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Critique du Film : L'eventreur de Notre-Dame
L'eventreur de Notre-Dame >

Critique du Film : L'eventreur de Notre-Dame

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 27 février 2012 à 1745

Orgies bourgeoises et crucifix

Un prêtre défroqué complètement dingue, se sentant investi d’une mission divine, se glisse incognito dans la bonne société parisienne, crucifix et couteau en mains, afin d’y éliminer physiquement tous ses éléments subversifs. Aveuglé par son fanatisme, il ne se rend pas compte que cérémonies occultes et messes noires qui se déroulent sous ses yeux ne sont que de vulgaires jeux, des sortes de préliminaires à de véritables parties fines.  C’est alors que, contre toute attente, le prêtre tombe éperdument amoureux d’Anne, l’une des figurantes participant à ces cérémoniaux pervers...

En 1974, Jesus Franco travaille depuis quelques temps pour le studio Eurociné de Marius Lesoeur, qui est alors l’un des leaders dans le domaine du cinéma d’exploitation. En cette période, entouré d’une équipe de fidèles collaborateurs (qui, depuis 1973, compte la sensuelle Lina Romay), Jesus Franco mêle, parfois de manière un peu maladroite et précipitée, mais rarement inintéressante, ses amours pour le fantastique, l’onirisme, l’érotisme et la musique jazz, en maniant souvent une certaine forme d’humour (pas toujours bien appréhendé par l’audience et les critiques). Au coeur de la décennie, la filmographie de Jesus Franco est déjà riche d’œuvres dignes d’attention, comme la série des Orloff, La Comtesse Noire (1973), La Fille de Dracula (1972), Dracula contre Frankenstein (1971), Eugénie de Sade (1970) ou Vampyros Lesbos (1972). Viendrons ensuite, sous l’égide d’Eurociné, Jack l’éventeur (1976),  Doriana Grey (1977) ou Eugénie (1980), entre autres. Exorcisme et messes noires se situe donc au centre de cette période faste, à un moment où Jesus Franco et Eurociné n’avaient pas encore cédé aux avances du cinéma X, comme ce sera le cas peu de temps après (Exorcisme et messes noires ressortira d’ailleurs en 1976 avec des inserts hard, sous le titre Sexorcism).

Dans ce film, Jesus Franco dresse avec ironie un portrait peu flatteur et assez cru de la haute société parisienne - comme beaucoup de films de la période, Exorcisme et messes noires cultive le mythe de la bourgeoise au profil de grosse cochonne. On découvre dans le film un parterre de pervers qui, pour agrémenter leurs soirées, sous le couvert de cérémonies sataniques, se livrent à des jeux érotico-horrifiques qui ne sont en fait que de banales partouzes. Accompagnant le prêtre dans ces bas-fonds parisiens, on assiste donc à des séances préliminaires composée d’une magie noire de bazar, effectuée à base de sang d’animaux et de couteaux factices. Des jeux de rôle qui ont pour unique but d’émoustiller une audience se délectant du spectacles obscène de filles nues faussement crucifiées et recouvertes d’hémoglobine.

Le scénario d’Exorcisme et messes noires (qui fut présenté au Marché du Film de Cannes en 1976 sous le titre Exorcisme) est on ne peut plus simple. On y suit le parcours meurtrier d’un prêtre complètement barge - interprété par Jess Franco en personne - qui se retrouve confronté à un milieu underground décadent. Le récit, extrêmement linéaire et à l’intrigue un brin «capillotractée», se déroule à un rythme métronomique, chaque séquence de «messe noire» se voyant suivie d’une séance d’exorcisme peu orthodoxe puisque ledit prêtre n’hésite pas à tripoter l’entrecuisse de ses victimes avant de les trucider. C’est ce que l’on appelle lutter contre ses démons (car, apparemment, ce prêtre est en fait un sacré érotomane) en éliminant le mal à la racine. Evidemment, la série de meurtres va éveiller l’attention de la police (ben oui, quand même), incarné ici par un Olivier Mathot enquêteur qui va mener ses investigations avec une énergie qui ferait passer Droopy pour un hyperactif.

Coté réalisation, Jesus Franco, pour mettre en avant les aspects lubriques de ces mises en scène sataniques, use de sa technique favorite, à savoir une débauche de zooms sur des visages déformés par des grimaces sadiques ou obscènes, alternant avec des gros plans sur l’intimité des jeunes exhibitionnistes. L’ensemble est baigné par une bande musicale construite  sur un jazz aux accents psychédéliques, ce qui rend l’ensemble assez bizarre, et un peu malsain. En fait, techniquement parlant, Exorcisme et messes noires peut être considéré comme l’un des meilleurs films du cinéaste espagnol réalisés à cette période, où du moins l’un des plus appliqués. Chaque séquence apparait comme soigneusement préparée, notamment celles composant les messes noires, avec une bonne variété de plans et des évidents efforts de mise en scène. De plus, quelques bricolages zarbis dans le montage, qui vont à l’encontre de toute logique, entretiennent involontairement l’étrangeté de l’ensemble. Force est signaler, toutefois, que les scènes secondaires, comme celles se déroulant dans le commissariat, sont nettement plus bâclées, avec des passages dialoguées calamiteux.

En plus de son petit coté cheap, l’un des principaux problèmes d’Exorcisme et messes noires est son manque (son absence?) de rythme. En effet, nombre de scènes tirent en longueur et l’on se lasse assez vite de ces cérémoniaux inoffensifs dont le seul intérêt réside dans la vue de filles à poil qui, aujourd’hui, apparaissent bien quelconques et un peu trop... euh... naturelles (pour mémoire, la mode  n’était pas encore au maillot intégral, ni au ticket de métro). Passé le plaisir de la découverte, l’on s’ennuie un peu. Ensuite, si les séquences mettant en scène le prêtre sont les plus réussies (Franco est d’ailleurs étonnamment bon dans le rôle), force est de signaler que l’élément horrifique n’est guère présent. Seule une scène, au cours de laquelle le prêtre massacre un couple dans une chambre d’hôtel, présente de vrais plans gores, quand le psychopathe ouvre de son couteau la poitrine de l’une de ses victimes pour en retirer le cœur. Le reste du temps, l’on a droit qu’à quelques petites éclaboussures de sang lors des séquences d’assassinat.

Pour l’aider dans l’aspect érotique de son ouvrage, le cinéaste bénéficie de l’aide de quelques comédiennes peu frileuses qui, pour les canons de l’époque, présentaient des plastiques plutôt avantageuses. Lina Romay, bien sûr, mais aussi  la belge Monica SwinnNadine Pascal et Catherine Lafferière. C’est du personnage interprété par Lina Romay (qui, hélas, nous a quitté il y a peu) que va tomber amoureux le prêtre incarné par Jess Franco. Un amour qui va d’ailleurs le mener à sa perte, à travers une version aussi tordue que malsaine du Bossu de Notre-Dame. Le détail est amusant quand l’on connait la nature des liens tissés entre le réalisateur et sa muse. C’est en effet Lina Romay qui a sauvé Jesus Franco, alors fortement éprouvé par deux drames personnels; la mort de Soledad Miranda et un divorce mal vécu. Monica Swinn, elle, est une habituée des productions Eurociné (dans tous les genres; nazisploitation, WIP, horreur, comédie grivoise) et a souvent tournée pour Franco (Doriana Grey, La comtesse noire), la plupart du temps dans des rôles déshabillés. Quand à Nadine Pascal, les fans de cinéma bis se rappellent surement ses «performances d’actrice» dans le mémorable Le Corps et le fouet (1980), réalisé par Erwin C. Dietrich, où elle donne la réplique à Karine Gambier et Brigitte Lahaie.

La conclusion de

Exorcisme et messes noires n’est certainement pas le meilleur film de Jess Franco – il est vraiment trop cheap pour ce faire. Cependant, il est l’un des plus sympathiques, notamment grâce à son ambiance étrange, la performance d’acteur du réalisateur et la plastique agréable de ses comédiennes. Avec sa réalisation plutôt correcte, ce film est une bonne œuvre de présentation pour le spectateur profane qui désirerait découvrir le cinéma bis d’Eurociné.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation convenable
  • Une ambiance réussie
  • Jess Franco en psychopathe
  • Lina Romay et ses copines

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario simpliste
  • Un manque de rythme
  • Une réalisation cheap
  • Peu d’effets horrifiques

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