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Critique du Film : Monsters
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Critique du Film : Monsters

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 3 novembre 2010 à 2327

Quand la Terre a un nouveau locataire

Un homme et une femme errant dans un milieu anxiogène (une forêt envahie par des créatures extra-terrestre), voilà le pitch de Monsters, un film à tout petit budget réalisé par Gareth Edwards et qui, porté par le buzz, est arrivé dans les festivals précédé d'une excellente réputation de monster movie.  Tant et si bien que le métrage fut souvent comparé à District 9, en sa qualité de production indépendante au rendu étonnamment bon. Hors, il faut savoir que les deux films n'ont strictement rien en commun... D'ailleurs, Monsters n'est même pas un monster movie...

Déjà, Monsters a coûté beaucoup moins cher que District 9 (15,000€ au lieu de 30,000,000$). Ensuite, les différences entre les thématiques et les choix de réalisation sont telles que les deux films ne peuvent être abordés et considérés de la même manière. Par contre, s'il faut vraiment trouver un point commun entre ces deux films phénomènes, on peut affirmer que les deux cinéastes y font montre de la même passion et de la même application, avec une excellente connaissance de leurs capacités.  Au final, pour Monsters, le résultat à l'écran est si bluffant que l'on a du mal à croire, à la première vision, que le film est le fruit du travail réalisé par une équipe technique de deux personnes, un casting de comédiens et figurants bénévoles et du matériel de tournage semi-professionnel. Un sacré pied-de-nez à la grosse machinerie hollywoodienne! Ceci dit, reste maintenant à fixer le seuil d'intérêt du film.

Pour ce qui est de l'intrigue, à la manière d'un drame de film de guerre (situation d'urgence, déplacement de population, loi martiale, économie parallèle, etc.), le scénario de Monsters nous invite à accompagner un couple réuni par un enchainement de circonstances dramatiques (le destin, quoi). En traversant une zone inhospitalière, ils vont apprendre à se connaitre et s'apprécier. Un homme, journaliste désabusé et affectivement ébranlé, et une femme, jeune fille de riche arrachée à son cocon doré, qui vont tout d'abord devoir se côtoyer par obligation avant de se rapprocher, oublier leurs différences, se recentrer sur l'essentiel... pour finalement s'aimer. Un script assez simple, donc, d'autant plus naïf qu'il se ponctue par un dénouement presque disneyen, avec le spectacle de deux êtres s'avouant leur passion mutuelle en admirant la jolie parade amoureuse de deux immenses aliens. 

 Le film se veut aussi porteur d'un gentil message écologique qui, par son aspect animiste, n'est pas sans évoquer le cinéma de Hayao Miyazaki (notamment quand les personnages s'extasient devant les spores). Devant l'apparition de ces espèces inconnues, l'homme réagit violemment et agit sans discernement - une violence démesurée puisqu'elle tue autant d'humains que d'aliens dans des bombardements massifs. L'attitude agressive des "envahisseurs" n'est en fait qu'une logique réaction défensive. En frappant sans réfléchir, l'humanité se pose comme un adversaire de l'évolution, un réactionnaire aveugle refusant de partager une planète qu'il considère comme sienne. Mais Monsters ne lève pas que ce seul débat car en plus d'être une fable écologique, le film est aussi un pamphlet politique. Les américains en prennent en effet pour leur grade avec leur décision de construire un mur sur leur frontière mexicaine pour éviter toute "intrusion non souhaitable". Une vaine initiative qui se veut évidemment être une métaphore du Secure Fence Act, décision très contestée du gouvernement américain de construire une barrière sur sa frontière mexicaine pour freiner l'immigration clandestine. La réaction des mexicains, véritables laissés-pour-compte dans cette crise qui dure depuis plusieurs années est également assez critique puisque le film présente son lot d'ordures profitant de la situation pour s'enrichir sur le dos des gringos et de leurs concitoyens. Bref, sans concession (et de manière assez primaire, il faut bien l'admettre), Gareth Edwards tape sur ses congénères qui apparaissent finalement comme les véritables monstres du film.

Tout cela est bien joli mais concrètement, une fois que l'on a bien décortiqué Monsters, l'on se rend compte que le film n'arrive finalement pas à offrir autre chose que ce qu'il peut se permettre. C'est à dire pas grand chose à part du concept. En effet, si le traitement est bluffant, le film n'est rien d'autre que l'assez simpliste voyage initiatique d'un couple via un road movie exotique aux allures de Jurassic Park (premier du nom, où le professeur associable s'humanisait au contact des enfants). Dans le registre psychologique, Gareth Edwards effleure seulement les sujets, et dans le registre du spectaculaire, il faudra pendant plus d'une heure se contenter de la vision d'une chambre de motel, d'une forêt de rhododendrons et d'une rivière. Seul le final, vraiment très impressionnant avec des effets visuels extrêmement bien incrustés, se démontrera sidérant en terme de rapport qualité/prix. Ce qui est incroyable, par contre, c'est qu'à aucun moment le film ne se montre ennuyeux. Le réalisateur dévoile une telle maitrise dans la gestion du rythme, avec une minutie incroyable apportée au montage, à la bande sonore et à la mise en scène, que Monsters est un spectacle très agréable (bravo également aux deux comédiens, qui assurent très bien leurs rôles, en faisant preuve d'une grande sobriété). Je n'avais jamais regardé RIEN (car Edwards n'a même pas les moyens de s'offrir des plans contemplationistes à la Terence Malick) avec autant de plaisir tant le film encourage - de manière transparente - notre imagination à combler les manques. Et c'est sur cette habileté à donner le change que le travail de Gareth Edwards frôle le génie.

La conclusion de

Monsters est la preuve par l'image que le talent, associé à la sincérité et à l'imagination, peut combler largement le manque de moyen. Fable écologique sous forme de voyage initiatique, le film de Gareth Edwards développe certes ses thématiques de manière assez primaire mais il le fait avec une telle élégance et une telle sensibilité que le spectacle reste à tout moment agréable. On peut être également admiratif devant la maitrise technique du réalisateur qui, avec un tout petit budget, est parvenu à construire une œuvre de qualité.

Que faut-il en retenir ?

  • Un exceptionnel travail de réalisation
  • Des thématiques intéressantes
  • Un film sobre, jouant sur ses atouts
  • Une aimable fable écologique

Que faut-il oublier ?

  • Un manque de profondeur
  • Des personnages aux profils assez vite dessinés
  • Le final, un brin trop naïf

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