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Critique de la Bande Dessinée : Kraken
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Critique de la Bande Dessinée : Kraken

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 8 mai 2012 à 1359

Flics dans la merde et poulpe mutant

Dante est un lieutenant de police appartenant à la brigade des Krakeneurs. Leur terrain d’action, c’est les égouts de Metropol, un gigantesque labyrinthe puant et sombre apprécié par les détenus en cavale et les trafiquants de tout ordre. Leur mission principale est la traque et l’élimination du Kraken, une mystérieuse créature tentaculaire qui erre dans les conduits et les galeries, semant la mort derrière lui. Krakeneur est un métier sale et dangereux, sans avenir, mal payé, mais Dante, en véritable homme d’action, y trouve son content. Dans son genre, Dante est un héros…

L’intégrale Kraken est une initiative des éditions Drugstore de rééditer en un seul volume les différents chapitres parus dans les années 80 et 90 sur divers supports (le magazine Metal Hurlant et des albums édités par Les Humanoïdes Associés, Gilou et Soleil). Ainsi, avec cet imposant volume de 170 pages, vous tenez en les mains toutes les aventures de lieutenant Dante, agrémentées de quelques bonus (les superbes couvertures des albums, dessinées par Jordi Bernet) et introduites par Jean-Pierre Dionnet himself. L’initiative est pertinente tant Kraken incarne l’un des styles les plus représentatifs des années 80, époque où les supports de BD adultes étaient si nombreux et variés que les artistes pouvaient s’essayer à tous les genres.

L’intégrale Kraken se compose de dix-huit histoires de longueurs variables (entre deux et quatorze planches). Toutes obéissent aux codes de la série B, avec un héros macho (qui voit toutes les nanas auxquelles il s’attache finir gisant à poil dans une rivière putride ou découpée en morceaux), une pègre composée de truands sadiques et de brutes épaisses, des flics corrompus, des prédicateurs illuminés, des indics, de superbes pépés aux grosses miches, du sang, de la crasse, du sexe, et… un monstre ! Un kraken qui est en fait chargé du nettoyage de ces égouts, en ingérant toute la lie qui fréquente les lieux… et occasionnellement quelques policiers et autres victimes innocentes. Dans les récits concoctés par le regretté Antonio Segura, le happy end est rarement au rendez-vous et si, la plupart du temps, les fripouilles n’y finissent pas debout sur leurs deux jambes, leur mort ne rattrape jamais la ruine qu’ils ont causée. Pire, certains parviennent même à échapper à Dante et au Kraken.

Remarquable également le style « rétro-pulp » de Jordi Bernet. Un trait réaliste et minimaliste, qui joue énormément des ombres pour créer une ambiance glauque et horrifique. Un dessin en noir et blanc qui rappelle les meilleures années des fumetti et une utilisation des ombres qui évoque les travaux de Patrice Serres et, comme le cite judicieusement Jean-Pierre Dionnet dans l’introduction, un certain Hugo Pratt. Plus subjectif que démonstratif - quoique les planches ne manquent pas de têtes explosées, de membres déchiquetés et de sexe turgescents dressés - Kraken joue son efficacité sur vos capacités à vous projeter dans cet univers underground qui compose l’unique décors des aventures de Dante, sorte de Clint Eastwood pataugeant dans la merde, son flingue à la main.

La conclusion de

Kraken est un ouvrage que se doivent de posséder tous les amateurs de bandes dessinées pour adultes, et encore plus si vous êtes un fan de séries B et de cinéma d’exploitation. Extrêmement représentatives de l’esprit qui animait ce genre dans les années 80, les histoires - imaginées et matérialisées par Antonio Segura et Jordi Bernet – contenues dans cette intégrale sont certes inégales en qualité mais toutes bien divertissantes. De la BD qui s’apprécie comme un film de John Carpenter, Jack Hill ou, plus récemment, Tarentino ou Rodriguez - les dignes héritiers d’un genre - accompagné d’un bourbon… sans glace, bien sûr.

Que faut-il en retenir ?

  • De la BD adulte de caractère
  • Des récits divertissants
  • Un trait remarquable
  • L’aspect collector

Que faut-il oublier ?

  • Des récits inégaux

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