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Critique du Film : Cinéman
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Critique du Film : Cinéman

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 3 février 2011 à 1211

Ce n'est pas une bouse, c'est un Cinéman...

Romancier devenu réalisateur à l'occasion de l'adaptation de son roman Podium, Yann Moix était entré dans l'univers du cinéma par la grande porte, avec un long-métrage solide qui avait connu un succès public et critique assez conséquent. En transformant Benoît Poelvoorde en clone aigri de Claude François, Moix avait réussi à mettre en scène une comédie très agréable, dirigeant impeccablement l'un des acteurs les plus cabotins de la génération actuelle. Au vu des excellents résultats de son premier film au box-office français, il n'était pas étonnant de voir des producteurs s'intéresser à lui et lui offrir un budget conséquent pour mettre en scène son second long-métrage. Avec en tête d'affiche Franck Dubosc, devenu bankable avec le succès des Camping, Cinéman ressemblait ainsi de prime abord à une oeuvre bien casse-gueule, mix entre la comédie française franchouillarde et le film de super-héros à l'américaine ; mais comme Yann Moix avait réussi son coup avec Podium, on s'était alors dit "pourquoi pas ?".

Pourtant, au vu du résultat final, on ne peut que se demander ce qui a bien pu se passer pour finalement en arriver là. Alors de deux choses l'une, soit Podium était un miraculeux coup de bol, soit Yann Moix, pour des raisons inconnues, s'est complètement vautré avec Cinéman. Parce qu'honnêtement, si l'on retire de l'équation le comique bankable et le budget imposant, le film s'impose comme un pur nanar, de ces comédies d'exploitation bien nazes qui inondaient les vidéos clubs dans les années soixante-dix (souvenez-vous de Mon curé chez les nudiste ou d'Arrête de ramer, t'attaque la falaise). D'ailleurs, au vu de l'apparition d'un Michel Galabru semblant tout droit sortir d'un épisode du Gendarme, ou de la prestation d'un Pierre Richard en mode Le grand blond..., on se demande même si ce n'était pas ce que souhaitait finalement Yann Moix. Le soucis, par rapport à ces productions fauchées, c'est que Cinéman est un film friqué qui se veut être une manifestation du "vrai cinéma".

Cinéman, donc, c'est Franck Dubosc ; complètement laissé à l'abandon par le metteur en scène, le comique ne joue même pas, se contentant de faire son traditionnel numéro de beauf looser. Après trois spectacles, deux dvd, des films à gogo, Dubosc maîtrise parfaitement son personnage, c'est un fait ; le problème, c'est qu'il a déjà tellement utilisé ce ressort comique que ça ne fait plus rire du tout, et, au contraire, que ça en devient même particulièrement agaçant. A sa décharge, reconnaissons tout de même que le script ne lui laisse pas l'occasion de faire autre chose, et de jouer sur cette image pour amener à de la nouveauté (à l'image de ce qui s'était passé avec Poelvoorde dans Podium). Bien au contraire, il semblerait que Moix l'ai vivement encouragé à en faire des caisses ; au final, à côté de Cinéman, même Camping peut s'apparenter à un modèle de sobriété, c'est dire...

De la même manière, tous les autres acteurs du films sont totalement en roue libre, pris au piège dans des personnages caricaturaux, condamnés - ou incités peut-être - à en faire des tonnes à l'écran. Ainsi, au côté du naufrage de Franck Dubosc, Pierre-Martin François Laval joue la carte du grotesque outrancier - le malheureux est juste pénible à chacune de ses apparitions - les vieilles gloires de la comédie française (Pierre Richard, Michel Galabru) ressortent des partitions ultra-usées, et les malheureuses comédiennes embarquées dans l'aventure (Anne Marivin, Lucy Gordon) sont réduites à des rôles de potiches fade et insipides. Ce rattage global au niveau des prestations des comédiens fait déjà de Cinéman un film insupportable, de ces longs-métrages qui attaquent sérieusement les pauvres spectateurs, les laissant après visionnage comme des glands au bord de la crise de nerfs.

Mais le rattage ne se limite bien malheureusement pas aux jeux des acteurs, non, Cinéman est un échec à tous les niveaux (ou presque). L'histoire racontée, notamment, ne s'appuie sur rien et ne mène nulle part ; en fait, elle est juste un alibi à peine maquillé - et pas du tout travaillé - pour permettre au réalisateur de passer de film en film, d'aspect référenciel en aspect référenciel. On y retrouve donc une dizaine de chefs-d'oeuvres du septième art revisités par une équipe de tacherons ayant décidé, pour s'amuser, de les transformer en du Benny Hill. Mais les gags, au combien primaires, ne fonctionnent jamais, et les références sont tellement omniprésentes - et jamais maquillées - qu'elles ne font que donner l'impression d'un immonde patchwork à peine prédigéré. Le plus insupportable, en fait, c'est que le tout respire une certaine prétention qui tend à rendre le long-métrage vraiment détestable ; on est très loin, ici, du nanar fauché avec qui on a envie d'être conciliant...

Ceci dit, pour tout de même terminer sur une note positive, tout n'est pas à jeter dans Cinéman. En effet, derrière le réalisateur et les comédiens, toute l'équipe technique s'est très visiblement défoncée pour offrir au film un visuel plutôt réussi (chose suffisamment rare dans les comédies françaises pour être mentionnée). De Pour une poignée de dollars à Taxi Driver, en passant par Robin des bois et Safety Last, presque chaque segment bénéficie d'un traitement esthétique assez convaincant, tant au niveau costumes, des décors, que de la photographie. Si l'on excepte quelques petits ratés très kitchs (le segment Tarzan notamment), force est de constater de ces derniers se sont visiblement fait plaisir à tenter de reconstituer l'ambiance et l'image de films cultes. Dommage, malheureusement, que leur travail ne soit jamais mis en valeur, que ce soit par le scénario complètement indigent ou par la réalisation bordélique de Yann Moix.

La conclusion de

Mais qu'est ce qui est passé par la tête de Yann Moix pour qu'il en arrive à mettre en scène un truc comme Cinéman ? Une histoire sans queue ni tête, un scénario inexistant, de l'humour à ras les paquerettes, une mise en scène bordélique, des acteurs exaspérants qui cabotinent comme ce n'est pas permis, presque tout tend à faire de ce long-métrage un véritable naufrage cinématographique. Dommage pour l'équipe technique, qui, elle, s'est visiblement donnée à fond pour offrir au film une consistance visuelle plus que correcte... Il y a les navets, il y a les nanars, maintenant, il y a Cinéman...

Que faut-il en retenir ?

  • Un excellent travail technique.

Que faut-il oublier ?

  • Absolument tout le reste...

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