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Critique du Film : Le Monstre qui vient de l'espace
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Critique du Film : Le Monstre qui vient de l'espace

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 20 décembre 2010 à 1534

L'homme-pu venu de l'espace

Lors d’un voyage dans les anneaux de Saturne, l’équipage d’un astronef est soumis à de fortes radiations. De retour sur Terre, seul un seul des astronautes mis en quarantaine survit, mais en ayant subi d’horribles mutations. Le capitaine Steve West est désormais The Melting Man, une dangereuse et hideuse créature ayant besoin de cellules humaines pour assurer sa survie…

Le pitch de The Incredible Melting Man évoque bien entendu celui de Le Monstre, première aventure cinématographique du professeur Bernard Quatermass.  Hors, si le scénario du film de Val Guest ne brillait pas par sa finesse, il avait au moins le mérite de donner une explication aux agissements meurtriers de la créature. Ici,William Sachs ne s’en donne pas la peine. Pire, il amène une justification qui ne se voit jamais convertie à l’écran. Selon les scientifiques et les membres des autorités lancés à sa poursuite, The Melting Man tue parce qu’il a besoin de cellules humaines. OK, pourquoi pas (encore que son comportement est si changeant que cela en est perturbant). Mais comment le simple fait de tuer des promeneurs peut-il arriver à combler ce besoin ? Si encore il mangeait ses victimes, non, il se contente de les décapiter ou de les éventrer… Bref…

The Incredible Melting Man se résume donc à la traque d’un monstre en plein trouble psychologique qui bat la campagne à la recherche de victimes, tout en continuant son processus de mutation, où plutôt de désintégration, puisqu’il se transforme lentement en une masse informe, putrescente et gélatineuse. Cette dégénérescence cellulaire est d’ailleurs l’occasion pour les jeunes Rick Baker et Greg Cannom – ces futurs grands messieurs des effets spéciaux -  de s’essayer à quelques maquillages gore rigolos réalisés à grands renforts de pate à pizza, de sirop d’érable et de sauce tomate. Ils compensent ainsi la pauvreté graphique des séquences d’agressions, mal filmées et peu démonstratives (et même parfois traitées hors cadre). Par exemple, le plan trash où le monstre - dont le visage gluant est cadré en gros plan - perd un œil, qui choit mollement de son orbite, est totalement désopilant.  Les maquilleurs nous offrent aussi la vue de quelques membres en latex tranchées (tête qui roule dans le courant d’une rivière, bras gisant dans les champs, pécheurs éventré, etc.).  Au final, le résultat est cheap mais plutôt amusant.

La cavale meurtrière de The Melting Man l’amène au domicile de son ancien ami, le docteur Ted Nelson (qui s’est lancé à sa poursuite) où se repose son épouse, sujette à  une grossesse difficile. Il donc recommandé à madame Nelson le repos le plus total. Le Melting Man ; s’introduisant dans le logis ; souillant la moquette et les vitres de sa bave sanguinolente et jaunâtre ; assassinant son hôte (un ponte de l’armée, initiateur de ce voyage au final désastreux),  ne va évidemment pas contribuer à la sérénité de la future maman, d’autant plus qu’elle vient d’apprendre que ses parents (des vieux gâteux jouant les polissons dans les vergers) ont été assassinés. Une situation qui, vous vous en doutez, va contribuer à générer une terrible tension pleine de suspense. Ou pas (car, de son sort, on s’en fout un peu, à vrai dire).

Ses poursuivants (le docteur Nelson et le shériff du comté) le talonnent de près. Vous me direz, il n’est pas très difficile de suivre la piste de la créature, étant donné que son chemin est balisé non seulement par les cadavres de ses victimes et les hurlements des témoins mais aussi par les stigmates de  sa métamorphose en bloc gélatineux (un bras par ci, une oreille par là…). Ensuite, après avoir réussi à chasser la créature de la zone résidentielle (où elle fait encore une victime), les poursuivants vont la retrouver à la centrale électrique voisine. S’engage alors le combat final entre les héros et cette chose qui n’a plus rien d’humain. Ou si peu…

 

Aujourd’hui tombé dans l’oubli, William Sachs connut une honnête petite carrière dans les années 70. Carrière qui s’acheva en « beauté » avec Galaxina, un très sympathique nanar SF devenu aujourd’hui œuvre culte (peut-être plus parce qu’il est l’un des tous derniers films de Dorothy Stratten, avant son assassinat, que pour ses qualités intrinsèques, mais bon…). Ici, Willam Sachs s’inspire du cinéma « cormanien » des années 50 (c'est-à-dire, on pose la caméra et on va boire un café pendant les comédiens font leur job), ce qui n’est pas très étonnant quand l’on sait que le producteur, Samuel W. Gelfman, est un collaborateur de Roger Corman. Ce choix contribue à entretenir un aspect kitch pas forcément désagréable mais hélas souvent ridiculisé par une mise en scène plus qu’approximative (la séquence de discussion dans la chambre de Steve West, entre l’infirmière et le docteur, sonne aussi faux qu’un piano mal accordé). Certains choix de réalisation et de montage étonnent également, comme celui de filmer au ralenti, cadrée de face en plan large, une infirmière grassouillette courant dans un couloir et fuyant en hurlant devant… euh, rien - Premier fou rire. Et de retrouver cette même infirmière dehors, sur le parking de l’hôpital étonnamment désert (la scène se déroule en plein jour), saisie par une créature claudicante qui avait au moins cinquante mètres de retard deux minutes auparavant - Deuxième fou rire.

Pour ce qui est de l’interprétation, les fans de séries TV des années 70 ne vont pas manquer de reconnaitre, dans le rôle du docteur Nelson, Burr DeBenning, un comédien qui interpréta un nombre incalculable de seconds rôles pour la télévision. Le genre d’acteur dont tout le monde connait le visage sans arriver pour autant à mettre un nom dessus. The Incredible Melting Man est l’une de ses rares participations à une œuvre cinématographique. Malheureusement pour lui, et bien qu’il n’y ait pas grand-chose à reprocher à sa performance, ce n’est pas ce film qui aura contribué à lancer sa carrière.  Plus connu du grand public est Myron Healey. Cet habitué aux rôles de sheriffs et de militaires interprète ici le général Perry, qui veut corriger les conséquences de cette expédition tout en étouffant l’affaire. Un rôle à sa mesure, donc, qu’il remplit sans zèle.  Enfin, pour la petite histoire, en observant bien, il vous sera possible de reconnaitre dans le rôle d’une victime, le futur grand réalisateur Jonathan Demme, au coté de Janus Blythe (Ruby dans les deux volets de La colline a des yeux).

La conclusion de

Bon, disons-le tout de go, le plus gros intérêt de The Melting Man réside dans le travail de Rick Baker et Greg Cannom, qui nous offre ici la vision bien dégueulasse d’un homme se transformant en un amas de chairs putrescentes, à la manière du cinéma trash. On peut également s’amuser du ridicule des situations, comme lorsque les grands parents de madame Nelson pénètrent dans un jardin pour y voler des citrons, et se conforter à l’idée que William Sachs n’a, à aucun moment, pris son projet au sérieux. Le final, empli d’humour noir, où The Melting Man finit dans une vulgaire poubelle, laisserait même à croire que William Sachs pensait que les spectateurs pourraient réserver le même sort à son film. Ce qui n’est pas le cas, car son film est un nanar rigolo.

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar rigolo
  • Des maquillages cheap mais bien trashs

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario bourré d’incohérences
  • Une réalisation sans génie
  • Un film fauché
  • Une mise en scène approximative

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