75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°2 : Remontez le temps jusqu'à l'installation de votre Adblocker et rajoutez-nous en liste blanche.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Film : From Hell it came
From Hell it came >

Critique du Film : From Hell it came

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 18 octobre 2010 à 1757

La revanche de la vieille souche


 

Sur un plateau hollywoodien maquillé en île exotique, une poignée de figurants tente d'imiter avec peine quelques danses tribales. Vêtus de pagnes en tissu synthétiques et de caleçons à fleurs, ces peu convaincants indigènes, sous la direction de leur sorcier, semblent impliqués dans un cérémonial vaudou. En fait, ils sont en colère contre Kimo, leur prince, ce californien noirci au charbon allongé, ligoté sur le sol et torturé par une poule qui lui picore le cuir chevelu. Abusés par leur sorcier, un usurpateur et les propos de femmes intrigantes, ils l'accusent d'avoir pactisé avec le diable en personne, à savoir les colons américains établis dans l'île. Ils ont donc décidé de l'exécuter. Alors, le sorcier, après quelques étranges diatribes, plante avec sadisme une rapière miniature dans la poitrine d'une poupée... pendant que les sauvages l'imitent en fichant un couteau dans le cœur du supplicié! C'est sûr, la magie noire, pratiquée comme cela, se révèle infaillible. Puis ils enterrent son corps, enfermé dans un cercueil de bois.

Parallèlement, on apprend que cette île a subi dernièrement les retombées d'essais atomiques un peu foireux. Une mission américaine est donc sur place, chargée d'évaluer les conséquences de ces tests sur l'environnement et la population de l'île. Ainsi, pendant que non loin de là un prince est assassiné, les scientifiques vaquent à leurs banales occupations, qui se résument à boire du café et supporter les bavardages incessants d'une compatriote tenant un comptoir commercial. On a à ce moment un très bon aperçu de la pauvreté affligeante des dialogues qui composent la totalité du film. Heureusement, l'arrivée en hélicoptère de la Navy (en fait, un appareil civil grossièrement maquillé) d'une jeune et jolie collègue (accompagnée d'une musique jazzy un peu sexy) va contribuer à mettre un peu de piment dans leur quotidien.

Par contre, ce qu'ont oublié les indigènes, et qu'ignorent les américains, c'est la légende du Tabenka, qui dit que les grands guerriers, pour assouvir une vengeance, peuvent revenir d'entre les morts sous la forme d'arbre vivants!.. Et oui, comme nous, ils auraient dû écouter la voix off au début du film...

Réalisé par Dan Milner (qui deux ans plus tôt, avait déjà régalé les amateurs de nanars avec un désopilant The Phantom from 10000 Leagues), From Hell It Came repose sur un scénario aussi peu abouti que linéaire, dont deux des principaux éléments resteront à peine exploités. En effet, le complot "politique" des indigènes se résume à l'exécution du prince et à un crêpage de chignon désopilant (car bourré de faux raccords et d'une absolue mollesse) entre deux rivales désirant s'attirer les faveurs du machiavélique sorcier (très sexy, d'ailleurs, avec sa coiffe faite de dents de tyrannosaures en plastique). Quand à l'élément atomique, il ne servira que deux fois avec la consultation d'une insulaire en paréo brulée au visage et, moins explicable, l'utilisation de produits radioactifs sur la créature lors de son examen par les scientifiques. Au final, le film se concentre donc sur les exactions du Tabenka, souche de bois animée par un esprit vengeur. Et quand l'on sait que le concepteur du monstre n'est nul autre que Paul Blaisdell, l'on prend conscience que, pour l'amateur de nanar, From Hell It Came est une œuvre incontournable.

Car là encore, le créateur des extra-terrestres délirants de It Conquered the World fait très fort dans le domaine du ridicule. En effet, le Tabenka consiste en un figurant (un catcheur professionnel) revêtu d'une panoplie de latex représentant un tronc d'arbre humanoïde au look disneyen, dans lequel est fiché le couteau sacrificiel utilisé pour exécuter le prince (des fois que l'on n'ait pas pigé l'intrigue). Evidemment, le Tabenka est également un zombie, puisqu'il sort d'une tombe, qu'il est dépourvu d'émotion et qu'il est quasiment invulnérable (les indigènes tentent même d'y mettre le feu, en vain). Donc, sourcils froncés, regard cartoonesque, bras raides, il agresse ses cibles avec une rapidité proche de celle d'un escargot asthmatique, obligeant ses proies à oublier de décamper et adopter des attitudes débiles. De fait, soit elles restent figées et hurlent de terreur, les mains devant les yeux, soit elles reculent, terrifiées, pour trébucher et se retrouver au sol (à ce moment, leur attitude rejoint alors la première catégorie).  Sans oublier le sorcier armé d'une sagaie en plastique qui rate sa cible située à moins d'un mêtre (le projectile passe largement au dessus). Alors, se saisissant de ces victimes aussi paralysées qu'un chat pris dans les phares d'une voiture, le tabenka les étrangle ou les jette dans des sables mouvants. A une exception près: la jolie scientifique, qui est kidnappée par le monstre alors qu'elle s'était éloignée de ses amis pour réajuster l'un de ses escarpins de randonnée (si, si, ça existe, du moins dans les b movies des années 50). Comme quoi, l'on peut être fait de bois et avoir bon gout en matière de femme. 

Pour ce qui est de l'interprétation, contentons-nous de jeter un voile pudique sur les ridicules performances des comédiens chargés d'interpréter les autochtones pour nous intéresser plutôt à ceux incarnant les américains. Les rôles principaux ont été confiés à Tod Andrews et Tina Carver. Le premier est déjà, en 1957, un comédien expérimenté ayant fait un bout de sa transparente carrière à la télévision et dans quelques films de guerre. Sorte de succédané de John Agar au jeu peu remarquable (on peut le vérifier dans ce film), il travailla sous le pseudo Michael Ames jusqu'en 1945 - c'est d'ailleurs sous celui-ci qu'il figure aux génériques de deux films fantastiques: Return of the Ape Man (Philip Rosen, 1944) et Voodoo Man (William Beaudine, 1944). La seconde, Tina Carver, est déjà âgée de 35 ans quand elle incarne le séduisant docteur Terry Manson et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle porte très bien son âge. Cette élégante brune manquait cependant de personnalité et elle connut une carrière assez brève. From Hell It Came est d'ailleurs son dernier film (avec Le pénitencier de la peur, un film de SF tournée la même année). A partir de 1957, elle ne fit plus que quelques apparitions dans quelques séries TV avant de quitter définitivement les plateaux en 1960. Le deuxième scientifique est interprété par John McNamara, un acteur spécialisé dans les rôles de soutien de séries B. Son unique "moment de gloire" est une modeste présence au casting de War of the Colossal Beast, un film (raté) de Bert I. Gordon. Enfin, s'il ne fallait retenir qu'une seule performance dans ce film, cela serait celle de Linda Watkins. Cette actrice de télévision, qui a très souvent versé dans la comédie, a en effet bien compris ici l'ineptie de l'ensemble et elle a apparemment choisi de jouer le jeu. Elle en fait donc des tonnes dans le rôle d'une sympathique commerçante volubile et un peu naïve, sa voix nasillarde appuyant le coté comique de son personnage, et apparait finalement comme la plus convaincante.

 

La conclusion de

Exploitant le thème usité de l'aventure exotique et fantastique, From Hell It Came est une série B fauchée au scénario sans surprise qui ne vaut le coup d'oeil que par son monstre grotesque. Idole des nanarophiles, Paul Blaisdell fait honneur à sa réputation en offrant une nouvelle fois une improbable créature à la conception si grossière qu'elle en devient comique. Emprunté dans son costume, le cascadeur chargé de faire vivre le Tabenka a tellement de mal à se déplacer que Dan Milner, réalisateur et producteur du film, doit obliger ses comédiens à carrément se jeter dans ses bras, ce qui, évidemment, entraine un lot de situations bien coquaces. Au final, bourré de défauts, fruit d'une réalisation approximative, From Hell It Came fait partie de cette (richement fournie) catégorie de nanars des fifties (il rejoint ainsi les films de Roger Corman, de Edward L Cahn, et autres Ed Edward D. Wood Jr.) qui ont fini par devenir des œuvres cultes de par leurs énormes faiblesses et leur aspect kitch.

Que faut-il en retenir ?

  • Un monstre désopilant
  • Kitch et sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario mal foutu
  • Des effets spéciaux ridicules
  • Réalisation fauché
  • Interprétation approximative

Acheter From Hell it came en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de From Hell it came sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+