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Critique du Film : Vampires
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Critique du Film : Vampires

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 26 juillet 2011 à 1757

Bonne nuit chez vous !

Georges, Bertha, Samson et Grace forment une famille belge un peu particulière : ce sont des vampires. En dehors de ce détail, leur vie quotidienne ne diffère guère de celle des autres ménages, avec ses tracas habituels, ses crises d’adolescence et la présence de voisins encombrants. Evidemment, le fait de ne vivre que la nuit et de devoir se nourrir exclusivement de sang humain présente quelques particularismes, comme d’avoir à son domicile une domestique faisant également office de « viande ».  C’est cette vie un brin marginale que va tenter de nous faire découvrir une équipe de télévision, tout en essayant de ne pas trop s’approcher des crocs de leurs hôtes…

Vampires n’est pas la première comédie exploitant le mythe vampirique. D’ailleurs, on ne compte même plus le nombre de parodies récupérant des clichés et des éléments fantastiques principalement tirés de l’œuvre de Bram Stoker. En général, par le passé, le résultat fut assez moyen, voire très médiocre. Même les grands maîtres du comique américain, comme Mel Brooks avec son Dracula, mort et heureux de l'etre, eurent le plus grand mal à rendre leurs métrages efficaces – par respect pour Bela Lugosi, nous jetterons même un voile pudique sur la lourdeur pelliculée d’Abbott et Costello. Dernièrement, les studios d’outre-atlantique nous ont offerts deux comédies ; le très mauvais spoof movie Mords-moi: sans hésitation et le sympathique film canadien Suck, qui mêle rock n' roll et mythe vampirique, parodiant ainsi les films produits durant les années 80, époque propice à ce mélange de genres. En France, par contre, les parodies vampiriques se comptent sur les doigts d’une main. Cette rareté a l’avantage d’avoir porté les très médiocres métrages que sont Les Charlots contre Dracula (1980) et Dracula père et fils (1976) au statut d’œuvres cultes. Plus récemment (preuve que la Twilight mania touche également le cinéma hexagonal), Stephen Cafiero et Vincent Lobelle nous proposaient Les Dents de la nuit (2008), une sorte de spoof franchouillard, inégal mais riche de quelques bonnes séquences. Bref, voici pour un rapide panorama – non exhaustif, bien entendu – du petit univers de la comédie vampirique.

Ici, avec Vampires, Vincent Lannoo détourne avec malice les courants actuels ; la mode du vampire moderne, le docu-fiction à la [REC.] et mockumentary télévisuel. Ce faisant, il remonte aux sources du cinéma « vérité » belge, emprunt d’humour noir et fortement critique. Il colle tant à ces préceptes que dés les premières minutes de Vampires, on pense à C’est arrivé près de chez vous. Cela aurait pu être dommageable mais, fait remarquable, le comparatif n’est jamais (hormis une petite chute de rythme dans le dernier tiers du film) en défaveur du film de Vincent Lannoo, principalement grâce à une qualité d’écriture, et une prise de risque, qui force le respect. Pour citer un exemple, dans Vampires, on voit un gouvernement belge qui profite de l’existence de ces créatures meurtrières pour limiter l’immigration clandestine en livrant les indésirables aux crocs des familles vampires, ce qui entraîne quelques situations aussi drôles que politiquement incorrectes. Voici quelque morceaux choisis :
- je vous amène votre boudin du jour» : un complice livrant aux vampires un immigré africain.
- J’en ai même marre de manger des noirs, c’est amer, c’est dégueulasse » : Grace, la fille, qui fait la gueule à table.
- La Belgique est un pays génial, avec ces gens tout gris, on peut tout se permettre » : Georges, le père, devant la caméra des journalistes.
Autre élément aussi drôle que caustique : la présence de la « domestique », une ancienne pute venue des pays de l’est, qui sert de repas quotidien à la famille vampire, et qui déclare, soumise, que sa condition n’est finalement pas pire qu’avant.

Comme dans C’est arrivé près de chez vous, Vincent Lannoo entretient une atmosphère décalée, traitant les moeurs horribles des vampires (car ces créatures n’ont vraiment rien d’inoffensif) comme des actes inoffensifs et naturels, voire amusants. Le talent des comédiens, très à l’aise devant la caméra épaule (Vera Van Dooren, en goule frapadingue, est absolument géniale), contribue à entretenir ce climat délicieusement horrible. Le cinéaste s’appuie également sur un scénario construit à la manière d’une fresque familiale, qui donne aux personnages de véritables identités. Ainsi, la jeune Grace vit très mal son adolescence vampirique et n’aspire qu’à devenir humaine, et mourir comme telle. Rebelle, elle amène à la maison des amants humains, au grand dam du reste de la famille. Il y a aussi  les voisins, un couple traditionnaliste, vampires de vieille souche, qui ne supporte plus de vivre dans une cave exiguë. Pour sortir de ce trou et obtenir un vrai logis, la loi vampirique belge exige qu’il donne « vie » à un enfant. Problème : la belle maîtresse de maison ne peut s’empêcher de les dévorer. Samson, lui, est le stéréotype du fils crétin. Mais il ne manque pas d’humour, comme lorsqu’il ramène à la maison une victime particulière : un paraplégique. « Comme ça, l’on a maintenant la viande (la domestique) et le légume ! »

Les vampires belges, en plus d’aider le gouvernement, participent à la vie économique du pays. Ils n’achètent pas de produits de consommation courante mais ont leurs propres besoins. Parmi les principaux bénéficiaires de leur présence, il y a les entreprises de pompes fenêtres. Les jeunes vampires aiment en effet suivre la mode en matière de literie alors que les plus anciens apprécient le fumet des vieux cercueils.
- Les vampires sont-ils des bons clients ? demande le journaliste à un gérant de pompes funèbres (Julien Doré).
- Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui achètent plusieurs cercueils au cours de leur vie ? »
Les vampires doivent également se plier à la loi du clan, et Samson, le jeune écervelé, va se rendre compte à ses dépends que l’on ne baise pas la femme du chef, eut-il l’apparence d’un gamin de douze ans.

Force est d’avouer que Vampires perd un peu en rythme et en intérêt dépassé sa première heure (le voyage du fils à Londres est assez poussif). Heureusement, en envoyant sa famille de vampires belges en exil au Québec, il relance un peu l’intrigue et évite l’essoufflement complet.  L’introduction d’un nouveau personnage très réussi, le leader de la communauté vampire québécoise, amène même quelques moments assez réjouissants, de par la manière dont celui-ci nous présente sa vision du rêve américain.

La conclusion de

Même s’il souffre d’un petit essoufflement dans son dernier tiers, Vampires est un mockumentary fantastique bien drôle. Armé d’un scénario bien écrit, riche en éléments aussi amusants que politiquement incorrects, Vincent Lannoo réussit à nous offrir un spectacle délicieusement cynique qui évoque, sans souffrir de la comparaison, le désormais cultissime C’est arrivé près de chez vous. Le pari était risqué et en conséquence, même s’il n’est pas parfait, Vampires mérite toute l’attention des fans de comédies fantastiques.

Que faut-il en retenir ?

  • Une comédie efficace
  • Des excellents comédiens
  • Délicieusement cynique

Que faut-il oublier ?

  • Un léger essoufflement dans son dernier tiers

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