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Critique du Film : Monster from Bikini Beach
Monster from Bikini Beach >

Critique du Film : Monster from Bikini Beach

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 13 mai 2012 à 1356

Crevette géante et bikinis

Aujourd’hui, si les torrides célébrations du Spring Break se sont déplacées de la côte floridienne vers les plages encore plus libertaires de Cancoon ou Phuket, il n’en reste pas moins que le sud de la péninsule n’a pas été complètement délaissé par les teuffeurs de toute nature. Certains endroits peuvent même encore figurer comme destination de choix sur la carte routière des amateurs de concours de tee-shirt mouillés et autres jeux humides - il suffit d’ailleurs de suivre les enquêtes du lieutenant Horacio Caine à Miami pour s’en assurer (quoi ? Comment cela, Les Experts, c’est de la fiction?). Bikini Beach, avec ses contingents de naïades délurées et avinées, prêtes à se débarrasser de leur maillot de bain à la première occasion, fait partie de ces places dont les plages sablonneuses sont souillées de la bave et les liquides séminaux des jeunes américains en explosion hormonale.

Mais Bikini Beach n’est pas uniquement fréquenté par les filles légères et les étudiants en rut. Bikini Beach a aussi son monstre. Une sorte de grosse crevette bipède, à la carapace caoutchouteuse, à la tête surdimensionnée et la mâchoire hérissée d’une impressionnante dentition (un look qui évoque à la fois Casimir, l’ami des enfants, et Audrey, la plante carnivore de La petite boutique des horreurs). Hors, il s’avère, malgré son allure pataude et son air inoffensif, que ce monstre amphibien est un sacré prédateur, particulièrement friand de ces jeunes femmes libérées qui pullulent dans la région. Enfin, quand je dis friand, c’est vrai qu’il ne les dévore pas, pas plus qu’il ne les amène comme conquête dans sa grotte sous-marine comme l’aurait fait la Créature du lagon noir. Non, il se contente de les écorcher vif avec ses griffes en plastique. Il les mâchouille aussi. Parfois...Quand les accessoiristes pensent à actionner son énorme mâchoire en mousse.

Le film débute par une séquence extérieur-nuit, sur la plage. Une fille en bikini se trémousse devant un feu de camp, sur la musique post-synchro de Batman (si, si, ne manque que les onomatopées pour se croire dans une version inédite de Batman à la plage). Elle a pour seule audience un jeune (pas si jeune que ça) homme un brin bourré qui bat la mesure une cruche d’alcool à la main. Cette danse de séduction au thème musical incongru se transforme rapidement en une séance de tripotage et roulage de pelles quand, tel Godzilla surgissant des flots, un monstre marin se jette sur eux, éventre le mec (de la blessure s’écoule une imposante quantité de spaghetti bolognaise) et arrache le soutif de la fille… avant de la trainer par les pieds vers les flots. Générique.

Avec la scène suivante, qui repart sur les mêmes bases, on se rend compte ensuite que le choix de cet inattendu thème musical n’était pas un hasard. Darin Wood, le réalisateur, est selon toute évidence un fan du rock acidulé des années 60. Sur une musique des Shadows, une jeune idiote en bikini danse au bord d’une piscine, devant un quadra en chemise hawaïenne qui sirote un cocktail. Quand sonne le téléphone. Le quadra décroche, la nouvelle est apparemment mauvaise. L’acteur déploie alors tout son talent pour simuler la déception (il faut savoir que la fille était sur le point de dégrafer son haut de maillot) et nous offre l’un des plus extraordinaires airs de chien battu de l’histoire des nanars. En fait, ce mec, c’est un flic (un peu ripou sur les bords) et on vient de l’aviser de la tuerie de la plage. Air de chien battu, bis. La jeune idiote se met à pleurer. J’en cherche toujours les raisons (peut-être tout simplement parce que c’est une idiote).

Quand le détective arrive sur la plage, les médias (un cadreur manipulant un carton sensé représenter une caméra et une journaliste blonde à l’épiderme marqué par l’acné) sont déjà là. A l’intérieur du périmètre délimité par la police, un adolescent maigrichon souille la scène de crime tout en prenant des photos. Débute alors une collaboration entre le nerd, qui est persuadé qu’un monstre est l’auteur des crimes, et la blonde, qui voit dans cette affaire un éventuel scoop. Le flic, lui, pense que la mafia locale ne doit pas être étrangère à ses méfaits et va enquêter dans les milieux interlopes de Camaroville. La nuit suivante, les attaques continuent. Cette fois-ci, c’est trois filles grassouillettes (on se situe loin des standards imposés par les séries B actuelles, avec ses bimbos siliconées), entassées dans un bateau pneumatique, qui sont les cibles du monstre. Alors que l’une d’entre elles s’apprête à nous imposer une impro au ukulélé, la créature se jette sur la frêle embarcation (ouf !), balance la plus grosse à l’eau, arrache le bras de la musicienne et renverse la frêle embarcation.

Malgré des moyens limités, Darin Wood fait son possible pour nous offrir le spectacle le plus violent possible. Ainsi, si la scène manque de plan large (le cinéaste tente évidemment de nous cacher le plus possible son monstre), le réalisateur s’attache à contenter l’amateur de gore en usant de seaux de sang et de maquillages fortement perfectibles mais plutôt sympathiques. Sa démarche est bien entendu d’offrir à son public une œuvre respectant le plus possible les codes du film d’exploitation des années 60, comme le prouve la séquence suivante qui nous amène dans un night-club  où se déroule un concours de body-painted dance. Le spectacle est assez moisi – le club est un vieil hangar à peine maquillé et l’affluence se résume à une dizaine de figurants - mais l’intention est bien là. Darin Wood continuera d’ailleurs à nous proposer des séquences « hommages » bien sanglantes, mettant en scène des babes à demi-nues.

L’intrigue met en opposition plusieurs entités : les mafieux, le détective et son collègue, le jeune homme et la journaliste et, enfin, le monstre (qui finit même par aller chercher ses proies dans les rues de la ville de Camaroville). Tous, sans exception, jouent comme des pieds. Cependant, s’il fallait choisir un lauréat pour le trophée de la pire prestation,  on peut citer sans hésitation Stephen Vargo, qui, à travers un festival de grimaces ridicules, pousse la caricature du flic de harboiled jusqu’à son paroxysme. Un ensemble d’éléments qui contribue à entretenir la nature parodique du métrage, qui se revendique aussi comme un affectueux pastiche d’un certain cinéma. Personnellement, j’ai trouvé l’intention excellente et, même si la manière est souvent hésitante et la réalisation perfectible, le spectacle a réussi à me divertir.

La conclusion de

Si vous êtes amateur de séries Z, Monster from Bikini Beach présente quelques éléments aptes à vous divertir, comme sa sincérité dans le traitement, sa générosité dans les effets gore et un casting qui en fait des tonnes dans le domaine du faux jeu. Evidemment, à contrario, ce métrage qui met en vedette un monstre en mousse et des babes impudiques et avinées risque d'hérisser le poil des spectateurs les moins potaches.

Que faut-il en retenir ?

  • Un monstre kitch
  • Une réalisation généreuse
  • Un pastiche sincère
  • Beaucoup d’effets gore

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario maladroit
  • Une réalisation fauchée
  • Des acteurs sans talent
  • Du Z

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