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Critique du Film : Mémoires Programmées
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Critique du Film : Mémoires Programmées

Avis critique rédigé par Vincent L. le mercredi 15 août 2012 à 01:12

Rêve, réalité ou jeu vidéo ?...

A la base, proposer une nouvelle version de Total Recall n'était pas en soit une mauvaise idée. En effet, si le film de Paul Verhoeven semblait inimitable - et non duplicable dans une époque de grande standardisation des productions hollywoodiennes - il restait cependant possible de coller plus prêt de l'histoire d'origine de Philip K. Dick, et ainsi proposer un scénario sensiblement différent qui placerait le nouveau film plus du côté de la nouvelle adaptation que du remake sans intérêt. Mais tout cela était sans compter sur la propension de la Machine à Rêve US a dénaturer tout ce qu'elle s'était évertué à mettre en place il y a quelques décennies, comme tant de preuves honteuses d'un passé qu'il faudrait à tout prix faire disparaître ; alors on prend, on refait et on standardise, on enlève tout ce qui dépasse, tout ce qui n'est pas propre, et on aboutit à un spectacle propre à réjouir les esprits bien pensant.

Il faut cependant bien avouer que le résultat final n'est pas très surprenant. Avec Len Wiseman à la réalisation et Kurt Wimmer au scénario, étant donné la propension des deux individus à sombrer dans le bourrinage bête et méchant, on se doutait que le résultat final ne serait pas bien futé ; le présentiment avait par la suite été confirmé par les bandes-annonces et autres extraits diffusés pour promouvoir le film, qui tendaient à confirmer ce que l'on craignait. En effet, en dépit des diverses déclarations voulant que ce remake s'éloigne du film de Paul Verhoeven pour développer une histoire totalement nouvelle, on s'apercevait assez visiblement que le résultat final ne serait qu'une pâle copie. Et, malheureusement, la vision du film confirme ce dont on se doutait : Mémoires Programmées n'est finalement qu'un ersatz sans saveur du film d'origine, un nouveau remake sans aucun intérêt.

Oubliez la violence du film de Paul Verhoeven, ses maquillages cradingues, ses décors originaux et sa manière de faire politiquement incorrecte, Mémoires Programmées ressemble à un catalogue Ikea : tout y est poli, rien ne dépasse du cadre. L'évolution des effets spéciaux rend ains le film visuellement impeccable, dotant ces villes futuristes de décors bien fichus, correctement incrustés et sans fausses notes particulières. Les plus jeunes apprécieront certainement cette modernité par rapport au côté quelque peu kitchouille de l'original - et dont ils se fichent royalement étant donné qu'ils n'ont pas grandi avec ou qu'ils ne s'intéressent pas forcément à l'histoire du cinéma - mais avouons tout de même qu'il n'y a pas non plus de quoi crier au génie, le film n'étant à ce niveau pas plus réussi que la moyenne des productions hollywoodiennes, se contentant d'aller piocher ses divers éléments visuels ici et là (Minority Report et le Cinquième élément notamment).

Passé cela, on reconnaîtra également que Len Wiseman sait tenir une caméra dès lors qu'il s'agit de filmer une scène d'action. Son film est correctement rythmé, et les diverses séquences en mettent clairement plein là vue. Là où le bas blesse, en fait, c'est que si Wiseman sait effectivement filmer un combat, une course-poursuite ou une fusillade, il n'arrive pas à rendre le tout plus passionnant que ça. On ne tremble pas pour le héros et on ne s'inquiète pas vraiment pour ce qui peut lui arriver, et ce pour une raison très simple : les scènes d'action sont tellement improbables qu'elles coupent le spectateur de tout lien avec une réalité tangible. Que le héros abatte dix miitaires entrainés, fasse une chute de quelques dizaines de mètres ou heurte nombre de véhicules sur une autoroute futuriste, il se relève toujours comme si de rien n'était, à peine blessé, tout juste essouflé. De fait, le film ne possède aucune force dramatique, s'apparentant juste à un jeu vidéo sans âme.

Mais finalement, c'est surtout au niveau du scénario que les choses frôlent la catastrophe. Mémoires Programmées se trouve ainsi avec le cul entre deux chaises : d'une part il ne veut pas ressembler au film original donc ne transporte pas son action sur Mars, d'autre part il essaye d'en dupliquer l'histoire sur Terre et se doit de trouver nombre de bidouilles pour pouvoir justifier l'absence d'espace qui donne ses finalités à l'histoire. Le long-métrage aligne ainsi des incohérences à la pelle pour essayer de se trouver une légitimité : une partie des continents n'est plus habitable du fait d'énormes nuages toxiques, mais qui s'arrêtent visiblement avec les frontières. Conséquence : l'espace devient le bien le plus prévieux de la société, ce qui n'empêche pas un simple ouvrier de vivre dans un superbe loft avec balcon sur la rue. Et que penser, également, de cette société capable de creuser le noyeau de la Terre pour faire passer un train, mais pas de nettoyer l'air pour le rendre respirable.

De fait, l'histoire en elle-même ne tient pas la route une seule seconde, et l'on en vient souvent à se dire que si c'était pour arriver à ce résultat, il aurait peut-être mieux valu que les scénaristes s'assument et copient le scénario du film original. Cela est d'autant plus vrai que la structure scénaristique reste toujours aussi efficace, brouillant toujours les pistes pour entretenir les doutes du spectateur. Bien sur, le côté jeu vidéo du film tend clairement à faire prévaloir une possiblité sur l'autre (là où Paul Verhoeven avait su maintenir un véritable équilibre jusqu'à la fin), et le peu de subtilité des acteurs empêche que l'on croit réellement à ce qui peut se passer à l'écran (on avait beaucoup critiqué Arnold Schwarzenegger à l'époque de Total Recall, mais lui avait au moins cette espèce de maladresse dans son jeu qui allait particulièrement bien à son personnage ; Colin Farrell, quant à lui, se contente de traverser le film en fronçant les sourcils avec un air ahuri).

35

Total Recall : Mémoires Programmées n'a pas réussi à éviter de le piège de la comparaison avec le film original. Il y avait pourtant matière à créer une histoire différente, notamment en se rapprochant plus de la nouvelle de Philip K. Dick que du long-métrage de Paul Verhoeven. Le problème, c'est que le parti pris a simplement été de dupliquer la structure scénaristique d'origine, ce qui condamne ce remake à ne pouvoir vivre que dans l'ombre de son modèle. Les jeunes générations n'y verront peut être que du feu, et ce notamment grâce à des effets spéciaux qui gomment l'aspect désormais kitch de l'original, mais finalement, on s'aperçoit qu'une fois que l'on a enlevé ce qui faisait l'originalité du film de Verhoeven, il ne reste qu'une coquille vide, propre et politiquement correcte. D'un film culte pour toute une génération, on aboutit aujourd'hui à un blockbuster terriblement commun, donc d'autant plus décevant...

Si vous avez vu l'original : 2/10
Si vous n'avez pas vu l'original : 5/10

Critique de publiée le 15 août 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Des scènes d'actions bien menées,
  • Des effets spéciaux corrects,
  • La structure du scénario, toujours efficace.

Que faut-il oublier ?

  • Ne sait pas réinventer le film d'origine,
  • Histoire pleine d'incohérences,
  • Vraiment pas subtil,
  • Tension dramatique absente,
  • Esthétiquement très pauvre,
  • Le casting en général.

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