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Moi, Moche et Méchant >

Critique du Film d'animation : Moi, Moche et Méchant

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 31 octobre 2010 à 23:50

Moi, moche et méchant... et pas très original aussi...

Dernier acteur a s'être lancé dans la production de films d'animation en 3D, Universal livre son premier opus cinématographique avec Moi, Moche et Méchant. Alors que ses concurrents directs sont implantés sur le marché depuis plusieurs années, et ne parviennent toujours pas à sortir de l'ombre du géant Pixar, il pouvait apparaître ambitieux pour ce studio, déjà acteur mineur du film d'animation 2d (les confidentiels Balto ou La Légende de Despereaux sont ses plus grosses productions), à se lancer dans sur un marché déjà saturé. D'autant qu'à la vision de la bande-annonce, Moi, Moche et Méchant accusait d'une certaine fadeur technique au regard des ses proches concurrents (voir Le royaume de Ga'Hoole qui sort à la même période et est visuellement supérieur en tout point), et ne semblait disposer que d'un scénario bien convenu et en tout point prévisible. Pour être franc, ces craintes se trouvent toutes confirmées à la vision du long-métrage, mais pourtant, le film fonctionne et s'avère au final très sympathique...

Bien sur, Moi, Moche et Méchant n'est pas un chef d'oeuvre, il s'agit même d'un film très convenu qui, c'est certain, ne restera pas dans les mémoires. En effet, pour cette première production, Universal ne s'est pas franchement mouillé, et a visiblement préféré tabler sur un produit classique pour être certain de toucher son coeur de cible (la famille). L'histoire racontée est donc simple, désespérément prévisible dans ses péripéties et très neuneu dans son épilogue dégoulinant de bons sentiments. Les enfants y verront un long-métrage accessible dès le plus jeune âge - ce qui n'est pas toujours le cas des films de Pixar - et les parents pourront en toute tranquillité emmener leur progéniture voir ce spectacle bien pensant et à la morale sauve. En comparaison, Moi, Moche et Méchant rappelle ainsi la construction des produits Disney mettant en scène un pseudo anti-héros qui trouvera finalement le bonheur en rentrant dans le droit chemin, à l'image d'Aladdin ou encore de Kuzco.

Et à l'instar de ces deux oeuvres, ce qui fait le charme de Moi, Moche et Méchant est finalement la faculté qu'à le film de savoir s'adresser à toutes les tranches d'âges. Ainsi, les parents accompagnant leurs enfants passeront, c'est certain, un agréable moment tant les divers gags qui émaillent le scénario savent se doter de multiples niveaux de lecture. Les plus jeunes riront devant les passages les plus énormes, tandis que les plus vieux se satisferont de voir ici et là nombre de petits gags plus subtils qu'ils seront presque seul à pouvoir saisir. Les geeks, quand à eux, apprécieront les nombreuses références et autres clins d'oeil qui ne manqueront pas de leur rappeler films ou jeux vidéos. Ainsi, dans Moi Moche et Méchant, tout le monde rit, pas nécessairement au même moment, donnant au film un capital sympathie indéniable et contribuant au fait qu'en dépit de ses (très) nombreux défauts, on passe un agréable moment devant les mésaventures du méchant Gru.

Pour ce faire, scénaristes et réalisateurs n'ont pas cherché à faire preuve d'originalité ou de créativité ; au contraire, ils sont simplement aller piller à droite et à gauche ce qui fonctionnait chez leurs concurrents. Ainsi, dans la plupart de ses aspects, Moi, Moche et Méchant rappelle quantité d'autres long-métrages ; cela se fait parfois sur un mode référenciel (le design du personnage principal qui ne manque pas de rappeler Fétide Addams), mais cela s'apparente, la majeure partie du temps, à un plagiat à peine dissimulé (les petites créatures qui agissent comme des Lapins Crétins, la petite fille qui est dessinée sur le même modèle que la Bouh de Monstres & Cie). Le résultat était garanti d'avance, le long-métrage fonctionne, mais le revers de la médaille se trouve dans son manque flagrant d'originalité qui le prive d'une véritable personnalité, et, à plus long terme, d'une véritable envie pour le spectateur de revoir le film. On se trouve ici dans l'archétype même du film pop-corn, vite vu et tout aussi vite oublié.

Il faut également reconnaître aux deux réalisateurs une certaine habileté pour introduire dans le film un rythme soutenu. Ainsi, bien que leur histoire soit totalement prévisible, ils réussissent à faire en sorte que Moi, Moche et Méchant ne soit jamais ennuyeux. Pour ce faire, ils passent par une juste alternance de scènes comiques, de scènes d'action et de moment (plus rares, heureusement) d'émotion. Ils parviennent même à rendre les divers protagonistes attachants, alors même que le scénario ne propose que des personnages très faibles (Vector s'apparente à un Syndrôme du pauvre, Edith vole constamment la vedette à ses deux soeurs, le potentiel du Dr Nefario n'est jamais exploité plus loin que le strict nécessaire lié à son statut de rôle secondaire, et le grand méchant Gru n'est finalement ni très égocentrique, ni très méchant) ; en portant malgré tout sur eux un regard plein de sympathie, Pierre Coffin et Chris Renaud leur permettent de donner un vrai charme au long-métrage.

Enfin, pour s'intéresser à l'aspect purement technique du film, force est de reconnaître que Moi, Moche et Méchant accuse d'un certain retard et d'une véritable fadeur. Même s'il paraît évident que la course à la technique n'était pas au coeur des préoccupations du studio, on était tout de même en droit d'attendre quelque chose de visuellement un peu plus travaillé. Le film fait ainsi bien pâle figure au regard des productions concurrentes issu de studios du même gabarit (Dragons chez Dreamworks, Le royaume de Ga'Hoole chez Warner). Sans arriver à un niveau DTV, voire à un résultat final visuellement atroce, tout l'aspect technique souffre d'un manque d'ambition qui le prive d'une véritable identité visuelle. A ce niveau, seule la bande-originale de Hector Pereira sort du lot grâce à ses musicalités que l'on croirait issue d'un James Bond des années cinquante. Passé cette petite coquetterie, rien ne fait sortir le film de la moyenne, pas même une 3d une nouvelle fois très gadget.

60

Moi, Moche et Méchant ne brille clairement pas par son originalité, tellement, d'ailleurs, qu'il est visible que scénaristes et réalisateurs ont repompé à droite et à gauche tout ce qui fonctionnait bien dans le cinéma d'animation. Au final, le film n'est donc pas original pour un sou, mais s'avère malgré tout efficace sur nombre de ses aspects, suffisamment, en tout cas, pour que petits et grands passent un agréable moment régulièrement ponctué d'éclats de rire. Après, cet aspect déja-vu mêlé à une histoire paresseuse et à une animation pas franchement extraordinaire font de Moi, Moche et Méchant un film presque anecdotique, vite vu, et tout aussi vite oublié...

Critique de publiée le 31 octobre 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Humour à double niveau de lecture,
  • Aspect référenciel réussi,
  • Réalisation appliquée,
  • Parfaitement rythmé,
  • Une excellente bande-orignale.

Que faut-il oublier ?

  • Rappelle trop d'autres films,
  • Une histoire fainéante,
  • Un scénario très prévisible,
  • Une animation moyenne.

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