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Critique du Film : Before the fall
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Critique du Film : Before the fall

Avis critique rédigé par Vincent L. le dimanche 10 octobre 2010 à 1931

L'anti-Armageddon...

De Armageddon à Deep Impact (pour les plus connus), en passant par Astéroïde et Impact Final (pour les DTV), le thème de la météorite provoquant l'extinction de la vie humaine - quand ce n'est pas de toute vie sur Terre - aura été au coeur de nombreuses productions, toutes plus oubliables les unes que les autres. Après avoir fait rigoler le monde entier avec son Bruce Willis péroxidé qui se sacrifiait pour éclater un caillou spatial, Michael Bay semblait avoir purement et simplement accéléré la déchéance de ce type de film catastrophe, et l'on croyait dur comme fer que l'on était pas prêt de revoir sur un écran de cinéma ce genre de scénario. Et pourtant, il n'aura finalement fallu attendre qu'une petite dizaine d'année pour voir un petit malin déterrer ce filon et proposer une une nouvelle variation sur ce pitch ultra-convenu. A l'instar du récent Buried, cela permet ainsi à son réalisateur de se fabriquer une belle carte de visite en mettant en scène un film catastrophe fauché sans utiliser aucun autre artifice que sa créativité.

Venu tout droit d'Espagne, où, on ne le dira jamais assez, se trouve depuis de nombreuses années le véritable renouveau du cinéma fantastique, Before the fall (titre d'exploitation anglais de 3 dias) s'appuie sur un point de départ somme toute aussi idiot que celui des oeuvres US précitées. La séquence d'ouverture du film, où une pluie de météorites vient détruire un satellite avant de s'écraser sur l'un des continents terrestres, n'a ainsi rien d'original ; les premières minutes rappellent également tous les autres films ayant exploité le filon : une catastrophe, un message du président (espagnol cette fois) et une dramatique nouvelle annoncée publiquement à la télévision  (l'espèce humaine n'a plus que trois jours à vivre avant que la planète ne soit percutée par un immense astéroïde). Les similitudes s'arrêtent cependant ici, Bruce Willis ayant cette fois échoué dans cet Armageddon alternatif, on va alors suivre, pendant quatre-vingt dix minutes, le destin d'une famille condamnée dès les premières minutes du film.

La flagrante inutilité de l'histoire racontée est probablement un ingrédient qui refroidira nombre de spectateurs. En effet, passées les premières scènes montrant la panique et les pillages résultant de l'annonce officielle de la catastrophe, le film se centre autour d'une cellule familiale ayant décidé de cacher la vérité aux trois enfants vivant sous leur toit. Quoiqu'il arrive, et quoiqu'il puisse se passer, ces personnages sont alors condamnés par la nature même du scénario, et l'on peut trouver vain de continuer à regarder ce qui nous est présenté, alors même que l'épilogue est connu et incontournable (nous sommes ici dans un film espagnol, on sait donc qu'il est presque impossible de voir un sauveur débarquer à la dernière minute pour sauver la planète). D'autant plus que F. Javier Gutiérrez, réalisateur et co-scénariste du film, ne s'intéresse pas au cheminement psychologique des protagonistes, mais met étonnament en place un thriller placé sous le signe de la vengeance.

Ainsi, alors que les protagonistes ont décidé de vivre leurs derniers jours loin de toute l'agitation qui met à feu et à sang les villes, un ancien criminel, à qui les évènements ont permis de s'évader de prison, revient sur les lieux de son arrestation pour se venger de ce gamin, aujourd'hui devenu adulte, dont le témoignage avait rendu possible son incarcération. En moins de vingt minutes, le long-métrage change donc de direction pour se poser comme un thriller aux tenants et aboutissants presque basiques (dont la structure n'est pas loin des Nerfs à vif par exemple). La météorite ne devient alors plus qu'un point de détail du scénario, n'ayant plus d'autre intérêt que de mettre en perspective les actes des différents personnages ; il résulte de ce traitement original la mise en place de thématiques plutôt intéressantes, et assez intelligemment traitées, qui donnent à Before the fall une profondeur certaine qui pourra amener les spectateurs à des pistes de reflexions pertinentes.

Cela fonctionne d'autant mieux que, pour son premier long-métrage, F. Javier Gutiérrez livre une mise en scène appliquée, et donne ainsi à Before the fall une véritable solidité formelle. Ainsi, aussi bien quand il filme les premiers éléments du film catastrophe (effets de foules, panique et pillages), quand il s'agit de mettre en place un thriller en appliquant consciencieusement les codes du genre (montée en tension crescendo, final en apothéose) que lorsqu'il est question de s'intéresser aux tourments et aux interrogations métaphysiques des personnages (fait avec une sobriété bienvenue en mettant de côté tout pathos inutile), F. Javier Gutiérrez maîtrise son film de bout en bout. Sa réalisation n'est certes pas géniale et révolutionnaire (on n'est clairement pas ici en présence d'un Balaguero ou d'un Del Toro), mais elle est efficace et très appliquée, de celle qui prennent ailleurs pour dupliquer consciencieusement (à l'instar de ce que fait Matthew Vaughn par exemple).

En revanche, si F. Javier Gutiérrez possède un réel potentiel en tant que metteur en scène (comme tend à la confirmer la manière dont le manque de budget est toujours habilement cachée à l'écran), il n'en demeure pas moins un bien piètre scénariste. En effet, au delà de ses qualités conceptuelles (détournement des codes du genre, mise en place de thématiques pertinentes), sa narration fait preuve d'une constante médiocrité : l'ensemble est très manichéen, les situations sont souvent incohérentes, les réactions des protagonistes frôlent constamment la caricature et les personnages manquent sérieusement d'envergure (heureusement que le talent des comédiens palie efficacement à ce défaut). Cela fait ainsi considérablement descendre l'intérêt du film, tendant même parfois à prendre le pas sur les qualités du film. Il est donc au final très frustrant de se dire que l'on est surement passé à côté d'un petit chef d'oeuvre à cause d'un script laborieux qui aurait mérité plus de relecture.

La conclusion de

S'appuyant sur un point de départ à la limite du cliché, qui plus est déjà traité en long en large et en travers par blockbusters friqués comme dans des DTV honteux, Before the fall propose une variation intéressante sur le concept ultra-balisé du film catastrophe, et livre un long-métrage sobre et intimiste, dont le manque flagrant de budget empêche tout déluge d'effets spéciaux. Sur fond d'extinction programmée de l'espèce humaine, F. Javier Gutiérrez met en place un long-métrage intelligent et efficace s'appuyant sur les codes du thriller, en y ajoutant un côté introspectif lié à la totale inutilité des actes des divers protagonistes. Il est cependant dommage que le scénario ne sache pas transcender la force de ses thématiques et l'originalité de son traitement, et finisse petit à petit par s'embourber dans des incohérences, des situations caricaturales et un manichéisme du plus mauvais effet. Reste malgré tout un film intéressant, et un metteur en scène qui mérite d'être découvert.

Que faut-il en retenir ?

  • Concept originalement traité,
  • Pistes de réfléxions intéressantes,
  • Traitement sobre,
  • Casting convaincant,
  • Manque de budget intelligemment caché.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario très manichéen,
  • Situations souvent caricaturales,
  • Beaucoup d'incohérences dans l'histoire,
  • Personnages manquant vraiment d'envergure.

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