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Critique du Téléfilm : The Banshee
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Critique du Téléfilm : The Banshee

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 10 juin 2011 à 1719

Le cri qui tue

L'Irlande, au 12ème siècle. Trois chevaliers du Temple, dont l'un équipé d'un étrange bouclier, traquent une femme fuyant dans des sous-bois. Ils s'apprêtent à la capturer quand, telle Céline Dion hurlant son amour à René, elle se retourne et pousse un terrible hurlement inhumain. Deux des chevaliers se roulent au sol, les tympans percés, le cerveau grillé, la langue pendante. Le troisième (sourd, probablement) ne se démonte pas (même s'il descend de son cheval) et, tel un héros de manga, lance son bouclier vers la créature (car, désormais, l'on a bien compris qu'il ne s'agit pas d'une femme ordinaire). En cours de vol, l'étrange bouclier se plie pour former une boîte de métal. Oh, chouette, un origami volant!.. Une boîte qui tombe et se referme sur la tête de la créature! Et voilà la banshee dans sa caisse! (Désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher...).

Je ne sais pas trop où (Roumanie, Hongrie, bref, un endroit où l'on tourne pour pas cher), quelques siècles plus tard. Un professeur d'archéologie à forte poitrine, accompagné d'un duo d'étudiants, met un peu d'ordre dans les archives poussiéreuses de l'université du coin. Durant leur opération de référencement, ils découvrent une caisse planquée dans une cache dégoulinante de morve. Evidemment, la caisse (sur laquelle est peint le nom Duncan) contient cette fameuse boîte made in Ireland. Grâce à un gantelet médiéval qu'ils viennent de réceptionner (coup de bol!), ils parviennent à lever le verrou magique et jettent un œil dans le réceptacle finement ouvragé. Argh! Horreur! La boîte contient une horrible tète coupée!
Après une première réaction de recul due à la surprise, la curiosité scientifique reprend le dessus. Enseignante et étudiants se mettent alors à étudier la relique.
- Cela n'a pas l'air d'une tête normale, commente la scientifique à la vue des énormes rangées de crocs qui ornent la gueule de la créature. Un homme déformé, peut-être, ou bien un animal sauvage." On remarque alors que la prof n'a pas que des gros seins, elle a aussi un sens aigu de la déduction.
C'est alors que la tête en partie intacte de la banshee ouvre un œil, claque une fois des mandibules, hurle et... explose!

Steven C. Miller s'est fait connaitre il y a quelques années avec Automaton Transfusion, une série Z à base de zombies qui s'est construit une petite réputation via une série de projections dans quelques festivals de cinéma fantastique. Si le film n'est pas particulièrement remarquable (notre critique est ici), son succès relatif n'a pas manqué d'attirer l'attention de Courtney Solomon (réalisateur médiocre reconverti en producteur peu exigeant), toujours à l'affut de jeunes cinéastes capables de remplir à moindre coût les catalogues de produits direct-to-DVD. Steven C. Miller se voit donc confier ici la mission, avec trois euros en poche, une gloire has been (Lance Henriksen) et une star botoxée de série TV (Lauren Holly), de mettre en scène un scénario d'Anthony C. Ferrante, basé sur la légende irlandaise des banshees, qui prouve une nouvelle fois qu'il est plus doué à manier le latex que la plume.

Le script de Scream of the Banshee est rempli d'incohérences à un tel point qu'il penche carrément vers la comédie involontaire. Chaque séquence pousse un peu plus loin le bouchon de l'absurdité, tant et si bien que l'on finit par y perdre ses repères réalistes. Au final, entre la boîte volante; la tête de banshee qui explose (mais pourquoi? hein, pourquoi?); la caisse planquée avec écrit dessus le nom, non pas du propriétaire, mais celui du type à qui il ne faut surtout pas la remettre; les successions d'illogiques hallucinations erotico-sanglantes, on assiste à une sorte de spectacle hésitant en permanence entre le thriller foireux et le film d'épouvante fauché. C'est simple, les plus anciens spectateurs auront l'impression de se retrouver projeté au milieu des années 90, devant l'une des VHS slavo-américaines des studios Full Moon Pictures.

La grosse surprise? Malgré l'handicap d'un scénario débile, Steven C. Miller s'en sort plutôt pas mal. Il fait en tout cas bien mieux que Christopher Ray, Jack Perez ou Steven R. Monroe, et autres réalisateurs empotés travaillant pour le compte de Syfy (le film est une co-production Syfy / After Dark Originals). Il parvient même (parfois) à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et nous amener à penser que Scream of the Banshee n'est pas si mauvais que ça. Il place plutôt bien ses caméras, passe rapidement sur les scènes les plus idiotes, insiste sur les quelques points intéressants (l'interaction avec le personnage de Broderick Duncan), use d'une photographie assez réussie et, surtout, mène son métrage avec un bon rythme. On peut donc dire que le travail du jeune réalisateur est satisfaisant, même sa qualité se retrouve un peu diminuée par des effets spéciaux cheap - avec notamment une banshee qui évoque pour moi la version live de madame Mim.

L'interprétation, un brin gêné par des personnages aussi caricaturaux que bancals, balance entre le calamiteux (le grimaçant et horripilant Todd Haberkorn, qui interprète un étudiant) et le surréaliste (Lance Henriksen, illuminé bedonnant, en peignoir et chausson, fusil en main). La star de NCIS, Lauren Holly, est là pour attirer le chalan fan de séries TV ; Leanne Cochran (Janice Jordan dans Green Lantern) et Marcelle Baer (vue dans Mords-moi: sans hésitation) servent essentiellement à retenir devant l’écran les amateurs de jolies filles.

La conclusion de

Scream of the Banshee est assurément l’un des moins mauvais films co-produits par Syfy. L’influence d’After Dark y est surement pour quelque chose, ce studio étant un peu plus exigeant sur la qualité de ses produits. Derrière la caméra, Steven C. Miller s’en sort plutôt bien avec des moyens limités. Il est dommage que le scénario soit si perfectible et que les personnages soient si transparents. La créature est de plus peu convaincante. Bref, un produit regardable. Sans plus.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation convenable
  • Une photographie de qualité

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario idiot
  • Une interprétation inégale
  • Une créature peu convaincante

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