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Critique du Téléfilm : La malédiction des sables
La malédiction des sables >

Critique du Téléfilm : La malédiction des sables

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 10 octobre 2010 à 0026

Serial killer à tête de chacal (ou de cheval)

Chers amis, accrochez-vous, car je vais tenter de vous résumer le scénario le plus abracadabrant ayant servi de support à une production Syfy: celui de La malédiction des sables.

L'histoire débute en Egypte, durant le moyen-empire (plus récent que Kéops, donc, mais plus vieux que Ramsès II et le roi Scorpion). Dans un désert en images de synthèse, sous un soleil de plomb, des adeptes de Tulsa Doom, des aborigènes australiens et deux bonzes recouverts de peinture dorée (dont l'un ressemble étonnament à Oliver Reed) psalmodient des litanies occultes devant une statue d'Anubis, un dromadaire assoupi et un parterre de latinos en slip se faisant passer pour des soldats du pharaon. Soudain, dans un tourbillon magique, un cobra géant de sable se matérialise devant eux, un des prêtres (le méchant) échange quelques coups avec les gardes avant de se jeter dans le serpent. D'un coup, tout d'accélère, les gardes tirent des flèches enflammées sur le reptile, qui se réfugie dans la statue, qui s'anime à son tour, avant d'être immobilisé par un type qui brandit devant elle un œil d'Horus. Bon, je ne raconte peut-être pas tout dans le bon ordre car je dois avouer que, plongé dans ce méli-mélo, j'ai perdu un peu le fil.

Fondu au noir.
1923. La nuit, sur une plage, non loin d'Hollywood, le plateau des Dix Commandements. Un mec louche s'empare de l'amulette. Surgit un Anubis aux fringues bouffées par les mites...

Générique.

On se retrouve sur les mêmes lieux, de nos jours. Une équipe de repérage explore le site. Accompagné de son grand-père, on découvre le héros; un acteur, un producteur, un chef décorateur, je ne sais plus. Il s'appelle Mark et il est accompagné, en plus de son papy en déambulateur, d'une jolie archéologue et d'une petite équipe de "spécialistes". Le grand-père déterre une vieille cassette, riche en souvenirs, au milieu des anciens décors enfouis sous les dunes. Soudain il tombe la tête la première dans un trou béant! Sa tête, ses bras et son torse pendent dans une étrange pièce dans laquelle est entreposée la statue d'Anubis. Probablement dérangée par les vociférations du vieux, l'idole s'anime, ouvre sa gueule de chacal (elle ressemble plus à celle d'un cheval, mais bon..) et remue ses oreilles. Houla, elle a l'air de mauvais poil! Je la comprends, certains réveils s'avèrent difficiles. Personnellement, tant que je n'ai pas pris mon petit déjeuner, je suis d'une humeur exécrable. Pas vous ? Bref, la créature se dirige alors vers le grand-père (on remarque alors qu'elle porte de petits chaussons tout mignons) et lui arrache nonchalamment un bras pendant, qu'au-dessus, son petit-fils tire sur ses jambes... pour finalement réussir à le ramener à la surface.
- Je crois que j'ai perdu quelque chose," dit le vieux en regardant son bras manquant. Sur ces bons mots, il meurt. Cela aurait dû être horrible. Cela ne l'est pas. C'est dommage.
Essuyant une larme, son petit-fils ouvre alors la cassette et découvre... tadaaaa, l'œil d'Horus, bien sûr! Bon, reste à savoir ce que foutent ici tous ces trucs égyptiens.

En fait, on va le découvrir au fil du métrage, et dans le plus grand boxon narratif possible; c'est les francs-maçons les responsables! Ce sont eux qui ont aidé Cecil B. DeMille, l'un des membres de leur obédience, à ramener d'Egypte pleins d'objets pour enrichir le tournage de son film. Pour la petite histoire, sachez que le film tente de fournir ainsi une « explication » concernant l'étrange attitude de Cecil B. DeMille qui, à la fin, du tournage des Dix Commandements, fit détruire au bulldozer ses décors pour les ensevelir dans les dunes. L'on n'a jamais su quelles étaient ses véritables motivations et, à, l'époque, cela fit jazzer... euh...jaser. Bref, pour en revenir à notre sujet, dans cette cargaison d'objets hétéroclites, il y avait la statue de ce "protecteur des défunts" et l'amulette chargée de le contenir. La statue était donc là depuis le tournage du film de 1923. Mmouais, j'ai vraiment du mal à comprendre comment la créature n'a pas mis plus de bordel lors de la production de ce chef d'œuvre hollywoodien (un ancien déclare juste que quelques étranges accidents se sont produits, la nuit venue) parce qu'Anubis se dévoile comme particulièrement agressif et sournois, plus serial killer que dieu protecteur. Quoiqu'il en soit, quatre-vingt années plus tard, le dieu égyptien a apparemment décidé de mettre les bouchées doubles, démontrant ses nombreux pouvoirs comme diverses métamorphoses (vague et serpent de sable) capacités d'invocations (serpents, scorpions et sauterelles) et même un pouvoir de domination (qui a tendance à transformer le possédé en merguez grillée). Sans que l'on sache pourquoi (il est chargé de protéger les tombeaux des pharaons, mais, ici, point de tombeau!), il commence à exterminer l'équipe de tournage, ne faisant aucune différence entre décideurs et employés. Tout cela dans une débauche d'effets numérique de qualité très variables.

En face de lui, il va donc trouver, dans un premier temps, Mark (un jeune homme qui revient d'Irak où il a subit un grave trauma, blablabla...), la jeune archéologue Alice et son ex-mari Jesse, également archéologue, et quelques étudiants dont trois filles si débiles qu'elles ne reconnaissent même pas que la créature ressemble à Anubis quand elles tombent dessus. Notamment une blonde attardée:
- Euh, aïe, ouille, il m'a blessé, j'ai mal!" Elle montre son bras qui porte une marque écarlate. "Je ne sais pas ce que c'était, une sorte de chien, un bouledogue, ou un rottweiler!"
Au cours de leurs investigations, les héros vont découvrir que cette salle ensevelie est en réalité, plus qu'un temple, une prison pour empêcher Anubis de nuire. En pénétrant dans ce sanctuaire, ils ont libéré la créature qui, pour les remercier, entreprend de les démembrer ou/et les étrangler.
- Je sens la mort tout autour de nous", déclare, humant l'air tel un braque allemand, le héros. "J'ai connu la même chose lors de mes patrouilles dans le désert, autour de Samara." Fichtre, ça fait froid dans le dos.

Puis, alors que l'ex-mari archéologue, qui est aussi un vrai salaud, est passé du coté obscur (le dieu a soit disant passer un marché avec lui, on le croit sur parole), Mark se rend avec sa nouvelle copine chez un ancien compagnon d'arme, genre de gros redneck républicain adhérent à la NRA. Le sous-sol de ce dégénéré, qui désire montrer un vilain bouton apparu sur ses fesses à Alice quand il apprend qu'elle est docteur (en archéologie), est rempli d'armes de guerre diverses et variées, allant du lance-missile à la grenade incendiaire. Se déroulent alors devant nos yeux dix bonnes minutes très drôles, riches en second degré, bourré de clichés et de personnages caricaturaux, qui apparaissent finalement comme le meilleur moment du film. Enfin, suréquipés, nos amis se sentent de force à s'attaquer au dieu et à son âme damnée, le professeur Jesse Carter... Cela va être trépidant. Ou pas.

Au niveau de la réalisation, David Flores (un spécialiste du téléfilm moisi) fait dans le minimum syndical. On se retrouve donc devant un produit qui tient plus de l'épisode raté de X-Files que du spectacle pulp de la Momie. Intrinsèquement, le résultat n'est pas calamiteux mais il manque de nerf et surtout présente une narration qui, bourrée d'ellipses, est à peine compréhensible (on comprend que le film a subit plusieurs montages sans parvenir à convaincre totalement). Certaines séquences ne sont même pas justifiables et n'ont strictement aucun intérêt (consacrer une scène complète, vide de contenu, à la présentation d'un sous-fifre qui va se faire tuer un peu plus tard par Anubis est un acte un peu démesuré). Pour ce qui est des effets spéciaux, si les inserts numériques ne sont pas trop mauvais (pour une production Syfy), on ne peut en dire autant quand le cinéaste utilise des puppets mal articulées (la tête peut simplement bouger les oreilles d'avant en arrière et la gueule de haut en bas) ou un figurant maquillé à la truelle (c'est le cascadeur Nick Principe qui endosse le costume de la créature). Quand aux décors, ils sont assez minimalistes puisque l'on doit se contenter d'une plage, d'une cave déguisée en temple égyptien et d'une chambre de motel. A noter que la version DVD Uncut (DVD zone 1) comporte dix minutes de plus, avec un montage un peu différent et quelques plans gore supplémentaires.

La malédiction des sables a pour atout de réunir un casting sympathique. Morena Baccarin (Alice Carter) et Adam Baldwin (Jesse Cooper) sont des comédiens charismatiques et ici, même si leurs personnages sont débiles et qu'ils doivent enchainer les répliques ridicules, ils s'en sortent avec les honneurs. Le film propose aussi quelques guest-stars, comme George Kennedy, qui interprète le papy et que l'on a grand plaisir à revoir, le très drôle Richard Kind (Dingue de toi, Spin City) en producteur de la Paramount et la craquante April Bowlby (Kandi dans la série Mon Oncle Charlie). Finalement, celui qui propose la performance la plus perfectible est le canadien Victor Webster, aussi énergique qu'une moule dans le rôle de Mark

La conclusion de

Quand Anubis est un psychopathe… C’est le pitch de La malédiction des sables, un nanar de David Flores qui ne se montre intéressant que lors de séquence volontairement (ou pas) drôles, comme lorsque les héros rendent visitent au redneck propriétaire d’un arsenal et marié avec une harpie ou quand Mark combat des toons égyptiens (dans le pur style Roger Rabbit). Car en dehors de cette atmosphère humoristique parfois réussie, il n’y a pas grand-chose à retenir, et cela même si les comédiens font leur possible pour tirer la qualité du métrage vers le haut.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques passages drôles
  • Un casting sympathique

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario crétin
  • Une réalisation sans relief
  • Un montage brouillon
  • Des effets perfectibles
  • L’acteur principal, insipide

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