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Critique du Film : L'Horrible Invasion
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Critique du Film : L'Horrible Invasion

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 2 juin 2011 à 0052

Araignée du matin...

Avec la toute récente annonce de la mise en chantier de son remake - et en 3D s'il vous plait! - il me semble utile de vous parler un peu de ce classique du cinéma de genre qu'est Kingdom of the Spiders. Produit par Dimension Pictures, ce film s'inscrit dans la grande mouvance des films d'agressions animales dont le porte-drapeau fut, dans les années 70, Bert I. Gordon (Soudain... les monstres, L'Empire des fourmis géantes). Comme beaucoup d'autres métrages exploitant le même thème, le film de John ''Bud'' Cardos (un acteur de séries B reconverti, pour le grand bonheur des fans de films bis, en réalisateur) traduit la naissance des premières véritables préoccupations écologiques. Le laborieux éveil d'une conscience collective qui, trente ans plus tard, va finir par nous hurler aux oreilles: "bande d'abrutis, vous êtes en train de saborder le bateau sur lequel vous êtes embarqués!"  En 1977, nous n'en étions pas encore là. Les concombres ne tuaient pas encore les gens. Du moins, ceux qui les consomment.

Dans L'horrible invasion, l'usage intensif de pesticides a détruit la réserve de nourriture des mygales installées dans le sud-ouest des Etats-Unis (bizarrement, elles n’ont pas été affectées). Elles vont donc chercher un autre moyen de subsistance – « la nature trouve toujours son chemin », disait Sir Richard Attenborough dans Jurassic Park. Ignorant totalement le dicton "les petites bêtes ne mangent pas les grosses" (dicton stupide d'ailleurs, demandez aux asticots), une colonie de mygales jette alors son dévolue sur le cheptel bovin d'un pauvre fermier black de l'Arizona (si, si, ça existe, du moins dans le cinéma de série B). La première victime de ce changement de régime alimentaire est une fière génisse de concours. Le fermier la retrouve un matin, agonisant dans le pré, la langue gonflée, les yeux torves et la cloche en berne. Incapable de diagnostiquer la cause de sa mort, le vétérinaire du coin se tourne vers les spécialistes de l'université de Tempe, qui lui envoie une sommité en la matière. Cerise sur le gâteau, elle est blonde et sexy.

En 1977, époque où l'image numérique n'était même pas encore un lointain concept, la méthode la moins perfectible pour mêler comédiens et créatures agressives au sein du même plan étaient d'utiliser des vieilles techniques de superposition d'image (avec les problèmes d'échelles qui, souvent, en résultaient). L'autre possibilité, à la condition que cela ne représente pas de danger pour les acteurs et les techniciens, était autant plus simple que moins onéreuse. Sous la direction de professionnels, des animaux étaient directement dirigés sur le plateau, au coté du casting humain. Le problème majeur de cette deuxième solution (qui nécessite des animaux, sinon dociles, du moins bien contrôlés) est qu'il met souvent en évidence le manque d'agressivité des "monstres". Nous pouvons, une nouvelle fois, le vérifier en visionnant cette invasion qui n’a finalement pas grand-chose d’horrible.

C’est un fait, même si ici la situation n'est jamais risible (on est loin du ridicule des Rats de Manhattan et de ses pauvres rongeurs terrifiés jetés à grands seaux sur les acteurs par des opérateurs situés hors cadre), force est de dire qu'elle n'est pas plus terrifiante. Difficile d'être effrayé (à moins que vous ne soyez arachnophobe) par ces araignées placides qui n'ont que leur multitude pour nous impressionner. Posées à même le sol ou sur les vêtements des figurants et comédiens, elles montrent une rassurante passivité qui jure totalement avec la panique qu'elles sèment sur leur passage. On peut même trouver assez louche le fait que, bien qu'affamées (ce n'est pas moi qui le dit mais la spécialiste envoyée sur place), elles ne mangent pas leurs victimes et se contentent de les tuer par empoisonnement avant de les emballer dans des cocons (« sur place ou à emporter ? »). Mais attention, ne vous méprenez pas, il est possible de passer un agréable moment en compagnie de ce modeste métrage de SF. A deux conditions.

La première est d'accepter sans rechigner les défauts mentionnés ci-dessus. Après tout, ces araignées ne sont pas terrifiantes pour un sou mais, au moins, elles sont réelles, très nombreuses, et plus convaincantes que des images CGI trouvées dans les productions bas de gamme actuelles. La deuxième est de voir ce film comme une sorte d'hommage au cinéma de drive-in des années 50. Ainsi faisant, vous en apprécierez que plus l'atmosphère vintage qui se dégage d'une oeuvre qui apparaissait déjà désuète dans les années 70. Dans L'horrible invasion, on voit un sympathique vétérinaire prendre au lasso sa belle-soeur, un couple de black arborer un sourire sadique en admirant une colonie d'araignée en feu, des gens paniqués courir en rond dans une rue (histoire de repasser régulièrement devant la caméra), une jolie scientifique au profil piqué aux vieilles prods Universal ou AIP, un shérif très - mais alors très – malchanceux et un héros sacrément courageux. Bref, plein de petites choses qui, appuyées par une réalisation ultra kitch (ah, ces plans de carte postale sur fond de musique country !), génèrent un incontestable capitale sympathie.

On y voit aussi William Shatner. Youpi.

On ne dira jamais assez combien ce comédien est génial et attachant. Le public a trop tendance à l'oublier (si tant est qu'il ait su). La faute au capitaine Kirk, le mec hyper sérieux en pyjama bleu. Ce rôle a certes contribué à faire de lui une star reconnue dans le monde entier mais, paradoxalement, il en a fait aussi un artiste sous-estimé. William Shatner est un acteur doué et certaines facettes de son talent sont restées peu exploitées, notamment ses aptitudes dans le domaine de la comédie. C’est un homme doté d'un grand sens de l'humour. Il est aussi un séducteur. Et John « Bud » Cardos est l’un des rares réalisateurs à lui avoir laissé l’occasion de le prouver. Dans L’horrible Invasion, William Shatner interprète le docteur Robert « Rack » Hansen, un vétérinaire de campagne sympathique et dragueur. Et il est souvent très drôle. Sa performance est d’autant plus salvatrice que le reste de la distribution apparaît – hormis Woody Strode, qui incarne le fermier - comme assez peu concernée, notamment Tiffany Bolling, assez fade dans le rôle du docteur Ashley. A leur décharge, force est de signaler que leurs personnages ne brillent ni par leur originalité, ni par leur profondeur psychologique.

Plutôt léger, voire humoristique, au cours de sa première heure, le film change de ton pour devenir par la suite nettement plus sombre - le final est très pessimiste. L’invasion des araignées prend alors une dimension catastrophique et, pour ce faire, la production n’a pas hésité à submerger le plateau de mygales vivantes (il y a quelques modèles en plastique mais ils sont minoritaires et uniquement situés en fond de cadre). Dans certains plans, le sol grouille littéralement d’araignées. Grâce à ces choix, et bien que le style de traitement reste assez convenu, John « Bud » Cardos réussit à faire des deux moments forts du métrage (une séquence de siège façon Soudain… les monstres et l’invasion d’une petite ville par des milliers d’araignées) des spectacles intéressants, et parfois même impressionnant, qui valent à eux seuls la peine de visionner cette solide série B au charme vintage.

La conclusion de

En 1977, John « Bud » Carlos, honnête artisan spécialisée dans la série B horrifique, proposait au public L’horrible invasion, un film à la réalisation très classique ayant comme principal atout la présence à l’écran d’une grande quantité de véritables mygales. Plus de trente plus tard, malgré ses nombreux défauts, le film a conservé son charme et est vraiment agréable à visionner. Il bénéficie également de la présence de William Shatner, très à l’aise dans la peau d’un héros décontracté et dragueur.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère « drive-in » très réussie
  • L’utilisation de véritables mygales
  • Une dernière demi-heure bien tendue
  • William Shatner

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario convenu
  • Des effets horrifiques peu efficaces
  • Des personnages stéréotypés

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