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Critique du Film : Virus Undead
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Critique du Film : Virus Undead

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 9 mars 2011 à 1602

Bavière : fête de l’aviaire

Depuis qu’avènement de l’ère de la vidéo et du home cinema, l’Allemagne, bien plus que les autres nations européennes, est un terreau des plus fertiles pour la culture d’un certain cinéma d’horreur underground. Ainsi, de ce pays fortement soumis à la censure, probablement par pur phénomène réactif, l’on vit sortir les plus œuvres extrêmes et les plus subversives, faisant de leurs auteurs, des artisans passionnés répondant aux noms d’Olaf Ittenbach, Andreas Schnaas et Andreas Bethmann (et plus récemment Timo Rose), des véritables « stars » du milieu. Grace à eux, le cinéma underground et Z allemand a acquis une grande notoriété auprès des fans, prenant même le pas sur son homologue américain, et il n’est rivalisé que depuis peu par un V-Cinema japonais actuellement en pleine explosion (d'hémoglobine, bien sûr).

Jusqu’à il y a peu, pour le connaisseur, le cinéma d’horreur allemand se résumait donc à un art marginal et provocateur, mis en forme à grand renfort d’effets spéciaux perfectibles et doté d’un niveau de réalisation flirtant avec l’amateurisme.  Cependant, depuis quelques temps, l’on voit apparaitre une nouvelle tendance avec quelques productions, sinon plus ambitieuses, du moins plus policées et donc susceptibles d’atteindre un autre public.  Virus Undead fait partie de cette nouvelle vague de productions allemandes « new look », qui s’éloignent de la pure démarche artistique et expérimentale pour s’orienter vers un genre plus accessible, donc plus lucratif.

On peut même dire que Wolf Wolff (un réalisateur réputé dans le milieu du clip vidéo) pousse la démarche jusqu’à frôler l’excès de zèle. Contrairement à nombre de ses confrères où l’on sent encore un cachet identitaire (comme dans le récent Siege of the Dead, de Marvin Kren), le cinéaste a cherché à mettre en forme une sorte de film de genre à la mode US, en collant aux méthodes de traitement propres aux productions américaines (une photographie chiadée, limite papier glacé ; une réalisation appliquée, voire scolaire ; une esthétique racoleuse mais politiquement correct). Même l’intrigue, de par ses composantes narratives, respire la série B américaine. En effet, Virus Undead nous raconte une histoire où le virus de la grippe aviaire, manipulé par un scientifique irresponsable, subit une incroyable mutation. En conséquence, les volatiles infectés voient non seulement leur agressivité et leur puissance décuplées mais leurs morsures contaminent les êtres humains, qui se transforment rapidement en zombies avides de chair humaine.

Obéissant aux préceptes enseignées par les maitres du bis américain (jeunes étudiants en rut, bimbos aux gros nichons et monstres baveux), le scénario de Virus Undead nous invite à suivre la dramatique aventure d’un groupe de jeunes étudiants piégé dans la demeure du savant désormais décédé (savant qui est le grand-père de l’un d’eux). Cernés par des autochtones transformés en zombies (étant donné que ces punks bouseux étaient déjà décérébrés, leur intellect ne souffre pas trop de la mutation, c’est déjà ça), les assiégés vont devoir lutter pour leur survie et se plonger dans une atmosphère de paranoïa, car nul ne sait si le virus coule dans les veines de l’un d’entre eux. La seule certitude, c’est que le beau gosse qui est allongé sur le canapé, souffrant le martyr après avoir été mordu par un zombie, est sacrément louche…

Cependant, avant d’en arriver là, le spectateur va devoir subir une longue demi-heure de mise en place, au récit aussi fascinant et trépidant qu’un épisode de Plus belle la vie. Une demi-heure de drama poussif où Wolf Wolff (et sa coréalisatrice Ohmuthi)se montre sans pitié et nous inflige un véritable supplice, avec un récit bourré de clichés au cours duquel  le petit-fils du savant, de retour au pays, retrouve son amour de jeunesse et la bande de cons qui le faisait déjà bien chier – qui est d’ailleurs décidé à reprendre ses activités. Une première partie extrêmement bavarde, où il ne se passe strictement rien (à part une petite séquence légèrement érotique tourné en clair-obscur) qui est d’autant plus insupportable que les comédiens allemands ânonnent de manière mécanique (le film fut tourné en langue anglaise) des textes débiles au cours de discussions d’un rare platitude (à ce sujet, évitez la version doublée en français, c’est encore pire). A la décharge des acteurs, force est de dire qu’ils ne sont pas aidés par le profil de leurs personnages aux QI d’huitre.

Enfin, au bout d’un temps qui nous a paru interminable, arrivent les monstres. En même temps, l’un des étudiants (le nerd puceau, qui a eu du mal à supporter la vision de son copain cool la bonnasse du coin) commence à laisser apparaitre les premiers symptômes de sa paranoïa (comme il est armé d’un revolver, ça craint). Plutôt sympa d’ailleurs ces contaminés, avec leurs visages couverts de pustules et leur démarche titubante. S’ils ne résistent pas aux balles dans la tête, ils bénéficient d’une arme très efficace : une force décuplée qui leur permet de soulever et balancer leurs victimes comme des fétus de paille, ce qu’ils ne se privent pas de faire.  Une aptitude athlétique qui nous donne droit à quelques plans de cascades câblées pas trop mal foutus. Bref, bénéficiant de maquillages corrects et d’une réalisation dont l’académisme laisse enfin transparaitre son utilité, les « zombies » évitent ici le piège du cheap et arrivent à nous convaincre (plus, dans tous les cas, que les inserts numériques des oiseaux, qui présentent de gros problèmes d'échelles). On peut juste regretter que Wolf Wolff ait été vraiment en peine d’imagination dans la mise en scène des séquences d’action, bon nombre de plans ayant déjà été vus dans des œuvres antérieures (Zombie, Les Oiseaux, Kaw, Le Retour des morts-vivants, etc.) et que quelques figurants zombies, oubliés par le cinéaste, aient improvisé quelques figures de style un brin ridicule.

La conclusion de

Techniquement, au regard du budget alloué, Virus Undead apparait comme une œuvre en manque d’originalité mais appliquée et étonnamment classieuse. Les vingt dernières minutes, au cours desquels se déroule l’affrontement avec les « zombies » est même agréable à visionner. Par contre, il est difficile de se farcir sans éjecter le DVD de son lecteur cette horrible première demi-heure et de cautionner un scénario qui affiche trop de clichés et d’insuffisances. Bref, si vous êtes amateur de films de zombies, Virus Undead vaut peut-être un coup d’œil distrait. Par contre, pour les autres, le coté nanar prétentieux risque d’être rédhibitoire…

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation appliquée
  • Un final divertissant
  • Des zombies convaincants

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario très faible et bourré de clichés
  • De mauvais inserts numériques
  • Une réalisation sans personnalité
  • Une horrible première demi-heure
  • Des comédiens en souffrance

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