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Le Météore de la nuit >

Critique du Film : Le Météore de la nuit

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 20 octobre 2011 à 23:57

Des aliens en Arizona

Cinéaste à la carrière bien remplie, l’américain Jack Arnold est surtout connu pour ses oeuvres de science-fiction toutes réalisées, entre 1950 et 1960, pour le compte de Universal Pictures. Durant cette période, cet habile artisan (qui finit sa carrière à la télévision) offrit aux fans de fantastiques quelques uns des plus grands classiques du genre, comme Tarantula! (1955) ou L'Etrange Créature du lac noir (1954).  Un peu méprisé de son vivant, Jack Arnold est aujourd’hui considéré comme l’une des personnalités majeures de l’histoire du cinéma, et ses films indémodables, après avoir bercé l’enfance de grands réalisateurs contemporains, comme Steven Spielberg et John Landis, continuent d’inspirer quantité de cinéastes.

Sorti sur les écrans américains en 1953, Le météore de la nuit est à la fois le premier long métrage et le premier succès de Jack Arnold. Le scénario est construit sur une histoire originale de Ray Bradbury. Et il laisse transparaître toutes les préoccupations humanistes et philosophiques de ce génial écrivain. Ainsi, on ne retrouve pas dans ce récit les habituels aliens belliqueux si chers à cette période du Maccarthisme. Au contraire, doté d'un bon sens critique, le film pointe du doigt les tendances paranoïaques des américains. Le titre original, It Came From Outer Space, imprimée sur une affiche sur laquelle apparaissent des citoyens effrayés, introduit d’ailleurs de belle manière le sujet développé par le film, à savoir la peur de l’étranger, de la différence.

Dans Le météore de la nuit, un vaisseau extra-terrestre s’écrase dans une zone désertique de l’Arizona. Pour assurer leur sécurité, et éviter d’effrayer les autochtones, les visiteurs se dissimulent dans la population en empruntant l’apparence de  certains des habitants de la région. Mais ils ne vont pas réussir à garder très longtemps l’anonymat (si leur ressemblance physique est étonnante, ils trahissent leur déguisement par une démarche très mécanique et l’absence d’expressions), et la population locale va alors avoir une réaction répulsive très agressive. Seuls un scientifique et une jeune institutrice vont adopter la bonne attitude en cherchant à communiquer, mais cela va-t-il suffire à éviter que cette rencontre du troisième type tourne en un violent affrontement xénophobe?

Derrière la caméra, Jack Arnold s’attache à rendre les plans les plus efficaces possibles. Pour entretenir le suspense, il utilise une vue subjective, le spectateur se voyant placé selon le point de vue de l’alien. L’usage d’une lentille déformante, de type fisheye nous laisse supposer que la créature pourrait être un cyclope doté d’un oeil étrange. En face de la caméra, le jeu des comédiens qui simulent le plus grand effroi (bien aidé par l’excellente bande sonore d’Henry Mancini, l’un des compositeurs les plus doués de sa génération), achève de dresser le portrait imaginaire des extra-terrestres, qui se veut donc fortement terrifiant. Bref, Jack Arnold recycle avec habileté des méthodes subjectives traditionnelles, retardant le plus possible l’apparition à l’écran de ces fameux visiteurs de l’espace (hormis lorsqu’ils se présentent sous une apparence humaine, bien entendu).

En dernière partie de métrage, quand, surgissant de l’obscurité d’une mine, l’on aperçoit pour la première fois l’un de ces naufragés de l’espace, l’on se dit que Jack Arnold a sacrément bien fait de retarder l’échéance le plus longtemps possible. En effet, force est de dire que si ce ridicule monstre en caoutchouc dégage aujourd’hui un incontestable charme kitch, il est loin d’être aussi effrayant que voudraient nous le faire croire les comédiens. Bud Westmore, vraiment peu inspiré (il le sera nettement plus deux ans plus tard avec L'Etrange Créature du lac noir, l’un des monstres les plus réussis de l’histoire du cinéma) rivalise ici dans la médiocrité avec des bricoleurs fauchés comme Paul Blaisdell (la création de Westmore évoque d’ailleurs le monstre ridicule de It Conquered the World). Il faut croire que cinéaste est bien conscient de la piètre qualité du travail de son technicien, puisque, pour la rencontre finale entre l’équipage du vaisseau spatial et les héros, les aliens adoptent une apparence humaine (on se rend d’ailleurs aussi compte, fait étrange, que la structure du vaisseau est plus adaptée à leur physique d’emprunt que à leur véritable forme...).

Le météore de la nuit séduit également par son casting, et notamment par ses premiers rôles. C’est Richard Carlson, l’un des grands noms d’Universal Pictures, qui s’est vu confié la tache d’interpréter le docteur John Putnam.  Rompu aux rôles d’intellectuels dynamiques, dans la plus pure tradition du serial, cet élégant comédien au profil de gendre idéal (il est également très à l’aise en cow-boy justicier ou en courageux officier) est, comme d’habitude, parfait, notamment quand il vole au secours de sa belle, retenue par les extra-terrestres. Le Météore de la Nuit n’est pas le seul film qui vu collaborer Richard Carlson et Jack Arnold, on les retrouvera deux ans plus tard tous les deux au générique L’étrange créature du lac noir.

C’est Barbara Rush qui est chargée d’entretenir la touche glamour du Météore de la nuit. Cette comédienne à la jolie filmographie (Le bal des maudits, en 1958, avec Marlon Brando, Dean Martin et Montgomery Clift, marque le sommet de sa carrière), qui a oeuvré pour la Paramount et Universal Pictures, nous envoûte ici par son charme. C’est une certitude, le noir et blanc lui va à ravir, quelque soit l’attitude qu’elle adopte. Dans certains plans, comme lorsqu’elle joue sa «réplique» alien, debout dans le désert, le port haut, la jeune femme dégage une beauté style «femme fatale" rivalisant avec celle des plus grandes stars de l’époque. A coté de cela, elle peut aussi afficher une certaine fragilité ingénue, qui rend bien efficace les quelques séquences romantiques. Enfin, elle prouve également qu’elle fait une scream queen très performante, les hurlements horrifiés qu’elle pousse lors de ses rencontres avec les créatures étant très riches en décibels.

Dernier acteur a avoir un rôle d’importance, Charles Drake incarne un personnage qui se veut le symbole de la bêtise humaine. En shérif xénophobe, il fait un petit tour du coté des bad guys - lui qui était plus habitué au rôle de gentils -,  même si l’officier Jake Warren n’est pas à proprement parlé un méchant. Il faute plutôt par ignorance et son comportement va d’ailleurs s’adoucir en deuxième partie de métrage. Une changement progressif d’attitude, qui suit grossièrement celui de l’opinion publique et qui va amener une fin ouverte sous forme de happy end, qui colle parfaitement à l’optimisme général du cinéma de Jack Arnold.

75

Le météore de la nuit peut être considéré comme le coup d’essai du futur grand Jack Arnold, celui de L’étrange créature du Lac Noir, de Tarantula, ou de L’homme qui rétrécit. On y trouve déjà un cinéma appliqué et poétique, aux prises de vue élégantes, s’appuyant sur un solide jeu d’acteur. Quelques faiblesses transparaissent, évidemment. On pense surtout à des effets spéciaux rudimentaires et des extra-terrestres ridicules, ainsi qu’une certaine naïveté dans le traitement. Mais tout ça est bien peu de chose comparé au charme qui se dégage de l’œuvre…

Critique de publiée le 20 octobre 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation très élégante
  • Un superbe noir et blanc
  • Une atmosphère angoissante bien entretenue
  • Un casting solide

Que faut-il oublier ?

  • Des FX ridicules
  • Un final un peu naïf

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