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Critique du Film : Helldriver
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Critique du Film : Helldriver

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 21 décembre 2011 à 1437

Zombie Terror from Outer Space


Technicien d’effets spéciaux extrêmement inventif, Yoshihiro Nishimura est aujourd’hui l’un des principaux animateurs (avec notamment Noboru Iguchi) de la compagnie Sushi Typhoon, filiale de la célèbre Nikkatsu, spécialisée dans la production de films « pas comme les autres » et principalement destinés au marché de la vidéo.  L’année dernière, le réalisateur inaugurait de belle manière sa filmographie au sein de cette nouvelle société avec Mutant Girls Squad, sorte de relecture déjantée de Charly’s Angels, puis faisait encore mieux avec un réjouissant Vampire Girl vs Frankenstein Girl (film co-réalisé avec Naoyuki Tomomatsu). Deux films produits en un délai très court, qui affirmait la politique de production d’une compagnie cherchant à exploiter au mieux l’énergie créative du cinéaste. On ne fut donc pas trop étonné d’apprendre, en début de cette année 2011, la mise en chantier d’un nouveau film, baptisé Helldriver (à ne pas confondre avec le film de Patrick Lussier, mettant Nicolas Cage et Amber Heard en vedette).

Scénarisé par Nishimura en personne, Helldriver nous amène dans un Japon touché par un fléau extraterrestre. Se répandant sur l’île d’Hokkaido sous la forme d’un brouillard extrêmement volatile, ce gaz noirâtre transforme tous ceux qui le respirent en marionnettes anthropophages. Devant la menace, le gouvernement dresse un mur destiné à protéger la population saine, concentrée dans le sud du Japon, et ne sait trop comment agir devant ces hordes de zombies (elle a également du mal à gérer l’exode de millions de réfugiés fuyant la zone contaminée). Les responsables et la population sont divisés, certains ne voient en eux que des créatures dangereuses à exterminer, d’autres luttent pour leur conditionnement, en attendant de trouver un remède au virus. Dans ce chaos se dresse alors Kika, une jeune femme au cœur artificiel. En compagnie de quelques compagnons, elle va pénétrer dans Zombie Land pour tenter d’éliminer l’origine du fléau, une entité alien ayant pris le contrôle de Rikka, une serial killer responsable de la mort de son père…

Avec Helldriver, aussi incroyable que cela puisse paraitre, Nishimura pousse encore plus loin sa démarche artistique (déjà bien excessive), qui vise à offrir au public un spectacle toujours plus atypique et divertissant. Fort de cette approche, Helldriver se pose comme un métrage à la narration déstabilisante, qui fait fi des conventions (le générique se situe carrément au milieu du film, appuyant un twist étonnant dont l’impact touche autant le récit que son style de traitement), qui part souvent dans tous les sens, alterne les séquences comiques, les effusions gore et grouille de références cinéphiliques. En fait, Helldriver, c’est un gros bordel orchestré avec enthousiasme où se mêle le sentai, bien sur, mais aussi les cinémas de Peter Jackson (le délire trash de Bad Taste), Stuart Gordon et Brian Yuzna (Aux portes de l'au-delà et sa glande pinéale, les têtes de Réanimator), Sam Raimi (l’esprit Evil Dead est bien présent) David Cronenberg (la nouvelle chair de Vidéodrome), John Carpenter (le mur de New York 1997), George Miller (la poursuite de Mad Max), George A. Romero (la série des  Zombies) et bien d’autres, le tout traité avec un style potache – dérivé nippon de l’humour de Lloyd Kaufman - qui peut paraitre lourd, mais qui touche par sa sincérité et sa générosité. Ainsi, blindé de tant de références, doté d’une séquence finale explosive bourrée d’effets spéciaux, Helldriver pouvait donc s’annoncer comme le meilleur film de V-Cinema jamais tourné. Pourtant, il n’en est rien. Le constat amène même la conclusion inverse. Les raisons de ce demi-échec en sont multiples et se situent autant dans le fond que dans la forme.

Tout d’abord, on est triste de constater que Nishimura a presque complètement gommé les aspects sexués de son humour trash. En effet, alors que la force de ses précédents films repose en bonne partie sur la présence de nombreuses métaphores sexuelles extrêmement bien amenées, Helldriver se montre excessivement avare dans l’usage de symboles phalliques et vaginaux en tous genres. Seule, en début de métrage, la séquence où l’héroïne se sert du cou démesuré d’un zombie comme d’une barre de striptease, nous rappelle que Nishimura est un sacré polisson. A cette scène très drôle vient se rajouter un modeste plan où une jeune schoolgirl se fait dévorer les tétons par des zombies, des gerbes de sang jaillissant de ses seins béants. Un constat qui semble maigre quand l’on se souvient des extraordinaires passages de Tokyo Gore Police, par exemple.

Ensuite, si le cinéaste égratigne quelques sujets de société, comme les droits de l’homme, la surpopulation des villes, la malbouffe (qui touche désormais aussi le Japon), la violence policière, il abandonne les questionnement critiques intéressants - joliment approchés dans Tokyo Gore Police, Machine Girl et même Mutant Girls Squad - portant sur les conditions de la jeunesse japonaise. Privé de ces divers éléments thématiques (qui font de Nishimura une sorte de disciple blagueur de Shinya Tsukamoto), Helldriver apparait alors comme un film peu pertinent (un peu vain ?), principalement axé sur la débauche d’effets sanglants et loufoques.

Et, malgré la présence d’un groupe de héros assez sympathique et d’une impressionnante vilaine (Rikka), c’est peut-être pour cela que Helldriver apparait comme un film trainant en longueur. En effet, en peine de matériaux narratifs accrocheurs, le métrage tire ses deux heures (une demi-heure de trop !) de manière parfois très poussive, surtout au cours de sa première partie. Et si la deuxième heure se montre nettement meilleure, avec un surcroit d’énergie et où l’on retrouve un Nishimura inspiré dans le domaine des maquillages et des effets spéciaux (toujours ce mariage réussi entre le style subversif de Screaming Mad George et celui, puéril, des techniciens de sentai), il est hélas trop tard pour récupérer totalement l’attention d’une audience un peu lassée du spectacle. On a même parfois l’impression que, conscient du manque punch de l’entame de son œuvre, Nishimura tente de corriger le tir avec un déchainement orgiaque d’effets spéciaux complètement fous. Cependant, le tout est parfois mal amenée, bien moins chorégraphié que dans ces précédents films, et l’ensemble, bien qu’impressionnant, pèche par excès, jusqu’à en devenir presque indigeste.

Pour interpréter le rôle principal, Nishimura a fait appel à la svelte Yumiko Hara, une jeune comédienne quasiment inconnue. Si elle est (très) loin d’être la plus jolie des actrices japonaises de V-Cinema, force est d’admettre qu’elle se débrouille très bien dans les chorégraphies de combat. Je lui préfère toutefois les « bombes » Eihi Shiina (une actrice découverte dans Audition, de Takashi Miike, et qui nous avait offert une belle performance, dans un rôle pas facile, dans Tokyo Gore Police), Cay Izumi (Vampire Girl vs Frankenstein Girl, RoboGeisha, Mutant Girls Squad) et Asami(Meatball Machine, The Machine Girl, Robo-geisha). Hors, si la première se voit confier un rôle de choix (elle interprète Rikka, le personnage le plus réussi du film), les deux autres ne se sont vus proposer que des rôles de soutien. Il faut même attendre les dernières minutes du métrage pour voir apparaitre Asami, toujours aussi sexy lorsqu’elle est énervée et armée d’une tronçonneuse.

La conclusion de

Si Helldriver est un spectacle qui ne va pas manquer d’intéresser les fans de V-Cinema, force est d’admettre que le film déçoit. Non pas que Nishimura est fait preuve de mercantilisme en ayant accouchée d’une œuvre bâclée - au contraire, Helldriver apparait, du point de vue technique, comme son projet le plus ambitieux - mais par le fait qu’en voulant aller encore plus loin dans sa démarche artistique, il a péché par excès. Trop long, trop brouillon, ne s’appuyant que sur sa force graphique pour nous divertir, Helldriver se pose au final comme un spectacle impressionnant dans le domaine du gore comico-trash mais plombé par un traitement parfois ennuyeux.

Que faut-il en retenir ?

  • Eihi Shiina, magnifique
  • Une orgie d’effets gore
  • Des gags débiles qui fonctionnent souvent
  • Des combats bien nerveux
  • Des maquillages surprenants

Que faut-il oublier ?

  • Un récit qui tire en longueur
  • Un montage un peu brouillon
  • Un traitement moins osé qu’à l’habitude

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