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Violent Shit 4: Karl the Butcher vs Axe >

Critique du Film : Violent Shit 4: Karl the Butcher vs Axe

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 9 février 2012 à 00:16

Esprit de famille

Nous sommes en 2023. Après l'apocalypse. Du monde d'aujourd'hui, ne restent plus que quelques vestiges de monuments touristiques en images de synthèse, une vieille casse automobile, une cabane aux décors intérieurs faits de draps de lit et un terrain vague aux abords boisés. L'humanité, elle, est retournée à barbarie (dicule). Ne subsiste de la civilisation que des communautés d'individus aussi violents qu'abrutis, organisées en gangs qui luttent farouchement pour la défense de leur territoire. Parmi les plus puissants et les plus étranges d'entre eux, on trouve les Amazons, les Black Monks et le Gang Loco. Le premier se compose essentiellement d'un trio féminin et de leur esclave grassouillet et geignard. Dirigées par Queen Scara, ces femmes au tempérament sauvage (du moins, c'est ce que leurs incessantes grimaces tentent de nous faire croire) ont pour coutume de se nourrir de sperme, pompé directement sur leurs prisonniers au moyen du Sperminator. Mais, attention, pas n'importe quel sperme! Uniquement celui pouvant amener des enfants de sexe féminin, sélectionné grâce au Sperm Seperator, un dispositif ultra sophistiqué composé d'un bidon en plastique et d'un tuyau d'arrosage. La vision d'une reine se remplissant la bouche de semence, directement à partir du tuyau, en éructant "I only want female babies... female babiiiiiies!.." et en soufflant comme une asthmatique est assurément la plus étrange des éjacs faciales qu'il m'ait été donné de voir. Et l’on n’a pas intérêt à la décevoir, la reine, car tous ceux qui ne satisfont pas à ses exigences se voient infliger la plus radicale des fellations, une succion à en perdre ses attributs.

Non loin de cet étrange trio, se sont établis les Black Monks. Cibles favorites des Amazons ("Oohh, goodies!! Monk's sperm is the best! déclame un moment Queen Scara), ils apparaissent finalement comme les pauvres cloches de cet univers où l'on entend le tonnerre gronder en permanence sans qu'il ne tombe jamais un seule goutte de pluie. Revêtus de vieilles bures piqués au morts-vivants des tournages précédents (voir Don't Wake the Dead et Unrated: The Movie), conduisant une vieille caisse grossièrement blindée et armée, ils ne servent principalement que comme exutoire pour les membres des gangs adverses.  Le dernier est le Gang Loco (nom du groupe de musique metal de Schnaas), dont les membres, au muscle Kronenbourg très développé, apparaissent comme des adeptes des arts martiaux. Ils sont dirigés par Captain, une sorte de prêtre vaudou bavarois. En plus de ces caractéristiques, les membres de Gang Loco se distinguent par un TOC de langage, qui leur fait insérer le mot fuck dans toutes leurs phrases. Un aspect qui pourrait éventuellement faire croire qu'ils souffrent tous du syndrome de la Tourette – une affection généralisée, conséquente directe de l’Apocalypse ? D'autres gangs, moins en vue, se sont également établis dans les environs immédiats, comme The Other, dont les membres vivent dans un endroit sombre nom identifié ou les Wood Jumpers, qui crèchent sur les arbres. Plus un ou deux autres, dont je n'ai pas compris le nom, leurs présentations étant inaudibles (sacré manie qu'ont ces leaders à parler le visage recouvert par un masque!).

Bref, bien que se détestant cordialement, tous ces gangs vont devoir oublier leurs différents pour faire front commun face à une terrible menace. Car Karl the Butcher, accompagné de sa famille, le terrible barbare Axe et l'énergique guerrière Vendetta, un demi-siècle après sa mort, est revenu des enfers pour faire le ménage!

Troisième collaboration entre Andreas Schnaas et Timo Rose, Karl the Butcher vs Axe débute par un prégénérique exposant la résurrection du plus célèbre des bogeymen allemand, alors qu'il est retenu aux Enfers. Dans cette séquence assez joliment photographiée et montée, on voit une fille à poil libérer de ses chaines le tueur (ne cherchez pas pourquoi, c’est juste histoire de nous donner l’occasion de mater) avant de périr des mains mêmes de ce dernier, dans des grands effets gores. Un peu plus tard, on découvre le personnage d'Axe, un barbare armé d'une hache énorme (logique!) et portant un heaume assez similaire à celui de Karl. Alors qu'il traverse un cours d'eau, Axe voit se dresser sur sa route une fille à poil (oui, encore une!) armée d'un sabre. Elle ne durera guère plus longtemps que la précédente, juste le temps que l'on admire son anatomie. Puis, une fois débarrassés de ces encombrantes bimbos (on ne verra d'ailleurs plus aucun plan de nu feminin jusqu'à la fin du film), Karl et Axe peuvent donc passer l'étape suivante: leur rencontre. Alors que l'on aurait pu croire assister à un terrible combat entre ces deux monstres - comme le laisse penser d'ailleurs le titre du film – et une première altercation musclée, Andreas Schnaas et Timo Rose nous surprennent en faisant de ces deux "jason-like" non seulement des amis, mais aussi des parents. Et c'est main dans la main, accompagné de Vendetta, la fille d'Axe, que le duo de bouchers va s'attaquer aux gangs de la région.

Comme l'on a pu le constater dans les deux films précédents, l'appliqué Timo Rose apporte à Andreas Schnaas la rigueur de réalisation qu'il lui a toujours manquée. Karl the butcher vs Axe prouve une nouvelle fois que la collaboration entre les plus célèbres représentants de deux générations de réalisateurs allemands de séries Z est ce qui est arrivé de mieux au cinéma bis germanique depuis bien longtemps. On peut aussi noter que ce métrage subit les influences des deux cinéastes sans qu'aucun ne soit lésé, ce qui démontre une excellente entente entre les deux hommes. On retrouve le gout de Schnaas pour les déchainements gore - décapitations, éviscérations, mutilations, énucléation, etc - et son humour potache très, très lourd composé de gags visuels et sonores (carrément cartoonesques). A coté de cela, Timo Rose impose son style de réalisation, qui cherche à donner le meilleur des faibles moyens qui lui sont attribués, faisant de son travail quelque chose de respectable, à défaut d’admirable. Conscient de ses limites, fier de ses influences, Timo Rose laisse ressortir, au gré des plans, toute sa cinéphilie. On retrouve donc dans Karl the butcher vs Axe des éléments grindhouse moderne (style Quentin Tarentino), geeks (des plans faisant références aux jeux vidéo style shoot ‘hem up) et d’autres, plus surprenants, comme le cinéma HK ou le cinéma bis italien des années 80. Les connaisseurs reconnaitront même quelques clins d’œil à Uwe Boll, sans que l’on arrive à déterminer la nature du ton. Le technicien est doué, c’est certains, et j’aimerai vraiment voir ce qu’il pourrait nous donner avec des moyens plus conséquents. Mais, attention, toutes ces louanges ne veulent pas pour autant dire que ces nouvelles aventures de Karl the Butcher (de retour dans Violent Shit après 12 ans d’absence) forment un spectacle réussi. Trop d’éléments plaident en sa défaveur.

Tout d’abord, même si les réalisateurs s’appliquent à tenter de masquer la misère du plateau par les choix des cadres, ils n’y parviennent pratiquement jamais. Les décors intérieurs sont tout ce qu’il y a de minable et, dans le cas du siège des Amazons, touchent le ridicule avec ces murs composés de draps et, pour unique mobilier, une chaise et un tabouret sur lequel est posée une bougie. Le plus grave, c’est qu’un nombre très important de séquences sont tournés dans ces lieux aussi exigus que mal foutus. Seuls les décors naturels restent potables, sans toutefois arriver à symboliser un univers post-apocalyptique. Bref, on en vient vraiment à regretter le château de Don’t Wake the Dead. Alors, on est certes dans le domaine de la série Z, mais là, vraiment, force est de dire que l’on touche le fond.

Ensuite, Karl the butcher vs Axe se revendique comme un film basique, mais l’on aurait tout de même apprécié que ses auteurs fassent montre de plus de rigueur dans l’écriture en général, et plus particulièrement dans celle des dialogues, qui sont soit totalement anodins, soit ridicules. On préférera d’ailleurs le deuxième cas, qui a le mérite de parfois nous faire rire. C’est d’autant plus perceptible que les acteurs semblent aussi doués pour jouer la comédie que moi pour pratiquer l’art du trombone à coulisse. En effet, pour composer le casting de ce film, Timo Rose et Andreas Schnaas ont, une nouvelle fois, fait appel à leurs potes et leurs copines. Des gens qui sont surement très fréquentables lors d’une soirée barbecue ou un weekend de virée mais, qui, sur un plateau, se révèlent calamiteux. Brillant comme des joyaux de nullité dans cette foule d’incompétents et d’amateurs, on remarque surtout celles qui se sont vus confier les rôles du trio d’amazones. A commencer par Marysia Kay qui est certes la plus jolie, mais dont le jeu évoque celui d’une actrice X, en encore plus nul. A coté d’elle, dans le rôle de She-Maa, ânonnant son dialogue comme parle un robot déréglé, on retrouve l’insipide Eleanor James. Elle semble pourtant bénéficier définitivement de la confiance des deux réalisateurs. Ils sont bien les seuls à lui trouver du talent (ou alors, ils savent où chercher). Mais la pire est sans nul doute Eileen Daly. S’essayant dans le registre burlesque, en reine déjantée, elle surjoue, grimace et fait l’hystérique jusqu’à en devenir carrément pathétique. D’ailleurs, le moment où elle exhibe ses nichons en criant « fight like an amazon ! » apparait presque comme une sorte de résignation finale, comme si elle réalisait enfin que son talent ne reposait que sur ses avantages mammaires.

Force est d’ailleurs de noter que si la nullité du casting met en souffrance toutes les scènes dialoguées, elle porte également préjudice aux scènes d’action, tant nombre de protagonistes apparaissent comme empotés et mollasson. Schnaas et Rose ont beau user de nombreuses variations de cadre et de mouvements de caméra, se débattre dans leurs costumes respectifs de Karl et Axe, les chorégraphies de combat – très nombreuses à partir de la mi-métrage, lorsque les gangs s’unissent pour éliminer Karl, Axe et Vendetta – manquent la plupart du temps (il y a quand même quelques exceptions) d’énergie et de vivacité. En fait, s’il n’y a qu’un seul comédien à sauver dans ce naufrage dramatique, c’est Magdalèna Kalley. Belle, féline, très vive dans la peau de Vendetta, la comédienne ressort grandie de ce métrage. Il est simplement dommage qu’elle soit la seule à ne pas arriver à la fin du métrage.

Dernier point un peu gênant, on peut noter un certains assagissement dans le traitement graphique. Alors, certes, la deuxième moitié du métrage ne manque pas d’effets gores (mélange d’effets numériques et de maquillages, comme pour Unrated : the movie, avec un niveau de qualité tout à fait respectable pour de la série Z) et on retrouve souvent le gout de Schnaas pour le grand-guignol, mais Karl the Butcher vs Axe se veut aussi un film d’action, avec séquences de gunfights et chorégraphies martiales, qui amène le film assez loin du domaine du splatter. C’est d’autant plus dommage que comme je l’ai précisé plus haut, ce n’est pas dans ce registre que le film est le plus convaincant. On aurait également aimé que le film continue d’exploiter le filon « pur délire » si bien entamé en début de métrage, avec notamment la fameuse machine Sperminator. Malheureusement, le film se montre ensuite très chiche en idées de ce genre.

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Les amateurs de Z germanique retrouveront certes avec plaisir, comme moi, une nouvelle réalisation du duo Timo Rose- Andreas Schnaas. Ils apprécieront le sens de l’application du jeune Timo Rose et l’esprit Grand-Guignol, resté intact malgré les années, d’Andreas Schnaas. Par contre, ils seront un peu déçus de constater que le niveau d’interprétation ne s’améliore pas et que, en privilégiant l’action, les deux sympathiques teutons aient un peu mis de coté l’aspect splatter, qui fait la marque du Z germanique. Vous remarquerez que cette conclusion ne s’adresse qu’aux amateurs de Z allemand…

Critique de publiée le 9 février 2012.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Pour les amateurs de Z allemand
  • Un cinéma sincère
  • Magdalèna Kalley
  • L’esprit potache d’Andreas Schnaas

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de moyen évident
  • Un niveau d’interprétation calamiteux
  • Un humour très lourd
  • Un traitement graphique plus sage qu’à l’habitude

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