75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°8 : Dans l'espace publicitaire, personne ne vous entend crier. Surtout si vous le bloquez.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
La Bite Tueuse >

Critique du Film : La Bite Tueuse

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 9 janvier 2011 à 22:39

La bite tueuse venue d'ailleurs...

Inconnu - ou presque - dans notre pays, Ron Jeremy est une porn star célèbre aux états-unis, sorte de Rocco Sifredi mixé avec Alain Delon, mais en gros, moche et poilu ; sa notoriété, il la doit à ses vingt-cinq centimètres d'organes génitaux, ainsi qu'à sa réputation plutôt flatteuse d'hommes aux quatre mille "conquètes" (étant donné qu'il a joué dans plus de deux mille films pornographiques, on peut se dire que cette réputation n'est peut-être pas si éloignée de la réalité). Depuis quelques année, Jeremy sort des production porno underground pour s'essayer à un autre type de cinéma (notamment dans les films de Lloyd Kaufman), certes pas beaucoup plus prestigieux, mais qui contribue à lui conférer une aura de plus en plus culte. One Eyed Monster est de ce type de production, film bis à la limite du Z, où une entité extra-terrestre prend le contrôle de la bite de Ron Jeremy pour semer la terreur au sein d'un film pornographique.

La lecture de ces quelque slignes vous a surement mis le sourire aux lèvres. En effet, un pitch aussi débile annonçait un long-métrage au potentiel hautement culte, dans la lignée des productions Trauma aujourd'hui devenue cultes ; son exploitation en DTV, via une petite société de production, loin des contraintes commerciales et des commisions de censure, laissait d'autant plus espérer un traitement jusqu'auboutiste, un film plein de bimbos dénudées, de meurtres grand-guignolesques, et d'un scénario assumant sa profonde débilité. Plus dure en est donc la déception, car One Eyed Monster, ce n'est pas ça, mais alors pas du tout ; d'ailleurs le film aurait pu sortir dans un circuit de grande distribution, tant il s'avère, au final, qu'il est plus sage qu'un Judd Apatow, et moins sanglant d'un Scream-like.

Le tout début du film laissait pourtant entrevoir quelque chose d'infiniment plus savoureux, avec le débarquement, dans une cabane perdue au milieu de nulle part, d'une équipe venue tourner un film pornographique. Autour de Ron Jeremy (qui joue son propre rôle), et de Veronica Hart (une autre star du porno qui joue également son propre rôle), on trouve des techniciens pervers et des actrices joyeusement décérébrées, le tout fonctionnant sur un humour joyeusement fun. Cette mise en bouche, bien que pas foncièrement originale, amuse sincèrement, et ce d'autant plus que les comédiens ne se prennent pas au sérieux. Et puis, alors que l'entité extra-terrestre va prendre le contrôle de la bite de Ron Jeremy (ce dernier disparaissant alors de l'histoire), les choses vont se mettre à joyeusement patauger, et à devenir de plus en plus ennuyeuses.

Va alors commencer la lente et progressive déception du spectateur. Manquant très sérieusement d'audace (un comble pour un film traitant d'une bite tueuse !), le film ne dépasse pas le postulat fun son pitch de départ, et ne compense jamais par un déferlement de sexe, de gore, ou de tout autre élément apte à satisfaire les amateurs de cinéma bis. Certes, le manque visible de budget l'empêche de pouvoir montrer des effets spéciaux conséquent (les images de la bite proprement dites étant réduites à peau de chagrin), mais avouons que la mise en scène d'Adam Fields s'avère être particulièrement médiocre. Manquant de rythme, utilisant des cadrages très serrés pour que l'on ne puise admirer que les épaules des porn-star, tuant les personnages la plupart du temps hors-champs, One eyed Monster perd rapidement son charme, et par extension tout son intérêt.

Avec son postulat de nanar pas assumé, One Eyed Monster ne convaint donc pas du tout, et s'avère même assez régulièrement soporifique. Passé les quelques idées visuelles amusantes du début (la vue subjective de la bite tueuse notamment), le film repose énormément sur la répétition de quelques bonnes idées éparses. Egalement scénariste de son film, Adam Fields (qui, pour l'anecdote, a composé la musique de la plupart des épisodes de la série Dawson, drôle de reconversion !) n'arrive jamais à dépasser son idée de départ et fait avancer son film de manière poussive en utilisant énormément de fois un nombre peu élevé de running gags, qui, certes, ont fait rire au début, mais qui finissent par devenir de plus ne plus agaçants au fur et à mesure. En fait c'est simple, tout gag un tant soit peu réussi se voit par la suite décliné jusqu'à plus soif.

Le long-métrage est cependant sauvé de la nullité la plus totale par deux éléments : d'une part le scénario joue de manière régulière (mais malgré tout pas fréquente) sur un second degré et un humour scabreux plutôt bien trouvé, d'autre part les acteurs s'en donnent visiblement à coeur joie à interpréter leurs personnages bien débiles. De Ron Jeremy et Veronica Hart, qui jouent et s'amusent de leurs physiques vieillissants, aux bimbos jouant avec plaisir sur la bétise décérébrée de leurs personnages, en passant par Charles Napier, qui nous la joue vieux briscard à qui on ne la fait pas, tous sont au diapason pour transmettre au spectateur une bonne humeur plutôt communicative. C'est grâce à eux que One-Eyed Monster sort de temps en temps la tête de l'eau, et s'avère au final être un spectacle pas bien terrible, mais pas si désagréable que ça tout de même.

40

One-Eyed Monster ne va donc jamais plus loin que son idée de départ et, malgré une prémière demi-heure somme toute assez amusante, s'essoufle très rapidement. Servi par une réalisation assez médiocre, et malgré son sujet aux limites du Z, le long-métrage évite soigneusement toute forme de sexe, ainsi que tout passage gore, alors même que le public qui va volontiers le visionner n'attend que ça pour s'éclater. Du coup, ce sérieux manque d'audace va petit à petit faire décrocher un spectateur deçu. Au final, le film est sauvé in extremis par des acteurs à la bonne humeur communicative, ainsi que par un humour second dégré qui fonctionne au global assez bien.

Critique de publiée le 9 janvier 2011.

Que faut-il en retenir ?

  • Une idée de base plutôt fun,
  • Un humour 2nd degré qui fonctionne assez bien,
  • Des acteurs qui s'amusent visiblement.

Que faut-il oublier ?

  • Beaucoup trop sage,
  • S'essoufle très rapidement,
  • Une réalisation médiocre,
  • Beaucoup trop de running gags.

Acheter La Bite Tueuse en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de La Bite Tueuse sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Suis nous sur facebook !