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Critique du Film : Le survivant d'un monde parallèle
Le survivant d'un monde parallèle >

Critique du Film : Le survivant d'un monde parallèle

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 31 décembre 2010 à 0153

Messages de l'au-delà

Le survivant d'un monde parallèle est la première adaptation d'un roman de James Herbert (à ne pas confondre avec le célèbre romancier SF Frank Herbert, l'auteur de Dune), datant du milieu des années 70. Ce film est l'œuvre du britannique David Hemmings. Producteur, dramaturge, comédien, chanteur, scénariste et réalisateur, cet artiste complet est devenu une star en 1960, suite à sa performance dans Blow-Up, le chef d'oeuvre de Michelangelo Antonioni. Une reconnaissance qui lui ouvrit de nombreuses portes et lui permit de conduire, durant un moment, sa carrière un peu comme il le souhaitait. David Hemmings nous a quitté en 2003, victime d'une crise cardiaque au sortir d'une représentation théatrale, et si aujourd'hui l'on souhaitait faire un bilan de sa carrière artistique, on pourrait affirmer que si son parcours devant la caméra est riche de nombreux succès (Barbarella, La charge de la brigade légère, Alfred le Grand), il en est tout autre de sa filmographie de cinéaste, qui n'a pas marqué les mémoires. Une carrière qui, de manière générale, va d'ailleurs baisser en qualité tout au long des années 70 et 80, et qui fait que David Hemmings apparait aujourd'hui définitivement comme une icône de la génération pop art.

Quatrième - et peut-être la plus réussie - réalisation de David Hemmings Le survivant d'un monde parallèle s'appuie sur un scénario bien ancré dans les années 70, ce qui pourrait le faire apparaitre aujourd'hui comme un peu daté. On y découvre un pilote de ligne, unique survivant d'un crash aérien et souffrant d'amnésie, qui est contacté par une jeune médium affirmant que les victimes ont un message a lui délivrer, où un service à lui demander. Si le twist final se veut surprenant - il aurait pu l'être à l'époque -, force est d'admettre que le spectateur du vingt-et-unième siècle, qui depuis en a vu bien d'autres semblables (on ne peut s'empêcher de penser au Sixième Sens, même si ce dernier puise bien plus son inspiration dans les Enfants Perdus d'Orson Scott Card que dans le roman de James Herbert), le désamorcera assez rapidement en cours de métrage. L'intrigue alterne donc les séquences dramatiques à la cinégénie feutrée et d'autres, soudaines et violentes, matérialisant les interventions des fantômes. Au final, construit sur une thématique mélangeant des éléments dramatiques, fantastiques et horrifiques, le film se veut entretenir une atmosphère fantasmagorique oppressante et pleine de mystères, flirtant souvent avec le gothique, qui évoque aussi bien le cinéma austral de Peter Weir (La dernière vague) et Simon Wincer (Harlequin) comme celui d'outre-Atlantique de John Irvin (Le Fantome de Milburn), John Hough (Les yeux de la forêt) et Michael Winner (La Sentinelle des maudits).

Voulant bien évidemment exploiter l'atmosphère étrange, quasi mystique, dégagée par la nature du récit,  s'y applique via une photographie crépusculaire, automnale et brumeuse, transformant l'environnement de Keller en une sorte d'univers transitoire et diaphane entre le monde des vivants et celui des morts. Finalement, excellemment assisté par le grand John Seale à la photographie et bien soutenu par la musique quasi expérimentale de Brian May, le réalisateur parvient, sans grande difficulté, à atteindre son objectif: nous plonger dans un monde au climat triste et inquiétant, emprunt d'une sombre féérie. Il suffit de voir ces plans sur cet un avion à demi-calciné et éventré, son macabre contenu répandu sur le sol d'un champ stérile, filmés dans une aube brumeuse et moite, d'où se dégage une réelle poésie morbide faite de métal broyé et de chair morte, pour s'en convaincre. Mais, attention, cela n'empêche pas que Le survivant d'un monde parallèle est loin d'être une œuvre parfaite. Ce film souffre d'ailleurs de nombreuses faiblesses, à commencer par son histoire, au déroulement bancal.

En effet, si la trame principale tient la route, quelques petits détails gênent aux entournures. Ainsi, les agressions des deux reporters par les fantômes apparaissent plus, par leur gratuité, comme un moyen de glisser un peu d'horreur dans une intrigue autrement plus angoissante que terrifiante. Un peu comme si David Hemmings avait eu peur que le spectateur finisse par trop s'ennuyer à suivre la peu spectaculaire enquête introspective de Keller. De plus, il traite cela de la manière la plus vulgaire qui soit: un bruit hors cadre, la caméra qui accompagne le regard de la future victime et une violente entrée dans le champ d'un visage juvénile mutilé. On a aussi droit à ces fameuses et efficaces (mais terriblement clichés) voix d'enfants venues de nulle part et ses mouvements furtifs en fond de cadre. Bref, pas vraiment original. Autre élément troublant: l'inexplicable attitude d'un criminel fier de l'efficacité de sa machination et qui, lors de séquence de climax, déballe tout son sac alors que rien ne le force à le faire. Etrange aussi, le revirement soudain de Keller, qui accepte soudain comme vérités les propos de Hobbs, alors qu'il s'insurgeait en faux quelques minutes auparavant (même si, dans ce cas, je pense plutôt à des coupes dans la version disponible; le DVD de Mad Movies). Mais bon, plutôt que s'attarder sur ces détails structurels qui gâchent un peu le plaisir de visionnage, on préférera signaler les performances des deux comédiens principaux, à savoir Robert Powell et Jenny Agutter.

Robert Powell et David Hemmings se sont rencontrés sur le tournage d'Harlequin, le film de Simon Wincer, où ils se partageaient la tête d'affiche. Le courant passa si bien entre eux que c'est tout naturellement qu'un an plus tard David Hemmings pensa à son ancien partenaire pour interpréter le commandant Keller, personnage central du Survivant d'un monde parallèle. Il faut dire aussi qu'en 1981 Robert Powell est au sommet de sa courte gloire. Jesus de Nazareth (1977), The Thirty Nine Steps (1978) puis Harlequin lui ont construit une solide réputation de comédien étrange, voire illuminé, au charisme quasi mystique, donc idéal pour incarner un personnage tel que l'unique survivant d'un terrible crash. Le choix fut bon. Robert Powell, par son physique quasi elfique et son regard rêveur, parvient à faire de Keller un homme étrange, intriguant et finalement attachant, et cela même si David Hemmings néglige un peu trop son environnement affectif, qui joue toujours un grand rôle dans le rétablissement des victimes d'accidents (on voit cinq minutes son épouse, dans une seule séquence).

L'autre bonne idée est d'avoir choisi Jenny Agutter pour incarner Hobbs, la medium. Si cette britannique ne manque pas de beauté, elle marque surtout les mémoires par les particularismes de son joli visage, qui dégagent un étrange magnétisme. En 1981, elle a déjà, malgré son jeune âge et bien qu'elle soit alors surtout célèbre pour son rôle de Jessica dans L'âge de cristal, une sacrée expérience des personnages forts (elle est Mary Shelley dans le film éponyme d'Alan Bridges, en 1972, Anne Balard dans Dominique en 1978, Desdemone dans Othello en 1980). Elle nous prouve ici son talent en parvenant à nous convaincre dans un rôle délicat, en évitant de tomber dans le surjeu et le cliché de la voyante illuminée. Au contraire, son personnage dégage un véritable romantisme qui colle parfaitement à l'ambiance du film.

Enfin, pour la petite histoire, signalons la présence du grand Joseph Cotten sous la soutane d'un prêtre, histoire de glisser un nom célèbre en haut de l'affiche du film (ce qui ne l'a pas empêché d'être un véritable bide au box office).

La conclusion de

Film quasiment oublié, Le survivant d'un autre monde est un bon film fantastique doté d'un charme vintage évident. Bien interprété, visuellement bien abouti, le métrage de David Hemmings dégage une excellente ambiance fantasmagorique et macabre que quelques défauts structurels et narratifs ne parviennent pas à gâcher. Un film que tout amateur de cinéma fantastique privilégiant l'ambiance à l'action se doit d'avoir vu au moins une fois.

Que faut-il en retenir ?

  • Robert Powell et Jenny Agutter
  • Une réalisation appliquée
  • Une très belle photographie
  • Une bande originale efficace

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue aujourd'hui usée
  • L'élément horrifique, un peu forcé
  • Un scénario perfectible

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