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Critique du Film : Les Créatures de l'Ouest
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Critique du Film : Les Créatures de l'Ouest

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 18 janvier 2011 à 1655

Etranges chiens de prairie

The Burrowers (lit. les fouisseurs) est à l'origine une mini-série en sept épisodes (dont je connais rien, je me demande même si elle a été diffusée un jour quelque part) qui, l'année suivant sa production, se retrouva déclinée en un long métrage. Le film raconte l'histoire de pionniers américains aux prises avec des ennemis bien plus redoutables que les peaux-rouges de la région: des monstres se terrant dans le sol et qui, à la tombée de la nuit, sortent de leurs trous pour chasser les êtres vivants. Le scénario évoque donc un peu Tremors, par la nature souterraine des monstres, mais aussi Mimic, de par les capacités de dissimulation des créatures et leur comportement de chasseur. Etant donné que le réalisateur J.T. Petty fut chargé de la mise en forme du troisième opus des aventures des insectes mimétiques, dire que les créatures créées par Guillermo Del Toro ont inspiré le cinéaste est un pas que nous franchirons volontiers.

Dans Les créatures de l'ouest, on accompagne un groupe d'individus parcourant les badlands à la recherche de personnes enlevées par les indiens. C'est du moins ce qu'ils pensent. A cette occasion, Petty nous offre la vision d'un ouest foncièrement raciste bourré de clichés: blanc, noirs et indiens, tous se haïssent et/ou se méprisent avec la même ferveur. Un postulat qui entraine bien entendu la naissance de personnages aux profils bien peu subtils; l'officier de cavalerie est un clone de Sherman ("un bon indien est un indien mort"), le leader, interprété par Clancy Brown, joue les John Wayne alors que son compagnon, William Parcher (William Mapother), se prend pour une sorte de Buffalo Bill un brin crapule.  Quand à l'indien éclaireur, il obéit au cliché du sadique emplumé. Finalement, les seuls qui ne sont pas sectaires, ce sont les monstres, qui dévorent indifféremment tous les habitants des prairies, quelque soit leur race, leur sexe ou leur âge. Bref, Petty nous dépeint un ouest caricatural un brin étrange où des créatures voraces, en manque de bisons, s'attaquent aux hommes tout en délaissant leurs chevaux (qui ne sont d'ailleurs absolument pas effrayés par leur présence). Cherchez l'erreur...

La transparence du récit semble faire aussi les frais de la transformation d'une série en un film. Ainsi, en plus d'apparaitre comme par magie, les "fouisseurs" ne dévoilent rien de leurs origines, ni n'expliquent comment ils peuvent laisser derrière eux, malgré leur taille imposante, d'aussi petits cratères dans le sol de la prairie. De plus, l'explication de l'indienne (bizarrement épargnée) sur la raison du gout soudain des monstres pour la chair humaine se fait... en langage sioux! Heureusement que ses propos sont illustrés par une séquence "nature" nous montrant des troupeaux de bisons, ce qui nous permet de procéder à quelques déductions. On ne saura pas non plus pourquoi les Utes savent traiter le poison injecté par les monstres, alors que les Sioux l'ignorent. On peut reprocher aussi au métrage un rythme bien trop mou, avec, pauvreté conceptuelle oblige, une répétition des mêmes séquences de feu de camp, histoire de rallonger la sauce. Enfin,  les personnages sont vraiment peu attachants et adoptent parfois des comportements illogiques comme lorsque William, chargé de protéger le jeune Fergus, lui confie la tache de ramener à la civilisation, tout seul, une jeune femme inerte. Le gosse doit alors, à bord d'une carriole, traverser toute la prairie, en compagnie d'une fille qui devrait, selon toute logique, être morte. Sacrée façon d'assurer sa sécurité!

Par contre, si l'on met de coté toutes ces incohérences, force est de reconnaitre que Les créatures de l'ouest n'est pas un spectacle trop ennuyeux. Le western (tout comme le film de guerre) se marie assez bien à l'horreur et Petty nous le prouve encore ici. Dans sa réalisation, le cinéaste n'invente rien mais fait un usage approprié de ses quelques atouts, en commençant par la nature même des fouisseurs. Ces monstres bien dégueulasses, qui ne se dévoileront que dans le final, sont des créatures à demi-nécrophages qui laissent lentement pourrir (ramollir) leurs victimes avant de les dévorer. Pour cela, elles les paralysent et les enterrent, à l'abri des prédateurs. Cela entraine des passages assez glauques, avec cette jolie jeune fille en plein "faisandage" mais encore bien vivante (son œil réagit aux stimuli lumineux et ses orteils bougent) et une situation imprégnée d'humour noir quand, empoisonné par une griffure de monstre, l'un des cowboys se transforme en un zombie pourrissant. Autre point positif, l'application du cinéaste à vouloir instaurer une véritable atmosphère western via une belle photographie et un bel usage du scope. Certains plans sur la prairie sont vraiment très beaux et amènent au métrage un certain luxe. Enfin, on relève la qualité du casting qui, de Clancy Brown à Doug Hutchison - et privé de faire-valoir féminin! - remplit son office de manière convaincante.

Pour ce qui est des effets spéciaux, Petty mélange les techniques pour un résultat final assez satisfaisant. Il prend cependant bien garde de ne pas trop exposer à notre regard ces espèces de criquets sans ailes aux gueules carnassières en jouant des hors cadre et des variations de focales. Cela a le double avantage d'éviter de dévoiler une quelconque perfectibilité dans la conception de ces créatures originales et d'entretenir, sinon un suspense efficace (toute personne s'éloignant du groupe, de nuit, est potentiellement en danger de mort), du moins notre curiosité.

La conclusion de

Sans révolutionner le genre, Petty nous propose avec Les créatures de l'ouest une originale série B horrifique de facture honnête. Dommage que les qualités du métrage - une réalisation correcte, parfois même élégante, un casting concerné et des monstres convaincants - soit minées par un scénario un peu pauvre n'évitant pas les clichés et entrainant de regrettables longueurs.

Que faut-il en retenir ?

  • La démarche de Petty, originale
  • Une réalisation appliquée
  • Un casting convaincant
  • Des monstres intriguants

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario vraiment mince
  • Des clichés, des incohérences
  • Des longueurs

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