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Critique du Film : Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec
Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec >

Critique du Film : Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 22 novembre 2010 à 1606

Les aventures d’Indiana Dèle

La quête d'Adèle Blanc-Sec - trouver un remède qui pourrait tirer sa sœur de son état de légume - l'amène en Egypte, où elle espère avoir accès à la science des pharaons. Pendant ce temps, à Paris,  Robert Espérandieu, tout à ses expériences, fait éclore un œuf de ptérodactyle exposé au musée d'histoire naturelle...

En se lançant dans cette première adaptation de la célèbre œuvre de Jacques Tardi, Luc Besson prenait un gros risque, tant l'univers d'Adèle Blanc-Sec est atypique, avec une ligne graphique difficile à retranscrire à l'écran et une ambiance bien particulière,  croissement entre la légèreté optimiste de la Belle Epoque et la SF parodique bien déjantée. L'homme orchestre du cinéma français était donc attendu au tournant... et d'autant plus lorsque ses détracteurs apprirent que son choix, pour interpréter l'héroïne, s'était porté sur Louise Bourgoin.

Le scénario des Aventures Extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec est une adaptation très libre d'Adèle et la bête, premier album du cycle (paru en 1976), dans lequel ont été introduits des éléments d'albums postérieurs (comme Momies en folie, quatrième tome du cycle). Par contre, si Luc Besson prend d'énormes libertés dans la construction de l'intrigue, il se penche à récupérer et conserver les principaux personnages de l'œuvre de Tardi dans leurs rôles habituels. Les fans de la BD verront donc  se matérialiser à l'écran le docteur Ménard, l'aimable président Armand Fallières, les flics Dugommier et Caponi, le timide Antoine Zborowsky et l'ennemi intime de la jolie Adèle ; le professeur Dieuleveult. Il introduit aussi un autre personnage : la sœur d'Adèle, que Tardi, si je ne m'abuse, ne fera entrer dans l'univers de la jeune héroïne que bien plus tard. Par ce qui est de l'histoire, on se retrouve devant Adèle Blanc-Sec qui, se jugeant responsable de l'état de sa sœur, va aller jusqu'à chercher l'aide de la momie du médecin de Ramsès II, qu'elle espère ranimer grâce à la science de Robert Espérandieu. Un Robert Espérandieu est peu zinzin qui est responsable de la présence dans le ciel parisien d'un agressif animal préhistorique.

Le cinéaste a pris pour option d'estomper légèrement quelques aspects de la BD de Tardi (les personnages sont beaucoup plus lisses, avec notamment une Adèle bien plus aimable) et à moderniser les lignes de dialogue, amenant au film un aspect uchronique un peu ridicule. L'élément parodique, heureusement, est toujours bien là et il fonctionne assez bien quand il ne sombre pas dans le puéril et le pipi-caca - comme lorsque, après avoir ramené une momie à la vie, Adèle réalise qu'elle s'est trompée de personne et que ce mort-vivant excessivement bavard ne lui est apparemment d'aucune utilité.  Pour ce qui est de l'ambiance, le rendu final se rapproche d'ailleurs assez de celui du Cinquième élément, avec un aspect aventureux et un brin foutraque,  un mélange hétéroclite, rapidement mis bout à bout, qui ne se montre pas toujours des plus efficaces. En effet, encore une  fois, Luc Besson, homme pressé, montre ses limites dans l'écriture. Le scénario du film n'est finalement qu'une succession de vignettes (parfois « empruntées » ailleurs, comme cette introduction évoquant le cinéma de Jean-Pierre Jeunet) mettant en scène des protagonistes furtifs, avec notamment un méchant (Dieuleveult) dont la présence n'est qu'anecdotique.

Pour ce qui est de la réalisation, force est de dire que Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec porte la marque de son géniteur. Adieu le rendu roman-feuilleton qui fait le charme désuet de la BD, on évolue ici dans du pur cinéma estampillé Luc Besson, tant par le scénario que par la façon de le porter à l'écran : une réalisation très formelle, ultra-calculée, mais manquant hélas de génie et de force. Bref, du blockbuster hollywoodien sous Prozac. Au fil des séquences, les plans s'enchainent les uns derrière les autres sans créer une quelconque émotion (hormis un sourire de temps en temps) et l'on se fout complètement de ce qu'il peut advenir du sort de la sœur d'Adèle, une héroïne qui, via la mise en scène, se retrouve transformée en une version féminine d'Indiana Jones. A coté de cela, si les décors représentant le Paris de la Troisième République sont très convaincant (tout comme les costumes), on ne peut en dire autant des effets visuels consacrés à la créature, très perfectibles, voire parfois mauvais. Ce qui ajoute à l'aspect « copie cheap » et mou du genou du cinéma hollywoodien.

Malgré tout, Les Aventures Extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec serait un gentil spectacle tout ce qu'il y a de convenable s'il ne venait pas s'ajouter à ce bilan un problème de taille : Louise Bourgoin. Chers amis, si vous trouviez que Luc Besson manquait de flair pour le talent de ses actrices (apparemment, il apprécie plus leur plastique que leurs capacités dramatiques), la discutable performance de Louise Bourgoin va vous conforter dans votre position. C'est bien simple, chaque apparition de la « comédienne » (et il y en a beaucoup puisqu'elle interprète le rôle principal) est un véritable supplice tant elle manque de naturel et donne dans le sur-jeu. Le rôle était assez difficile à interpréter, je l'admets, car Adèle est une femme moderne, énergique et doté d'un fort caractère (bref, tout sauf une potiche) mais il est franchement, difficile de d'apprécier la vue d'une aussi piètre performance (même si Louise Bourgoin est absolument ravissante).  Certains critiques ont jugé sa prestation pétillante. Peut-être, mais alors  comme un mauvais champagne. 

Quand au reste du casting, il doit s'effacer devant une Adèle quasi omniprésente à l'écran, rendant vains les efforts de comédiens talentueux. Tous interprètent des personnages sous-exploités et caricaturaux (Jean-Paul Rouve, qui n'a que dix minutes de présence à l'écran, en fait des tonnes dans le registre du chasseur abruti). Finalement, le ptérodactyle est le protagoniste qui se voit le plus privilégié.

La conclusion de

En faisant d’Adèle Blanc-Sec un personnage nettement plus sympathique que dans les BDs, Luc Besson a complètement dénaturé l’œuvre de Tardi. Transformée en une sorte d’Indiana Jones au féminin, la parisienne (interprétée de façon peu convaincante par Louise Bourgoin) se retrouve projetée dans un univers où subsiste quelques reliquats de la source originelle mais qui, miné par un scénario sans relief, s’avère un peu monotone. La mise en scène, excessivement molle, et la réalisation, trop formelle, finissent par donner aux Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec des allures de copie cheap de blockbuster hollywoodien. Le résultat n’est finalement pas désagréable à visionner - certains passages sont même drôles - mais certainement pas mémorable.

Que faut-il en retenir ?

  • Les décors numériques et les costumes
  • L’univers originel
  • Quelques passages amusants
  • Une ambiance parfois fun
  • Moins nul que Belphégor

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario mal écrit
  • Une réalisation fainéante
  • Louise Bourgoin, qui ne m’a pas convaincu du tout
  • Des personnages sous exploités, un méchant ignoré
  •  Des FX parfois perfectibles

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