'un divertissant crêpage de chignon ectoplasmique, cette dernière se dressant face à la copine démone de Danforth). Versant ici dans un exercice à contre-emploi, s'essayant de nouveau à un rôle empli de second degré, Danny Trejo n'est pas très à l'aise, mais son charisme naturel suffit à rendre le personnage sympathique. Enfin, pour finir, notons la présence, dans le rôle du nerd de service, de Shawn C. Phillips, un acteur bien connu de tous les fans de séries Z pour son immense contribution au genre (même pas trentenaire et déjà une soixantaine de films à son actif!).

30

J'ai beaucoup aimé Jeffery Scott Lando. A ses débuts. Son travail décontracté et imaginatif me rappelait celui de Brett Piper, un enthousiaste réalisateur de séries Z et comico-érotiques (il a beaucoup œuvré pour Seduction Cinema) que j'apprécie beaucoup. Mais force est d'admettre que depuis qu'il bosse pour le câble US, le mec me déçoit. Après Super Tanker et Boogeyman, le réalisateur nous impose avec Ghostquake une nouvelle bouse et, à force de faire dans l'alimentaire, il perd de plus en plus son cinéma (et sa prochaine production, Supercollider, n'annonce rien de bon). Dans ce film, on ne retrouve que rarement les qualités du cinéaste. Principalement à travers les passages trash, où l'on entrevoit encore son esprit potache et son inventivité. Mais cela mis à part (et la présence au casting de Danny Trejo et M.C. Gainey), Ghostquake est un film sans intérêt, construit avec paresse sur un scénario décousu. A éviter.

Critique de publiée le 14 mai 2013.

Que faut-il en retenir ?

  • Danny Trejo et M.C. Gainey
  • L'aspect trash
  • Des meurtres inventifs

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario décousu
  • Un récit sans rythme, bourré de passages vains
  • Un humour peu présent
  • Une réalisation paresseuse
  • Le passage éclair de Charisma Carpenter
  • Des FX cheaps

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