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Critique du Film : Repo! The Genetic Opera
Repo! The Genetic Opera >

Critique du Film : Repo! The Genetic Opera

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 29 septembre 2010 à 0146

Addicted to the Knife

En 2056, la chirurgie a fait de tels progrès qu'il est possible de changer les organes d'un être humain aussi facilement que les pièces d'une automobile et le bistouri est un accessoire cosmétique presque aussi fréquemment utilisé que le blush et la rouge à lèvres. Seulement, voilà, comme aujourd'hui, dans cet avenir baroque où règne la superficialité, tout se monnaye. Et si vous n'avez pas les moyens de vous acquitter de vos dettes, le repo man est là pour saisir ce que vous n'êtes plus en droit de garder...

Comme son titre le penser, Repo! The Genetic Opera est un bien plus qu'une comédie musicale, c'est carrément l'adaptation filmée d'un opéra rock du début des années 2000. Un peu comme Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street et The Rocky Horror Picture Show, le métrage de Darren Lynn Bousman ne présente donc que des dialogues chantés sur fonds musicaux (à base d'un mélange de rock, pop, electro-indus et métal !), ce qui ne manquera pas de surprendre tout spectateur peu habitué à ce type d'expérience (mon fils en frémit encore d'effroi). Repo! The Genetic Opera est donc une œuvre à l'atmosphère théâtrale très fabriquée qui, tout comme un spectacle d'opéra, se doit de compenser son artificialité dramatique, son jeu posé et son manque de réalisme par de véritables performances dans le domaine lyrique et chorégraphique. Et même si le résultat ne manque pas de défaut, on est heureux de constater que Bousman réussit en grande partie à relever le défi, faisant presque mieux que le grand Tim Burton.

Tout d'abord, on constate avec plaisir que si le très sombre scénario de Repo! The Genetic Opera, sans être véritablement faible, ne brille pas par sa richesse il est toutefois bien mis en valeur par une réalisation somptueuse, avec la présence d'une magnifique photographie. En effet, grâce à un travail sur la photo qui évoque un peu ceux de Baz Luhrmann sur Roméo + Juliette et Moulin Rouge, Darren Lynn Bousman dépose tous les éléments de son film dans un magnifique écrin de lumière qui magnifie les aspects baroques et gothiques du métrage. Poussant la précision technique jusqu'au maniérisme, le cinéaste (bien aide par Joseph White, directeur de la photographie) amène son œuvre vers une perfection esthétique certes très artificielle mais collant parfaitement à une démarche "arty" totalement assumée. Chaque séquence, ultra chiadée, apparait ainsi comme une sorte de vidéo-clip indépendant, donc l'efficacité repose plus sur sa force intrinsèque que sur son implication dans l'ensemble de l'œuvre.

Le problème majeur de cette prise de position, c'est qu'à force de tenter de donner à chaque scène une véritable force, l'ensemble finit par en devenir chaotique et décousu (le fait que le film soit une version rallongée d'un court métrage doit également avoir son influence sur le manque d'homogénéité du récit). L'intrigue générale y perd alors énormément en rythme et en fluidité et Bousman confond parfois tohu-bohu et efficacité rythmique. Un fait d'autant plus flagrant que chaque séquence, prise séparément, ne présente pas le même niveau qualitatif. Dépendant de la couleur de la partie musicale, de la qualité d'interprétation des artistes et de la chorégraphie, on pourrait même dire que le film varie sans cesse entre le moyen (voire passable) et le génial. Parmi les passages les plus réjouissants, on retiendra ceux mettant en scène Graverobber (le Pilleur de Tombes), excellemment chorégraphiés et dotés d'un croustillant humour noir, l'hilarante entrée en scène d'une Amber Sweet après sa calamiteuse opération de chirurgie esthétique et la visite de Blind Mag chez la famille Wallace, absolument magnifique. D'autres, à contrario, exploitant mal la teneur dramatique des textes ou vraiment trop confus, en deviennent poussifs, voire un peu agaçant (comme les réunions agitées de la famille Largo, propriétaire de la compagnie génétique GeneCo), quand ils ne sombrent pas dans une horripilante hystérie.

Si Repo! The Genetic Opera est un film de SF glauque et délirant, c'est également un film d'horreur très fourni en effets gore et en maquillages spéciaux. Certains, par leur coté démonstratif très poussé, peuvent même surprendre... c'est oublier que Bousman est le réalisateur des Saw. Des effets gore d'ailleurs toujours fortement réussis, et parfois même drôles, comme quand le Repo Man récupère une colonne vertébrale sur un mauvais payeur tout en téléphonant à sa fille pour s'assurer de sa bonne santé. Evidemment, plongés dans une ambiance musicale, les effets gore voit leur impact amplifié par un coté décalé. Quand aux effets numériques, utilisés pour représenter une ville futuriste évoquant un peu celle de Blade Runner revue à la mode gothique, ils sont de très bonne facture si l'on se réfère au budget du film, finalement assez modeste (un peu plus de 8 millions de dollars). A noter également que si le film a été réalisé principalement en HD, les nombreuses séquences de flashback exposant les liens reliant les principaux protagonistes de l'intrigue ont été tournés avec une caméra 16mm.

Evidemment, la réussite de ce type de métrage repose en bonne partie sur les performances de ses comédiens. Celui qui s'en sort le mieux est Terrance Zdunich, très à l'aise dans le rôle secondaire du Graverobber. A noter que ce dessinateur de comic books est également l'un des deux scénaristes du film, le compositeur de quelques unes des 58 pièces musicales (avec Darren Smith) et l'auteur des inserts BDs qui apparaissent régulièrement dans le métrage. Dans les rôles principaux Alexa Vega et un très surprenant Anthony Head font mieux que Johnny Depp et Helena Bonham Carter dans Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street, ce qui finalement est déjà pas mal. Il faut dire que le frère cadet de Murray Head est aussi un chanteur professionnel (il fut dans le casting de The Rocky Horror Show et le leader du groupe de rock Two Ways dans les années 80) et qu'Alexa Vega s'était déjà essayé au chant puisqu'elle fut chargé d'interpréter les B.O. de la série de films Spy Kids. A coté d'eux, plongé dans cet univers coloré et un peu assourdissant, Paul Sorvino (Rotti Largo) a un peu de mal à sonner juste de par son registre classique. Quand à Bill Moseley (Luigi Largo) et le chanteur de dark indus Nivek Ogre (Pavi Largo), ils ne parviennent pas à convaincre au cours d'apparitions plus crispantes que drôles. Par contre, Paris Hilton (Amber Sweet), fait plaisir à voir dans une désopilante démonstration d'autodérision au cours de laquelle elle massacre son image (dans tous les sens du terme). Enfin, la géniale Sarah Brightman, par son chant soprano, se fait particulièrement remarquer, même cachée sous les efficaces maquillages de Blind Mag.

La conclusion de

Prévu pour être le de volet central d’un triptyque, il y a des fortes chances, en raison de son flop total au box office US, que Repo ! The Genetic Opera reste un unique essai, catastrophique pour la suite de la carrière de Bousman. Pourtant le film ne manque pas de qualités (à commencer par une excellente B.O.) et rivalise sur bon nombre de ses aspects avec de grands classiques comme Sweeney Todd ou The Rocky Horror Picture Show. Cela n’a hélas pas suffit pour convaincre le public, qui est resté souvent de marbre devant ce spectacle déjanté et baroque qui mélange musique indus, pop, rock et metal. C’est bien dommage.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation très appliquée
  • Film OVNI
  • De très belles séquences
  • Une photographie magnifique
  • Une B.O. de qualité
  • Anthony Head, impressionnant

Que faut-il oublier ?

  • Un film inégal, parfois chaotique
  • De grosses chutes de rythme
  • Quelques scènes ratées

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