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Critique du film : Yéti, le géant d'un autre monde [1978], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 5 novembre 2011 à 00h03

L’attaque du Bisounours de trente pieds

Annoncé comme ça, tout de go, le nom de Gianfranco Parolini ne vous dit peut-être rien. Par contre, si je cite quelques titres, comme Goliath contre les géants ou Les dix gladiateurs, de suite, les yeux des plus anciens d’entre vous, notamment de tous ceux qui, jadis, étaient des spectateurs inconditionnels du cinéma de quartier de Jean-Pierre Dionnet, vous s’illuminer d’une lueur emplie de nostalgie. Car Gianfranco Parolini, réalisateur de ce Yéti, le géant d’un autre monde, a construit le début de sa carrière dans les années 60 en oeuvrant (à la plume comme derrière la caméra) dans le registre du peplum. On lui doit ainsi quelques sympathiques métrages plein de bonhommes huilés en jupette, citons par exemple, un Samson contre Hercule (1961) et un Hercule se déchaine (1962) - les deux avec Brad Harris dans le rôle principal - qui sont des films modestes mais d’assez bonne facture.

La mode du sword and sandals passée, Gianfranco Parolini, alias Frank Kramer, suivit ensuite sans complexe les tendances européennes du moment. Le thriller policier dans la deuxième moitié des années 60 (avec la série «krimi» des Commissaire X) et le western spaghetti dés le début des années 70, registre qui lui doit la bonne série des Sabata et un le premier film consacré à Sartana (Si incontra Sartana, prega per la tua morte, 1968). Le cinéaste a pris sa retraite depuis la fin des années 80 et, avec le recul, il laisse incontestablement l’image d’un artisan consciencieux, assez doué derrière une caméra, à l’écoute des souhaits de son audience et, même si aucun de ses films ne peut être considéré comme un chef d’oeuvre, il n’en reste pas moins qu’ils méritent la considération des cinéphiles, notamment ceux qui sont intéressés par le cinéma transalpin.

Par contre, Gianfranco Parolini s’est rarement penché sur la SF. Avant 1977, il ne s’était aventuré qu’une seule fois dans le genre, et encore, dans le cadre d’une aventure d’espionnage aux senteurs de comédie (Les Trois Fantastiques Supermen, 1967). Autant dire, pas grand-chose. Par conséquent, Yeti, le géant d’un autre monde, est son seul  véritable essai dans le domaine. Le projet était ambitieux… Dommage que le résultat soit complètement raté.

Le scénario de Yeti, le géant d’un autre monde, récupère tellement d’éléments de King Kong qu’il peut être présenté comme une énième variation construite sur le mythe. Gianfranco Parolini et la production cherchaient bien entendu, à l’époque, à profiter de l’engouement causé par la sortie, un an plus tôt, du blockbuster de John Guillermin et séduire les distributeurs américains (pour la petite histoire, sachez que cela n’a pas fonctionné). Produit à grands renforts de millions de dollars par la famille De Laurentiis, ce mélange de film d’aventure, de thriller animalier et de film catastrophe (très à la mode dans le début des années 70), doté d’effets spéciaux extraordinaires (et d’une Jessica Lange belle à mourir!) fut un colossal succès et, en 1977, l’enthousiasme du public n’était pas encore totalement retombé.

Le récit de Yeti, le géant d’un autre monde, rompt avec la tradition de King Kong et ne débute pas dans une île tropicale, mais dans les contrées polaires du Groenland. Usant d’explosifs, une équipe de forage découvre une étrange créature piégée dans la glace. Mobilisé sur place, un (très) petit groupe de scientifiques dirigé par le professeur Waterman, sorte de version transalpine du professeur Tournesol, dégage la créature et entreprend de la réanimer par rayonnement d’UV (la méthode est simple, on met le yéti gelé dans une cage, que l’on accroche à un hélico, et on joue les Icare). Mais toute cette opération ne se fait pas sans attirer les médias, encouragées par l’organisateur de l’expédition, un businessman, ami de Waterman. Arrive alors une horde bruyante de journalistes et de photographes (usant de flashs alors que la scène se déroule en extérieur jour), accompagnée d’une cohorte d’officiels. Cette foule, le Yéti (qui n’en n’est donc pas un, mais plutôt un gigantesque homme préhistorique) va la prendre comme une menace et, par pur réflexe défensif, devenir « grincheux ». Seule Jane, la nièce du professeur, semble avoir une influence bénéfique sur le comportement de la créature...

Yéti, le géant d’un autre monde, est un film aussi bizarre que nul (et vice-versa). Il débute comme un film SF des années 50 (on pense surtout à La Chose surgit des ténèbres) lorsque l’on voit des murs de glace éclater sous l’action des explosifs, avant de se voir introduire des éléments « comiques » (l’arrivée du businessman, aux allures de Toto), et, enfin, de verser dans un mix entre le remake fauché de King Kong, le thriller d’espionnage et le film jeunesse plein de mièvrerie. Dans ce métrage, l’on a donc droit à la jeune fille naïve qui prend en pitié un gros monstre poilu, qui lui-même voit en elle une version miniature de sa chère et tendre préhistorique; un gamin handicapé qui se lamente d’avoir perdu sa réplique de Lassie; une bande de malfrats qui veulent faire foirer l’opération yéti ; un scientifique farfelu et son ami homme d’affaire qui n’est guère plus sain d’esprit. Une histoire improbable et puérile, donc, mise en boite à travers une réalisation très académique, Gianfranco Parolini faisant preuve d’une certains application sur le plateau. Un contraste étonnant !

Mais tout cela n’est que menu fretin comparé au Yéti! Roulant des yeux ou la bouche bée (lorsqu’il observe les humains) ou montrant les dents, menaçant à la manière d’un chat et barrissant comme un éléphant (lorsqu’il est en rogne), le Yéti assure, c’est certain, le spectacle! Incarné par un acteur recouvert d’une panoplie en fourrure et ornée d’une coiffure léonine, la créature est d’un ridicule absolu et nous offre un spectacle désopilant. Je me suis rarement autant marré à voir un monstre écraser (enfin, écraser est un bien grand mot car les incrustations sont tellement approximatives que l’on a souvent l’impression que le pied rate ses cibles) de ses pieds velus une foule paniquée qui, victime d’un montage foireux, coure dans le mauvais sens. En fait, comme les effets spéciaux de Yéti, le géant d’un autre monde, rivalisent de nullité avec le scénario, il en résulte des scènes mémorables tant du point de vue technique que narratif, comme celle marquant l’arrivée du yéti en ville. Entravé par deux bouts de ficelles, cerné par un mince cordon de policiers, il va inévitablement échapper à tout contrôle. Le ridicule de la scène est amplifié par des effets de transparence complètement foireux, les acteurs italiens se baladant sur l’image sans qu’aucun effort ne soit fait pour masquer le processus d’incrustation.

Enfin, pour finir, un petit mot sur un détail qui a son importance quand l’on se penche sur le cachet « nanar » de ce film : le doublage français. Dans le domaine, Yéti, le géant d’un autre monde œuvre dans le même registre que les bis philippins des années 70. Mention spéciale à Antonella Interlenghi, qui interprète Jane, et qui se voit infligée un doublage niais, évoquant des propos débités par une gamine de 5 ans.

La conclusion de à propos du Film : Yéti, le géant d'un autre monde [1978]

Nicolas L.
30

En construisant Yéti, géant d’un autre monde, Gianfranco Parolini avait pour ambition de proposer un film familial spectaculaire. Malheureusement pour lui, et les spectateurs, il n’en a pas eu les moyens. On pourrait même qualifier ce film de véritable fumisterie, tant du point de vue scénaristique que technique. Reste le coté nanar, apte à satisfaire tous les amateurs.

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise ne scène convenable
  • Involontairement désopilant

Que faut-il oublier ?

  • Montage et effets spéciaux calamiteux
  • Scénario débile
  • Un yéti pas du tout effrayant
  • Un mélange de genres foireux

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