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Skyline >

Critique du Film : Skyline

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 15 décembre 2010 à 17:59

Brain snatchers from beyond the Space


Produit dans une relative discrétion pour la "modeste" somme de dix millions de dollars, Skyline est arrivé sur les écrans américains après une assez brève campagne marketing. Les trailers qui tournèrent sur le web, récupérant quelques extraits de séquences spectaculaires, nous laissèrent à penser que le nouveau film des frères Strause se posait comme une sorte de mixage entre Cloverfield, Independence Day et La Guerre des mondes. A la vue du résultat; pas de doute, il n'y a pas eu tromperie sur la marchandise.
Hélas, serait-on tenter de dire...

Le scénario de Skyline se pose en effet comme un vulgaire agrégat de retranscriptions, à peine modifiées, d'éléments composant les œuvres précitées. Dés l'entame, d'ailleurs, l'on est conforté dans cette impression de redite. On y découvre une méthode d'introduction de personnages identique à celle de Cloverfield (qui n'était déjà pas des plus finaudes), avec l'organisation d'une party chargée de tous les réunir en un même lieu. Si l'attaque ne se produit pas durant la fête et qu'il s'agit là d'un anniversaire et non pas d'un pot de départ, le spectateur averti pourrait tout de même trouver ce procédé de copier-coller un peu osé sans risquer, pour autant, de passer pour un pisse-froid. Le même spectateur pourrait même affirmer que les Strause, en plus de faire preuve d'un total manque d'originalité, échouent totalement à atteindre l'un de leurs principaux objectifs - qui est probablement de nous attacher aux personnages - avec une mise en situation bien trop longue et aussi passionnante que l'anniversaire de tante Berthe - le look beauf californien en prime. Le récit nous offre ainsi un regard sur des individus superficiels et prétentieux, engagés dans des relations amoureuses "extraconjugales" qui ne seront jamais exploitées, et qui laissent transpirer un niveau de QI équivalent à celui d'un hamster. Entre les prêches traditionnalistes et patriotiques de La guerre des mondes et Independence Day, et les pétasses et lascars de Skyline, le kaiju made in America a du mal à trouver un juste milieu. Ah si, il existe, avec Cloverfield, dommage que celui-ci soit réalisé avec les pieds.

Bref, une fois la soirée terminée (ouf!), on retrouve les antipathiques protagonistes de l'histoire assoupis dans un appartement souillé (très légèrement) par les stigmates de la fiesta. Survient alors une lumière, dont les rais passent sous les volets (on devine le projecteur stroboscopique derrière le rideau, probablement récupéré dans les vieux stocks abandonnés ayant servis aux tournages de Rencontres du troisième type). Tiens, se dit-on, encore un cliché. Certains personnages, attirés par la lumière, vont être littéralement aspirés par le phénomène ("abductés", diraient les ufophiles et Fox Mulder). D'autres vont réussir à s'en sortir (secoués par un ami ou se prenant les pieds dans le tapis), non sans subir une subtile modification de leur métabolisme. Pourquoi? Comment? Ne cherchez pas, vous n'en sauriez rien. En fait, plus le spectacle défile devant nos yeux, plus l'on se rend contre que ce film n'est qu'une incohérente plâtrée de concepts et stéréotypes piqués à droite et à gauche, réunis sans aucun soucis de logique, et encore moins de renouvellement. Pour les frangins, l'essentiel est que le récit avance (ou plutôt tourne en rond, puisqu'au bout d'une heure les personnages se retrouvent dans la même pièce qu'au début) afin de pouvoir concrétiser à l'écran leur passion pour les monstres, petits et gros (courts, longs, carrés, comme les Barbapapas). Ainsi, il ne sert à rien de s'étonner de trouver sur un toit d'immeuble un rachitique commando de cinq militaires simplement armés de leurs bites et d'un couteau (plus un lance-roquette), sans aucun appui logistique, tout comme il est superflu d'essayer de trouver les indices ayant encouragé les "héros" à penser que les aliens les laisseront tranquilles s'ils embarquent sur un navire, ancré dans la Riviera.

Puis soudainement, de simplement raté, le film va s'orienter vers le ridicule pour atteindre son paroxysme dans une pathétique conclusion. En fait, le métrage enchaine dans sa deuxième moitié des séquences concourant pour être élue comme la plus stupide. Et la lutte est serrée. Le combat à mains nues entre Eric Balfour (acteur toujours aussi fade) et un alien, totalement surréaliste, aurait sans aucun problème pu figurer dans une scène de Mars Attacks ! Lorsque le concierge chicanos (David Zayas), blessé, se fait exploser le buffet à la grenade pour entrainer dans la mort de méchants aliens cons comme des manches (ou plutôt des aspirateurs), on a l'impression de mater un pastiche d'Aliens, le retour. Et on rit encore plus quand, "invité" à bord d'un vaisseau mère biomécanique (merci Hans Rudi Giger) où gisent, dans une matrice visqueuse, des centaines d'humains capturés, l'on découvre le processus de création des aliens de combat: l'extraction du cerveau d'un prisonnier humain (pop! Comme un bouchon de champagne!) et sa greffe sur l'une des créatures. Evidemment, comme l'on pouvait s'en douter, ce bel engrenage va se gripper quand l'esprit désincarné du héros va réussir à prendre le contrôle de son hôte - sans que l'on sache pourquoi il serait le seul à réagir comme cela. D’ailleurs, à ce moment là, cela fait longtemps que l’on a cessé de se poser des questions. On ingère.

En fait, la seule chose à sauver dans Skyline, ce sont les effets visuels. En effet, si le design des créatures ne présente rien d'original, il serait malhonnête d'omettre de dire que techniquement, Skyline est une réussite. Les Strause sont des grands spécialistes des effets spéciaux et ils démontrent ici leur savoir-faire dans le domaine. De plus, comme les frères Strause ont opté pour une réalisation nerveuse mais traditionnelle, on évite donc les effets "faux documentaire" et shaky cam et l'ensemble bénéficie d’une excellente lisibilité. Ainsi, même si l'on trouve complètement stupide le comportement de ces extra-terrestres gigantesques qui coursent des humains qui leurs apparaissent comme des fourmis, on ne peut qu'apprécier la qualité visuelle du spectacle. On s’en contentera. Ou pas.

30

Après le mauvais Aliens vs Predator Requiem, les frères Strause continuent de nous encourager à penser que s'ils sont d'excellents techniciens d'effets spéciaux, ils sont aussi de piètres cinéastes ne sachant, de plus, pas choisir leurs scénarii. Au final, Skyline est un film absolument débile, sans aucune originalité, qui ne vaut que pour ses effets spéciaux et un humour involontaire apte à amuser les amateurs de nanars.

Critique de publiée le 15 décembre 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Excellents effets visuels
  • Parfois involontairement drôle

Que faut-il oublier ?

  • Scénario minimaliste
  • Personnages inintéressants
  •  Festival de poncifs
  • Aucune cohérence narrative

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