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Critique du Wargames à Figurines : Ex illis
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Critique du Wargames à Figurines : Ex illis

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 11 octobre 2010 à 0903

Le futur des jeux de plateau ?

Les jeux d'histoire à figurines dotés d'un système de jeu assisté par ordinateur ne datent pas d'hier. En effet, nombre de pratiquants et de concepteurs de wargames ont tenté, et depuis le début des années 80, de créer des programmes pouvant faciliter la vie des "stratèges", surtout lorsque le jeu ciblé repose sur des systèmes gérant de très nombreux paramètres, comme les effets du vent sur les manœuvres d'un  vaisseau trois-ponts ou la trajectoire d'une torpille par rapport à une cible en mouvement. Cependant, ces logiciels, s'ils s'avèrent souvent très performants, relevaient jusqu'alors toujours d'initiatives individuelles, en vue d'une diffusion restreinte, voire une utilisation en clubs. Ces systèmes hybrides étaient même souvent uniquement la propriété d'un réseau de pratiquants très fermé, un véritable public de niche... Jusqu'à aujourd'hui et la sortie d'Ex Illis.

Sans affirmer qu'Ex Illis amène ce système hybride dans le domaine du grand public - on reste tout de même dans le domaine du figuriniste - force est d'admettre que le jeu édité par les québécois de Bastion vise à toucher un public assez large. Dans son principe, on tente ici la fusion entre un jeu de figurines très simple (style BattleLore) et un logiciel tactique intuitif, le but principal étant de faciliter la vie du joueur, qui peut ainsi profiter de la quintessence ludique de la mécanique. Le joueur se retrouve donc avec une armée de figurines 25mm déployée sur un terrain quadrillé. C'est ce plateau qui lui permet d'avoir une vue d'ensemble sur le déroulement de la bataille. A coté de cela, il va exécuter ses ordres via un logiciel tournant sur PC (ou sur Iphone). L'interface du logiciel est l'exacte réplique du plateau du jeu, on peut y retrouver les figurines et leurs emplacement, seuls les éléments de décors ne sont pas représentés (mais ils sont géré!!), ce qui rend obligatoire la représentation simultanée sur le plateau réel si vous ne voulez pas, par erreur, envoyer votre cavalerie dans des marais! (malins, les p'tits gars de Bastion!).


MONTJOIE ! SAINT DENIS !

Le jeu étant assez récent, le background d'Ex Illis ne brille pas par sa richesse. On a en fait affaire à un univers médiéval fantastique ayant pour décor la Guerre de Cent Ans. Comme dans Hell Dorado, qui suivait la même démarche avec la Guerre de 30 ans, ou Arcane Legions avec la période antique, les armées d'Ex Illis sont donc composés d'un mélange d'unités "historiques" (piétaille, chevalerie, corps d'archers, etc.) et de diverses unités fantastiques qui, pour la plupart, sont des créations originales. De plus, les Héros, figurines indépendantes qui évoluent attachées à une unité (à la manière des wargames de Games Workshop), sont tous dotés de pouvoirs spéciaux et de capacités magiques. Pour le moment, il n'y a pas grand chose de plus à apprendre et Ex Illis est plus un jeu d'affrontement d'unités qu'un univers de campagne attractif par la nature de son fluff.

Ex Illis est vendu sous forme de starters et de boîtes de renforts. Les starters de 54 figurines contiennent tout le nécessaire pour monter deux armées avec un tapis de jeu. Il existe deux types, deux types, le starter intégral à environ 120€ qui propose un tapis de jeu en plastique modulable et un starter de base à 57€ qui fournit un tapis de jeu en papier glacé. Les boites de renforts contiennent 8 à 10 figurines. Il existe également des boîtes de Héros et des boîtes contenant des grosses pièces (monstres, artillerie). Les figurines sont en plastique non peint, vendues par grappes, avec une qualité de gravure allant de moyen à très correct. Les prix de vente sont assez élevés, mais restent très corrects par rapport à ceux pratiqués par la concurrence. Enfin, comme pour la plupart des jeux à figurines aux systèmes simples, la règles est disponible gratuitement. A noter qu'à ce jour (4 octobre 2010), le tutoriel proposé sur le site internet n'est pas accessible, ni ne français, ni en anglais).

SWORD IN THE MACHINE

Après que les deux joueurs aient déployés leurs unités par la méthode alternée, le logiciel va fournir un ordre d'activation pour le tour. C'est lui qui gère toutes les variables pouvant influencer leur rapidité d'action (comme l'état de fatigue d'une unité, la nature du terrain, le type d'unité), le joueur n'a rien d'autre à faire que donner un ordre à l'unité qui est activée par le logiciel. Un fois, l'ordre donné, une petite animation sur le logiciel décrit son déroulement et un petit rapport indique les conséquences. La nature de l'ordre, en fonction des circonstances de jeu, peut voir son activation retardée (préparation de sorts, actions spéciales). A noter qu'il n'est pas besoin d'être connecté au net durant le déroulement de la partie.

Les ordres de base sont:
- Déplacement: une unité de fantassin se déplace d'une case par tour, une unité montée ou volante de deux. Se déplacer en diagonale coute de la fatigue à l'unité en mouvement.
- Tir: les unités équipées d'arcs de jet peuvent effectuer un tir. Le logiciel gère les couverts, les obstacles, etc.
- Charge: les unités s'engagent en mêlée en chargeant l'ennemi (charger une unité ennemie de dos ou sur le flanc donne bien entendu des bonus).
- Attaque: l'unité engage une unité adjacente en combat
- Défense: l'unité se prépare à une attaque ennemie ou s'abrite de tirs adverses.
- Ne rien faire: cela permet à l'unité de récupérer des points de fatigue et des points de magie
A ces ordres de base se rajoutent des ordres spéciaux (chaque unité possède ses propres capacités) et la magie, utilisée principalement par les Héros. Toutes ces ordres, hormis ne rien faire, génère de la Fatigue, qui rend les unités moins performantes. Le logiciel gère également le Moral, qui dépend des pertes subies et de la Fatigue.

Au final, on se retrouve devant un système de jeu à la fois classique et tellement simple que l'on ne peut pas considérer Ex Illis comme un véritable wargame fantastique (pour donner un comparatif dans le domaine des jeux vidéo, le déplacement par carré sur une surface assez restreinte évoque plus le module tactique d'Heroes of Might And Magic qu'un wargame de chez HPS). Cependant, au bout de quelques parties, l'on se rend compte que la mécanique est nettement moins basique qu'elle en a l'air. Le logiciel peut gérer de manière transparente et très vive de très nombreuses variables et il ne se gène pas pour le faire. Au final, si l'on met de coté le petit aspect aléatoire sensé représenter les jets de dés lors des combats (un petit module interactif plus amusant qu'utile), le logiciel réagit de manière logique (du moins, vu de l'extérieur) et il est vraiment possible (et conseillé!) d'établir des stratégies de jeu, tout en analysant bien les spécificités de son armée par rapport au terrain. Il est cependant dommage que les fans de tactique et d'optimisation, désirant vraiment comprendre les subtilités du logiciel, ne puissent pas mettre "les mains dans le moteur" qui est pour le moment totalement hermétique.

L'ORDINATEUR EST TON AMI

Lorsque un joueur découvre Ex Illis, de nombreuses interrogations lui viennent à l'esprit. Ainsi, lors des parties test dans mon cercle de jeu, tous les joueurs (même les moins expérimentés) m'ont fait part des deux mêmes réflexions:
- Ben, c'est juste un jeu vidéo, les figurines ne servent à rien à part faire jolie! Et en plus, il faut les peindre!" En fait, oui et non. Tout d'abord, comme je le dis plus haut, le logiciel ne représente pas les éléments de décor, alors hormis si vous vous sentez de les représenter sur un graphique élaboré par vos soins, la mise en place de la table de jeu est obligatoire. Par contre, pour ce qui est de la peinture, c'est malheureusement exact et c'est le principal aspect qui fait qu'Ex Illis reste un jeu destiné au même public que celui de Warhammer.
- Ben, on peut mettre n'importe quoi comme figurines, on n'a qu'à dire que mes vieux Space Marines sont des Franc-Chevaliers et puis basta!" Oui, mais dans ces conditions, vous ne jouerez que seul dans votre coin, car c'est là que le concept créé par Bastion prend toute sa mesure. J'explique. 

Différentes captures de l'interface de jeu

 Quand vous achetez des figurines Ex Illis, vous saisissez un code spécifique (imprimé sur la boite) sur le site internet dédié au jeu -site dans lequel vous aurez déjà créé votre profil - cela va enregistrer votre nouvelle acquisition qui va rejoindre toute les autres dans votre Collection. Et c'est uniquement sur ce site, si vous désirez faire partie de la communauté Ex-Illis, que vous pourrez gérer vos listes d'armée. Au final, vous ne pourrez construire des armées qu'avec des figurines Ex Illis officielles et un suivi de chacune d'entre elle sera fait via le site internet. Donc, sur le plateau, libre à vous de remplacer vos Francs-chevaliers par des Space Marines, mais comme leur achat est inévitable pour que votre partie soit homologuée... Cependant, au-delà du fait que ce système permet d'éviter que les joueurs fassent n'importe quoi (et trichent), il présente d'autres avantages, et pas des moindres, comme la gestion de l'expérience. Ainsi, chaque bataille étant enregistrée sur le logiciel, Bastion peut sans problème gérer le gain d'expérience des unités et des armées. Cela permet de donner une gestion dynamique des ressources de chaque joueur, élément indispensable pour la bonne tenue de compétitions et un renouvellement de l'interêt.

 Ma collection de figurines sur le site de Ex Illis

Pour en savoir plus:

Le reportage Scifi Universe: ouverture de la boîte starter et petite démo

Le site d'Ex Illis

La conclusion de

Pour Ex Illis, la route à accomplir vers la notoriété est encore longue. Convaincre une clientèle de joueurs à figurines avec un nouveau concept et attirer un tout nouveau public restent de sacrés défis et, actuellement, le jeu en est toujours dans sa phase de séduction. Heureusement, Bastion se donne les moyens de ses ambitions en étant présent sur le terrain. Ex Illis a des qualités intrinsèques, c’est certain (système très accessible, aspect séducteur de l’aspect jeu vidéo…), et doit être appréhendé non pas comme un produit bâtard ou un vulgaire artifice mais comme le premier essai vers un nouveau type de hobby, qui lie l’amour de la figurine, le jeu de combat tactique au tour par tour et le jeu vidéo. Et espérant qu’il ne rentre pas dans l’histoire du jeu comme étant simplement celui qui a essuyé les plâtres mais qu’il se fera une place de choix parmi les jeux de nouvelle génération. Il le mérite.

Que faut-il en retenir ?

  • Un système très accessible
  •  Des parties rapides
  • Un aspect visuel très attractif
  • La gestion des combats via Iphone
  • Bon suivi de la gamme et esprit communautaire

Que faut-il oublier ?

  • Tactiquement un peu léger pour les wargamers
  • L’investissement de départ
  • Des figurines non peintes, de qualité moyenne
  • Un système en pleine évolution

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