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Critique du Film : Bitch Slap

Avis critique rédigé par Jonathan C. le lundi 18 juin 2012 à 00:32

Newport Bitch

Bitch Slap poster jap

Disponible depuis un bail en import, Bitch Slap sort tardivement chez nous en cette année 2012 (alors qu'il a été réalisé en 2009), mais en passant brièvement par la case cinéma (dont l'indispensable Publicis). L'occasion de revenir sur ce trip irrévérencieux aussi improbable qu'exaltant.

Le sympathique Rick Jacobson était l’homme de la situation pour se lancer dans un délire grindhouse, comme c’est la mode depuis le succès de Boulevard de la mort/Planète Terreur. Le bonhomme fut en effet un pur artisan de la série B d’action des années 90, fidèle à Don 'The Dragon' Wilson et à Michael Dudikoff, avant de devenir un habitué des séries d’héroic-fantasy (Xéna la guerrière, Hercule, Spartacus et Cleopatra 2525) et l’un des réalisateurs phares d’Alerte à Malibu. Ce CV explique d’ailleurs les participations de Kevin Sorbo/Hercule, de Lucy Lawless/Xéna et de Michael Hurst (le brave Lolaus dans Hercule ET Xéna la guerrière) dans Bitch Slap. Contrairement à Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez, Jacobson a donc déjà une solide carrière dans le bis (le vrai) lorsqu’il produit/écrit/réalise Bitch Slap. L’esprit grindhouse retranscrit n’en est que plus honnête, d’autant plus que Jacobson est lui aussi un geek et un routinier du low budget (sur le tournage de Bitch Slap : équipe réduite, système D, atmosphère conviviale : difficile d’imaginer ça quand on voit le résultat à l’écran).

Bitch Slap America Olivo

Comme peut l’indiquer son titre pour le moins franc et son joyeux générique de début qui cite ouvertement les références (les extraits de Bloody Mama, Faster Pussycat! Kill! Kill!, Coffy la panthère noire de Harlem ou Crime à froid), Bitch Slap est une série B « à la grindhouse » qui convoque le girl power déviant et sexy des rape and revenge seventies et des productions Russ Meyer. Le scénario léger, dont la structure roublarde en flashback (à chaque fois plus loin dans le temps, jusqu’aux origines de cet imbroglio) est riche en surprises et maintient un certain suspense, est avant tout un prétexte pour mettre en scène trois créatures de rêve, des bombes anatomiques bad-ass sorties d’un Russ Meyer ou d’un bis rital des années 80. Et pour mettre en scène des bimbos, Rick Jacobson s’y connait (il a passé du temps à les filmer sur Alerte à Malibu ou même dans ses séries B). L’innocente et fragile stripteaseuse brune (Trixie/Julia Voth), la rousse incendiaire en jupe (Hel/Erin Cummings) et la grande gueule psychopathe fuck attitude (Camero/America Olivo, déjà violente dans Neighbor et peu vêtue dans le remake de Vendredi 13), trois fantasmes différents (qui révèlent d’autres fantasmes au cours de l’intrigue, comme des poupées russes), se retrouvent toutes les trois dans une galère dont on va découvrir peu à peu les tenants et aboutissants. Sont-elles ce qu’elles prétendent être ? Les dernières clés nous seront dévoilées au cours d’un twist jubilatoire qui fait de Bitch Slap une sorte de remake grindhouse au féminin de…Usual Suspects ! Mais plutôt que de noyer son final dans des explications fumeuses dont n’a absolument pas besoin le film, qui s’ouvre tout de même sur une citation de Joseph Conrad pour finir sur une citation de Sun Tzu (!), le réalisateur fait conclure avec lucidité le personnage, qui résume bien les intentions du projet : « C’était juste pour le fun, et on est finalement toutes des bitches ! »

Bitch Slap

Les trois antihéroïnes ne sont pas du tout complices, au contraire : le trio carbure aux soupçons, aux engueulades, aux bastons et aux baisers lesbiens, pour le plus grand plaisir des spectateurs mâles. Bitch Slap, comme son titre l’indique toujours, est totalement dédié à ses « bitches » et des séquences entières complètement gratuites (les filles sortent de la voiture, les filles creusent, les filles s’arrosent avec un sceau qui semble contenir de l’eau à l’infini, les filles se font des mamours, les filles se battent entre elles…) sont ainsi consacrées à l’anatomie affolante des trois actrices (qui garderont cependant toujours leurs peu de vêtements sur elles), ce qui explique le nombre hallucinant de plans sur leurs non moins hallucinants décolletés (j’ai un faible pour celui de Camero/America Olivo, à couper le souffle !), au ralenti et sur de la musique bourrine. Le girl power est exploité avec autant de radicalité que de dérision ; il faut voir comment finissent les quelques hommes de l’histoire (ce pauvre Michael Hurst torturé d’emblée, ses couilles ne sont évidemment pas épargnés). Le seul personnage masculin armé de virilité est un shérif bouseux niais nommé Fuchs (!) et accroc à une stripteaseuse : son bref statut de héros-survivor (plan iconographique le rapprochant du Ash des Evil Dead) sera immédiatement brisé par la femme dont il est amoureux. Ici, c’est les nanas qui ont les gros guns, les chaines et les katanas, c’est les nanas qui cognent, qui hurlent et qui s’insultent, c’est les nanas qui se fightent comme des furies, c’est les nanas qui contrôlent la situation et qui crachent sur les hommes. Si "scène de cul" il y a, c’est entre nanas uniquement. Si illusion de romance (homo ou hétéro, cf. Trixie et Hel ou Trixie et le shérif) il y a, ce n’est que du vent, du faux semblant. Les girls tuent avec classe en prenant la pose et en balançant des grosses punch-lines vulgaires. Le trip de Rick Jacobson atteint des cimes lorsqu’il met en scène une monstrueuse et interminable catfight ultra-violente entre les ensanglantées Camero et Hel, qui s’entretuent littéralement en s’insultant copieusement (répliques à mourir de rire) et s’éclatent frénétiquement comme dans du MMA sans aucune règle : cheveux arrachés, sable dans les yeux, jupe fendue, coups de poing ou coups de dents dans la chatte sont permis (et avec les miaulements en prime !). Il n’y avait pas eu de catfight (pour rappel : un combat acharné entre deux femmes) aussi jubilatoire et délirante depuis Zombie Strippers!, et c'est probablement l'une des plus homériques et longues que le cinéma bis ait pu nous offrir. Tout au long du film, Rick Jacobson s’acharne à transformer ses biatches en icône via une succession de plans BD, et il faut bien avouer qu’une rousse en tailleur et aux gros seins tenant un immense fusil mitrailleur dans ses mains, ça a de la gueule et du style. Il faut avouer aussi que les trois actrices se livrent corps et âme au jeu, mention à America Olivo dans un rôle de psycho complètement barge (mais incroyablement sexy). Leurs gros seins continuellement mis en valeur et leurs tenues affriolantes ne les empêchent pas de bien jouer, dans les limites de ce trip imposé qui leur offre paradoxalement une grande liberté.

Bitch Slap catfight

Bitch Slap final

Tout ici est outrancièrement beauf et misogyne (le girl power ne fait que remettre les filles dans leur statut de « salopes »), dopé à la testostérone et carburant aux plans boobs & ass, tout semble gratuit (la séquence "t-shirts mouillés" est royale !), d’une complaisance hilarante et bien entendu à prendre au second degré. Bitch Slap est une provocation en forme de doigt d’honneur, et Rick Jacobson ne se gêne pas non plus pour singer la subversion coquine à la Russ Meyer, par exemple en souillant par le vice les préceptes religieux (cf. la scène jouissive dans l’église, avec une Camero qui, quasiment à poils sous sa tenue de nonne, fait un cunni à une bonne sœur puis lance un fuck à la Mère supérieure jouée par…Lucy Lawless !). C’est de l’humour très noir taché de sang et de sueur, le film ne lésinant pas non plus sur les effets gores et les giclées d’hémoglobine. Par ailleurs, Bitch Slap repose sur de nombreux petits plaisirs geeks, par exemple celui des retrouvailles entre Hercule (Kevin Sorbo) et Lolaus (Michael Hurst) devant la caméra du réalisateur attitré de la série.

Bitch Slap douche

La réalisation de Rick Jacobson ne tombe pas dans le piège facile du faux vintage (avec filtres délavés et pellicule abimée) comme Robert Rodriguez aime le faire : ce n’est pas parce que Jacobson reconstitue un film d’exploitation à l’ancienne que la mise en scène ou le montage doivent être miteux et torchés n’importe comment. Il opte au contraire pour une esthétique clinquante et sophistiquée, sans trahir l’esprit bis et old school du projet. Dans Bitch Slap, sa réalisation clipesque est inventive (des angles inattendus et toujours au service des filles), mouvementée mais jamais hystérique, ample et superbement photographiée dans un Cinémascope élégant à la Russ Meyer. Ce soin formel aux effets clips assumés rend son trip sexy et ne donne pas l’impression d’assister à un foutage de gueule mal foutu, bien au contraire : c’est du spectacle de qualité, certes crétin, mais généreux et sacrément bien branlé (c’est le cas de le dire), y compris dans ses partis-pris kitsch. Rick Jacobson fait du vintage tape-à-l’œil mais justifié. La moitié du film, soit tous les flashbacks (situés un peu partout : parking, prison, métro, nightclub, Suisse, Las Vegas…), est en effet filmée sous fond vert, à l’image de films comme Capitaine Sky et le monde de demain, 300 ou Sin City, ce qui donne l’impression d’en voir plus que le film (fauché) n’en a couté. Mais le cinéaste assume clairement ces incrustations voyantes de fonds verts qui deviennent divers décors (très chouettes d’ailleurs), renvoyant ainsi à la méthode ancestrale des matte painting, ce qui rend Bitch Slap encore plus rétro et comics-book. C’est encore plus le cas lorsque le réalisateur se sert de ces flashbacks cartoonesques pour revisiter des genres old school du bis, comme le film d’espionnage (avec une super-espionne high-tech ; la scène dans les montagnes est tordante à souhait), le women in prison, le Nonnesploitation, le polar hard-boiled (la scène de la moto) ou le film d’arts martiaux (la japonaise en costume d’écolière armée d’un yo-yo rasoir, jouée par Minae Noji, vue dans Be Cool et Mémoires d’une Geisha), avec à chaque fois les costumes extravagants qui vont avec…Hors flashbacks, le récit se concentre uniquement sur les filles paumées au milieu du désert (dans lequel elles cherchent un butin), lieu unique mais très cinégénique, citant là encore Russ Meyer (notamment Faster Pussycat! Kill! Kill!) et le bis des années 70. Baignant dans la sueur et l'odeur de poudre, ce terrain de jeu, aussi désert soit-il, finira en chaos, dans les carcasses, les débris, les cadavres et les flammes. C’est dire si ça bourrine.

Bitch Slap catfight

Bitch Slap Camero

Les 100 minutes du métrage défilent à un rythme azimuté, même quand il ne se passe rien, car le simple fait de voir des filles canons dans le désert est captivant, presque hypnotique. Mais il se passe quand même beaucoup de choses dans cette histoire truffée de rebondissements, de folie et d’action. Si la première heure ne laisse entrevoir que quelques fulgurances violentes (dont l’exécution gore du rasta par la moto et une catfight avec la japonaise au yoyo-rasoir), le récit s’emballe et part en vrille au bout d’une heure lorsque les filles éliminent le skin borgne hystérique et la japonaise yo-yo (une mise à mort énorme avec grosse punch-line, plan qui claque et giclée de sang sur la caméra !). De nouveau cascadeuse, chorégraphe et doublure (ici du mystérieux tueur Pinky, le Keyser Söze de Bitch Slap), Zoe Bell (le lien vers Boulevard de la mort est fait) a du pain sur la planche mais se réserve quand même une apparition (tout comme Rick Jacobson). Entre une catfight d’anthologie et le flashback délirant à Las Vegas (ça tire et ça explose dans tous les sens sans queue ni tête au milieu de fonds verts hideux et avec Kevin Sorbo et une naine armée dans les parages) achèvent de faire de Bitch Slap un gros plaisir coupable, se clôturant sur une fin bad-ass et un générique hilarant qui défonce les limites de la beaufatitude et rend entièrement justice à ce à quoi le film semble être dédié (le corps des femmes). Le spectateur pop-corn, par ailleurs trucidé dans une scène très drôle, finit ainsi le visionnage de Bitch Slap en se marrant.

Julia Voth

America Olivo

72

Moins bavard qu’un Boulevard de la mort, moins friqué qu’un Planète terreur, mieux foutu qu’un Machete, plus généreux qu’un Hell Ride, moins bourrin qu’un Hell Driver, moins moche qu’un Nude Nuns with Big Guns et moins cheap qu’un Pervert!, ce sale gosse (ou plutôt sale garce) nommé(e) Bitch Slap tape dans le bis d’exploitation bête, régressif, sexy et méchant assumé sans demi-mesure jusqu’à l’indécence, à l’image des meilleurs bis récents estampillés grindhouse (Hobo With a Shotgun et Zombie Strippers!). Très limité et pas de bon goût mais très pro dans sa conception et son traitement, c’est un faux nanar définitivement hors-normes, fun et jouissif qui aurait parfaitement eu sa place entre Boulevard de la mort et Planète terreur. Imaginez du Russ Meyer filmé par Michael Bay. Donc à savourer au troisième degré.

Critique de publiée le 18 juin 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Un délire "russ-meyerien" assumé et jouissif
  • Des nanas époustouflantes !
  • Hercule et Xena trainent dans les parages
  • Une catfight d'anthologie
  • Une forme clinquante et inventive

Que faut-il oublier ?

  • Ca vole pas haut et l'exercice a ses limites
  • Peut-être un peu trop long (1h45, quand même)

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