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Critique du Film : Devil
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Critique du Film : Devil

Avis critique rédigé par Vincent L. le mardi 4 janvier 2011 à 2051

Un téléfilm luxueux, rien de plus...

Ancien roi d'Hollywood, M. Night Shyamalan n'intéresse aujourd'hui plus grand monde. Après les déconvenues successives de ses derniers longs-métrages au box-office, et le bide monumental - et justifié - de son adaptation du Dernier maître de l'air, le scénariste/réalisateur tente maintenant de reconquérir un public désormais perdu. Et ce n'est pas comme réalisateur que Shyamalan tente son come back (encore trop tôt après son dernier échec) mais comme scénariste et producteur, via le concept des Night Chronicles ; l'idée est d'offrir au public trois films, qui sortiraient chacun à un an d'intervalle, qu'il aurait écrit et produit, mais dont la réalisation serait confiée à de jeunes réalisateurs prometteurs. Pour ce premier opus, Devil, M. Night Shyamalan n'a écrit que l'histoire, a confié le script a Brian Nelson (à qui l'on doit le réussi Hard Candy), et a choisi comme metteur en scène John Erick Dowdle, réalisateur de En quarantaine (comme jeune talent prometteur, avouons que l'on a fait mieux).

Résultat : le film s'est pris une vilaine claque dans les salles américaines, à tel point, d'ailleurs, que la mention Night Chronicles a été retirée de l'affiche pour l'exploitation internationale. Pour les deux long-métrages qui devaient suivre et sortir en 2011 et 2012, ça sent sérieusement le sapin. Il faut tout de même avouer que l'échec qu'a connu Devil au box office U.S. est on ne peu plus légitime ; en effet, si l'histoire écrite était relativement excitante sur le papier (cinq personnes coincées dans un ascenseurs, le diable se trouvant parmi elles), le long-métrage ne vaut, au final, pas plus qu'un téléfilm de luxe. On se doute ainsi que sa diffusion dans les cinémas n'a été due qu'au nom encore un peu prestigieux de M. Night Shyamalan, car une sortie Direct To Video aurait été plus facilement justifiable. Mais à donner le baton pour se faire battre, le réalisateur de Sixième Sens en perd le peu de crédibilité qu'il lui restait, et même ses derniers afficionados risquent de déchanter devant ce spectacle basique qu'est Devil.

En effet, le thème de l'ascenseur comme théâtre d'évènements angoissants est loin d'être d'un originalité folle au cinéma, et ce même si l'idée n'a jusqu'ici jamais été poussée jusqu'au bout (L'Ascenseur, de Dick Maas, n'était pas un huis-clot, Elevated, de Vincenzo Natali, était un cours-métrage). On pensait donc, au premier abord, avoir à faire à un film conceptuel dans la lignée du récent Buried (un homme dans un cercueil pendant quatre-vingt dix minutes) ou du plus ancien Phone Game (un homme dans une cabine téléphonique pendant soixante-dix minutes), bref, le genre de script ambitieux dans lequel la plume de M. Night Shyamalan aurait été efficace (n'oublions pas qu'avant l'histoire du vent qui tue, il a tout de même signé quelques scénarios bien ficelés). Seulement voilà, Devil n'est pas ce film conceptuel tant attendu, ce n'est d'ailleurs même pas un huis-clot, l'action se passant à la fois dans l'ascenseur, mais aussi - et surtout - à l'extérieur, où se trouve le personnage principal.

En faisant faire des allers et retours entre la cabine et l'extérieur, Shyamalan désamorce la partie la plus facile de son suspens, basé sur la claustrophobie latente des spectateurs. Aucun effet d'enfermement, aucune sensation angoissante, l'action de Devil se regarde paisiblement, sans ennui, mais également sans véritable intérêt : les personnages ne sont pas très intéressants, les dialogues sont assez pauvres, les péripéties sont relativement convenues (les diverses morts s'enchainent selon un tempo très régulier), et certaines séquences sombrent bien malgré elles dans un ridicule involontaire (vous ne regarderez plus jamais vos tartines de confiture de la même manière !). Pour enfoncer le clou, le tout est engoncé dans cette morale bien pénible dont M. Night Shyamalan a le secret, et qui, en plus, prend ici la place de clé de voute de l'histoire. Les trente dernières minutes sont ainsi noyées sous un flot d'évènements hautement moralisateurs qui tend à sérieusement agacer le spectateur.

L'échec est, de plus, à ce point visible que les acteurs livrent une bien piètre prestation à l'écran. Ainsi, les cinq personnages coincés dans l'ascenseur sont des modèles d'absence de charisme : Bokeem Woodbine aligne fausse note sur fausse note, Bojana Novakovic rame à mort dans un rôle quasi muet, Jenny O'Hara sombre dans la caricature pure et simple et Logan Marshall-Green se la joue boys band terriblement mystérieux. Hors de l'ascenseur, Jacob Vargas est à mourir de rire, et Matt Craven se demande visblement ce qu'il peut bien faire là. En fait, dans le rôle principal (hors de l'ascenseur, dommage), seul Chris Messina s'en sort plus ou moins bien en se contentant du minimum syndical, c'est à dire d'une prestation digne d'une série télévisée. Autant dire que sans empathie vis à vis des personnages s'agitant à l'écran, le spectateur se désintéresse d'autant plus des inepties racontées par l'histoire.

Heureusement, derrière la caméra, John Erick Dowdle assure un minimum le spectacle grâce à une réalisation efficace. Après un En quarantaine du plus mauvais effet - méchant plagiat du film de Jaume Balaguero et Paco Plaza - ce dernier démontre une certaine compétence aux commandes du script de Devil. Certes, il ne réinvente pas le genre, et ne s'avère génial à aucun moment, mais il insuffle au long-métrage un rythme suffisamment soutenu pour que le spectateur ne s'ennuie jamais. Par extension, si l'on n'est jamais accroché à son siège devant le film, certaines séquences s'avèrent tout de même suffisamment efficaces pour réussir à régulièrement éveiller l'attention du public (le générique de début notamment, simple mais vraiment sympathique). Ainsi, si Dowdle ne parvient à aucun moment à gagner des galons de bon réalisateur, il parvient pourtant à rendre Devil plus intéressant qu'il ne l'est réellement.

La conclusion de

Au final, il s'avère que Devil est un téléfilm d'excellente facture... sauf que, malheureusement, Devil n'est pas un téléfilm. Nanti d'un budget confortable au regard des contraintes matérielles imposées par le scénario, ce premier volet des Night Chronicles - et problement dernier aussi, vu les chiffres au box office U.S. - fait preuve d'une certaine pauvreté dans le traitement d'un scénario faussement excitant. Du coup, si le film se regarde sans trop d'ennui, il n'en demeure pas moins être un long-métrage aisément oubliable, doublé de plus d'une morale francheusement douteuse.

Que faut-il en retenir ?

  • Fonctionne à un rythme soutenu,
  • Quelques séquences bien fichues,
  • Se regarde sans ennui.

Que faut-il oublier ?

  • Pas de tension, pas de suspens,
  • Histoire pas très passionnante,
  • Scénario simpliste,
  • Une morale à deux balles,
  • Des personnages pas très intéressants,
  • Des comédiens fades.

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