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Critique du Jeu de société : Kamisado
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Critique du Jeu de société : Kamisado

Avis critique rédigé par Amaury L. le dimanche 28 novembre 2010 à 0805

Sans tours, votre dragon n’est rien…

Un duel presque fratricide oppose deux dragons sur un champ de bataille haut en couleurs. Le vainqueur obtiendra la suprématie incontestable du royaume et bâtira des tours dressées fièrement vers le ciel, témoignage de sa puissance éternelle. Quel dragon pensez vous être, le vaincu ou le vainqueur ?

Pas de dragon dans la boîte… 

Malgré deux magnifiques dragons chinois ornementant la couverture, aucun n’honore de sa présence l’intérieur de la boîte. Toutefois, le matériel offert se manipule avec plaisir et incite à découvrir l’essence de Kamisado. Seize Tours – Dragons (huit par couleur) remplissent agréablement le thermoformage accompagné d’un magnifique plateau recto / verso (tablier pour les puristes) divisé en soixante quatre cases colorées. Ils restent seulement vingt deux Dents de dragons appartenant à nos légendaires reptiles, en plastique, qui témoignent de leur existence. Une règle du jeu en plusieurs langues (dont le français) complète un ensemble incontestablement réussi.

 

Des règles qui se répètent, ça énerve le dragon… 

Le but premier du jeu est de parvenir sur la dernière rangée (la première pour son adversaire) avec une de ses pièces. Ensuite, les règles offrent plusieurs niveaux de jeu (règles rapides, de base, standard, longue et marathon).

A son tour, un joueur déplace une de ses huit pièces d’autant de cases qu’il le souhaite en ligne droite ou en diagonale (sans bifurcation, ni retour en arrière, ni latéralement). Il est interdit de passer au dessus d’une Tour-dragon adverse ou amie. La case colorée où s’arrête la pièce indique la couleur de la pièce que jouera l’adversaire. On continue ainsi tant qu’un joueur n’atteint pas la rangée de base adverse. Il gagne la partie.

Ces quelques règles sont communes à tous les niveaux. Ensuite, des règles additionnelles se greffent au fur et à mesure. La résolution des blocages, l’apparition de pièces gradées (Sumo, Oshi, Double sumo) qui peuvent pousser les adversaires mais se déplacent moins librement, les parties qui se jouent en un certain nombre de points (trois, cinq, sept et quinze) complètent les règles rapides. On note une répétition systématique des règles préalablement explicitées dans niveau précédent ce qui crée une confusion et une première lecture fastidieuse.

 Kamisado, un beau cadeau… 

Apparu sur le monde du jeu en 2008 sous une édition plus prestigieuse et onéreuse, Kamisado se classe parmi les jeux de stratégie abstraite. La thématique basée sur les dragons ornementés de quelques références visuelles ou vocables au continent asiatique ne transpire que rarement. Se déroulant sur un tablier semblable à celui des Echecs, Kamisado se rapproche de son aîné en raison du niveau élevé de réflexion exigée. A cet égard, les premières parties se jouent dans une espèce de brouillard ludique où chacun tente de maîtriser au mieux sa partie tant une visualisation pertinente de ses actions paraît délicate. On discerne immédiatement les qualités intrinsèques, le fort potentiel de Kamisado mais avec le sentiment de juste effleurer la profondeur stratégique de ce dragon abstrait. Il faut compter trois ou quatre parties d’expérimentation avant de réellement planifier une amorce de stratégie, et surtout de s’absoudre d’erreurs grossières.

Clairement, le plaisir augmente avec l’enchaînement des confrontations et en mode partie longue ou marathon. Alors, la richesse et la multiplicité des stratégies apparaissent, on s’émerveille d’une anticipation réfléchie sur plusieurs coups qui piège efficacement son adversaire, du déplacement opportun d’une pièce qui bascule le sort de la manche en sa faveur, de la beauté d’une stratégie payante qui ne laisse aucune chance. Kamisado séduit par l’élégance de ses mécanismes, la beauté de son matériel, et la durée de vie conséquente qu’il dégage. Les amoureux du projet GIPF, une série de jeux de stratégie abstraite créée par Kris Burm, tous compatibles les uns aux autres, apprécieront ce remarquable opus qui s’élève parmi les meilleures créations dans cette catégorie au cours de ces dernières années. Alliant la simplicité et l’intelligence, Kamisado s’adapte à tout public, des enfants de huit ans aux adultes, avec sa règle croissante en complexité et en durée. Une partie avec les règles basiques (une demi-page) se joue en une vingtaine de minutes au plus, une longue entre quarante et cent vingt, la marathon se court parfois en cinq heures. En tournoi, il suffit de prévoir un minuteur, comme aux échecs, avec un temps imparti à chacun afin d’éviter des longueurs inutiles. Evidemment, un joueur aguerri gagnera systématiquement face à un novice, défaut récurrent de cette famille où le hasard est laissé au vestiaire. Entre joueurs chevronnés, une victoire s’obtient uniquement par leur talent de stratège, leur concentration et éventuellement la bonification d'une erreur (minime) adverse.

Kamisado existe sous deux versions éditées, celle de l’éditeur Burley Games qui se différencie uniquement par un matériel plus travaillé et un prix presque doublé par rapport à celle proposée par Huch & friends et Gigamic, 40 € au lieu de 21 €. En toute objectivité et sans favoritisme, optez pour la version à une vingtaine d’euros, le rapport qualité / prix est excellent, mécaniquement et matériellement. Ca va dragonner sévère !

La conclusion de

Peter Burley concocte des jeux qui brassent les neurones complaisamment. Peu prolifique, seulement trois jeux au compteur (Take it easy, un casse-tête à plusieurs vraiment labellisé « grillage de neurones en masse », et Treasure Island, une course de pirate tactique autour d’une île au trésor), Peter Burley sort un grand jeu de stratégie avec Kamisado, dévoilant une richesse et une accessibilité extraordinaires. Modulable autant sur la complexité et la durée des parties, ce jeu à la thématique artificielle s’adapte à un large public. A la vue du matériel à l’inspiration délicieusement asiatique, résister à la tentation d’expérimenter le jeu devient un vrai challenge. Un dragon abstrait terriblement séduisant !

Que faut-il en retenir ?

  • Mécanismes élégants.
  • Une certaine originalité.
  • Rapport qualité / prix excellent.
  • Très bon stimulant pour cerveaux.
  • Aucun hasard.

Que faut-il oublier ?

  • Exigeant au niveau de la concentration.
  • Intéressant si joueurs de même niveau.
  • Où sont les dragons ?

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