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Bloodrayne: The Third Reich >

Critique du Film : Bloodrayne: The Third Reich

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 4 juillet 2011 à 18:07

Rayne vs les vampires SS

Après avoir successivement envoyé Rayne la damphir dans un âge médiéval de carton-pâte et un univers western de carte postale - à travers deux films aussi nuls que désopilants - Uwe Boll récidive en amenant l’héroïne aux dents longues dans une période plus proche de la nôtre, puisqu’il s’agit de la seconde guerre mondiale. Ainsi, sans que l’on ne sache trop comment (ni pourquoi!) Rayne se retrouve dans l’est, engagée dans une lutte solitaire contre les vilains nazis. Au cours d’une de ses opérations commando, elle fait la connaissance d’un groupe de résistants et décide de les rejoindre. Toute à ses préoccupations, elle ne se rend pas compte qu’elle a contaminé un officier supérieur allemand qui, transformé en vampire et assisté d’un médecin dément, se prend de rêves hégémoniques à la Iznogoud.

Coiffé d’un ridicule bonnet en cuir, engoncé dans une combinaison dont le bustier tente de rehausser une poitrine finalement peu généreuse (on pourra le vérifier lors des quelques très pudiques plans de nu, totalement gratuits, que nous offre Uwe Boll), l’actrice Natassia Malthe (dont l’absence de talent ferait presque passer le reste de l’interprétation pour des performances de haut vol) se voit à nouveau maltraitée par la caméra d’un réalisateur qui n’a toujours rien pigé aux codes du cinéma d’action. On l’avait déjà remarqué dans Far Cry ; Uwe Böll est encore plus empoté pour filmer des gunfights que des passes d’arme médiévales. Cadré et monté avec les pieds (palmés qui plus est), Bloodrayne: The Third Reich stupéfie par son absence de rythme, même lors des scènes de combat, et ce n’est pas les quelques plans accélérés – introduits de manière forcée - qui améliorent les choses. Au final, l’héroïne (déjà handicapée par son allure de Sélène cheap) affiche la même souplesse qu’un éléphant arthritique et la grâce d’une vieille vache. Pas vraiment génial pour représenter la puissance féline d’une vampire (pardon, damphir), et le comble quand l’on sait que s’il y en a une qui se doit d’avoir le pied léger, c’est bien l’actrice norvégienne, qui a sur son CV une carrière de danseuse de ballet. Le cinéaste n’arrive même pas à rendre cet ancien model sexy, c’est dire son incompétence...

Pour ce qui est du scénario, on peut accorder à Uwe Böll le fait que l’idée de base est intéressante: des nazis qui veulent utiliser les pouvoirs vampiriques pour les aider à conquérir le monde. On nage en plein imaginaire pulp, et même si l’occultisme (et le fantastique) et le nazisme ont déjà souvent été liés en d’autres occasions, le pitch s’avère séduisant. Par contre, pour ce qui est du traitement, c’est une tout autre affaire. Bourré de clichés, le script de ce troisième volet n’est qu’un enchainement d’éléments récupérés (et massacrés) de diverses œuvres références et reliés entre eux avec la finesse d’un bucheron canadien. Le pire étant peut-être le cas du docteur Mangler - qui évoque à la fois le docteur Menguele (notez dans le nom toute la subtilité d’Uwe Böll) et Logan, le chirurgien fou de Jour des morts-vivants - dont la construction est si caricaturale et excessive (il charcute un vampire étendu sur une table d’opération sans aucun raison, tailladant au hasard de son scalpel, tout en ricanant, le corps du pauvre type) que le personnage en devient ridicule.

Bloodrayne 3 est aussi trop bavard. Surtout que les protagonistes n’ont rien à déclarer de très pertinent. En conséquence, les passages dialogués, et il y en a beaucoup (comme les longues déclarations « pseudo-scientifico-philosophiques » du docteur Mangler ou les discussions sur fond d’éthique entre les résistants) sont excessivement chiants. Presque autant, d’ailleurs, que les séquences saphiques se déroulant dans le bordel (cliché!), qui sont totalement dénuées d’un quelconque érotisme. Jamais je n’avais visionné avec si peu d’intérêt une longue (très longue…) séquence où deux jolies filles à poil se font des papouilles. Pire, j’ai baillé aux corneilles. On peut également signaler des incohérences qui, elles, ont au moins le mérite de provoquer quelques fous rires, comme lorsque, prisonniers dans un convoi qui les amène à Berlin, Rayne et le chef des résistants préfèrent se lancer dans une surprenant partie de baise (pas plus excitante, d’ailleurs, que celle du bordel) plutôt que d’essayer de s’évader. Heureusement pour eux, leurs amis interviendront suffisamment tard pour qu’ils aient eu le temps de renfiler leurs frocs. Autre moment étonnant, donc drôle: Rayne qui est soudainement attaqué par deux vampires sortis de nulle part, sans que l’on ne nous explique ce qu’ils fichaient dans cette rue sombre et pourquoi ils étaient armés d’épées. Une sorte d’interlude narratif, aussi injustifié que rapidement expédié (oui, car, en plus, les deux importuns sont nuls).

La mise en scène et la réalisation nous réservent également quelques perles dont seul Uwe Böll (et quelques autre incompétents persévérants) a le secret. Des soldats allemands qui sont projetés par le souffle d’une petite explosion se déroulant en fond de cadre, des figurants tombant mollement sous des balles invisibles dans le sens inverse des échanges de tirs, des protagonistes qui, par la magie du faux raccord, disparaissent ou se téléportent à travers l’écran. Bref, on devine une fois qu’Uwe Böll, emporté par son enthousiasme (ou sa fumisterie) s’est contenté d’emmagasiner des images en jouant la carte «une seule prise». Des coups de poker probablement tentés en raison du manque de possibilité de refaire les séquences les plus onéreuses (le film ne manque pas d’effets pyrotechniques destructeurs). Mais comme l’ensemble manquait de préparation, le résultat à l’écran est souvent débile. Seul aspect positif ; Uwe Böll aime les pétards et la démesure et même s’il n’a pas les moyens de Michael Bay, ça pète de partout.

Enfin, une chose qui m’étonnera toujours chez Uwe Böll, c’est sa capacité à réunir des castings, sinon prestigieux, du moins composés de comédiens connus. On peut même désormais dire qu’il s’est construit une petite cour de fidèles, qu’il s’obstine à ridiculiser avec des rôles stupides. Ce mec a un don d’hypnose, ou quoi? Uwe Böll serait-il un gourou? La trilogie BloodRayne qui a attiré, entre autres, Kristanna Loken, Michael Madsen, Zack Ward, Michelle Rodriguez, Billy Zane ou l’oscarisé Ben Kingsley (excusez du peu !) n’échappe pas à la règle. Dans ce troisième volet, on trouve Michael Paré (qui incarne un commandant SS qui, devenu vampire, rêve de remplacer Hitler), Brendan Fletcher (comme Paré, il est l’un des plus fidèle disciples de Böll ; il n’est pas trop nul en chef de la résistance) et surtout Clint Howard, qui pousse très loin son amour de la série B en acceptant de voir son nom au générique de ce navet. Le frère cadet de Ron Howard interprète ici le docteur Mangler. En scientifique allumé, il fait dans le sur-jeu total. C’est bien simple, en comparaison, on pourrait accuser Jeffrey Combs de faire preuve de trop de sobriété dans Réanimator. Cette manière de faire aurait pu être efficace dans le cadre d’un film parodique, mais là, le comédien est tellement ridicule qu’il en devient exaspérant. A moins que, finalement, Bloodrayne : The Third Reich ne soit une comédie…. Dans ce cas, je dois avoir quelques soucis de compatibilité avec l’humour allemand.

A notez que dans la version française la voix de l’héroïne est enrichie d’un zézaiement des plus inattendus. La cerise sur le gâteau du ridicule…

20

Dire que BloodRayne : The Third Reich est encore plus mauvais que les deux précédents opus est peut-être exagéré. On peut même avancer qu’il est un tantinet meilleur que le premier, si l’on prend en compte la différence de moyens engagés (BloodRayne, premier du nom avait couté presque trente millions de dollars, contre moins de dix pour celui-ci). Mais, décidemment, Uwe Böll est un réalisateur exécrable et il nous offre encore ici un film d’action sans rythme, bourré d’incohérences et de lacunes dues principalement à un je-m’en-foutisme éhonté. Il n’arrive même pas à faire de Natassia Malthe une héroïne sexy. Pfff

Critique de publiée le 4 juillet 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Nul et parfois drôle
  • Ça pète de partout

Que faut-il oublier ?

  • Une réalisation pitoyable
  • Un scénario débile
  • Un casting ridiculisé

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