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Critique du Recueil de nouvelles : Kull, le roi atlante
Kull, le roi atlante >

Critique du Recueil de nouvelles : Kull, le roi atlante

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 1 septembre 2010 à 1937

Sous le règne de l’Atlante

Kull éclata de rire, un rire démentiel. Les visages terrifiants tournoyaient autour de lui en une brum écarlate. Il sentit de l’acier s’enfoncer dans son bras et abattit son épée brandu dans les airs. La lame décrivit un arc de cercle étincelant et s’enfonça dans la tête de son adbversaire jusqu’au sternum. Puis les brumes se dissipèrent et le roi vit que seul lui et Brule étaient débout, entourés par un amoncellement de hideuses silhouettes sanglantes gisant immobiles au sol… (Le Royaume des Chimères).

Patrice Louinet et Steve Tompkins (auteur de d'introduction), le crient haut et fort, tel un barbare hélant une fille en levant son crâne empli de bière, « Kull n'est pas un proto-Conan », et encore moins une ébauche contrefaite du héros cimmérien". Non, Kull est un héros howardien à part entière, et cela même s'il a ouvert des voies à la créativité fantasy de Robert E. Howard, en l'entrainant notamment à créer un univers cohérent pouvant servir de base solide aux aventures épiques de ses futurs héros.

Guidé par les deux anthologistes, on découvre à travers ces nouvelles, ces fragments de textes et ces récits inachevés, la nature du personnage, et son environnement. On se rend ainsi compte que Kull évolue dans un univers nettement moins bien défini que le monde Hyborien (qui n’existe pas encore, ne l’oublions pas, à l’époque où Howard a écrit ces nouvelles). Le monde de Kull s'appuie en fait sur des mythes et des spéculations historiques, le novelliste les ayant modelés ensuite à son gout. Ainsi, Kull, s'il est le roi de la Valusie, un puissant royaume se situant historiquement en phase décadente (on pourrait le comparer au Bas Empire Romain, avec ses légions de mercenaires et ses généraux barbares), est en fait d'origine Atlante. Mais une Atlantide éloignée de celle de Platon, une Atlantide sauvage, habitée par un peuple primitif assez proche de celui de Cro-Magnon (Patrice Louinet développe d'ailleurs dans une passionnante étude les analogies entre le personnage de Krull et la tribu préhistorique d'Am-ra, qui est au centre de quelques-unes des nouvelles d'Howard).

Kull sentit alors les murmures de charmes magiques autour de lui ; ils emplirent l’air et prirent forme tangible, flottant dans l’étincelante lumière comme des filaments de toile d’araignée, tentant se s’accrocher à lui au moyen de sombres tentacules. Kull jura impatiemment et les écarta d’un geste de la main, les renvoyant au néant. Car, contre la féroce logique élémentaire du sauvage, la magie de la décadence n’a aucune prise… (Le chat et le crâne)

Kull règne sur un monde mal délimité. L'écrivain, qui est à l'époque très jeune, développe l'univers au fur et à mesure de ses besoins, toutefois, il prend bien soin de garder une grande cohérence dans les faits et les propos. Ainsi, au fil des nouvelles, on retrouve souvent les mêmes personnages: comme le fidèle Brule, un mercenaire picte devenu le meilleur ami de Kull, Tu, le sage conseiller Valusien et Kelkor, un général lémurien commandant les Tueurs Rouges, la garde royale de Valusie. Les personnages féminins ne sont guère mis en valeur et présentent des profils « fantasy » types : la jolie princesse capricieuse ou la belle esclave lascive. Quand au personnage de Kull, si physiquement, il peut évoquer sans nul doute Conan, il en est tout autrement de son profil psychologique, le roi de Valusie étant nettement plus "politiquement correct" que le futur roi d'Aquilonie.

Les nouvelles sont de qualité variable. Il faut savoir que seules trois d'entre-elles ont été éditées du vivant d’Howard, et toutes dans le magazine Weird Tales. De plus, parmi celles-ci, l’une est Les rois de la nuit, où Kull n’y est présent qu’en qualité de « guest star ». En effet, l’histoire met en vedette le chef picte Bran Mak Morn (la nouvelle figure d’ailleurs dans le recueil Bran Mak Morn, édité chez Bragelonne en 2009). Les autres sont Le royaume des chimères (52 pages)  et Les miroirs de Tuzun Thune (16 pages), toutes deux datant de 1929. Elles sont de bonne facture, abordent des styles très différents, mais je dois dire que je préfère nettement la première - où le roi affronte une tentative de coup d’état menée par un peuple ophidien -, Kull s’accordant mieux, à mes yeux, à un texte mêlant conspirations et de palais et sorcellerie. La deuxième, plus onirique, présente un Kull aux tendances philosophes. Il est intéressant de noter, et Patrice Louinet prend bien soin de nous le signaler, que ces deux nouvelles sont, pour ainsi dire, les premiers écrits publiés se situant dans un genre que l’on nommera la Sword & Sorcery. A la différence de la fantasy, de la faerie et l’héroic fantasy, le genre Sword & Sorcery dégage une atmosphère réaliste, sombre et viscérale, plus à même de satisfaire les lectorats avides de prouesses épiques et musclées.

Le jeune Farsunien était en tenue de combat, son corps souple et athlétique entièrement protégé par une armure légère. un morion visé sur la tête. Il semblait capable de manier la longue et fine épée au pommeau incrusté de bijoux qui pendait à son coté, et l’écharpe passée en travers de son torse bardé d’acier, avec son motif de rose rouge, ne contredisait pas l’image de virilité qui émanait de lui… (Les épées du Royaume Pourpre)

Les dix autres nouvelles (complètes) figurant dans ce recueil n’ont jamais été éditées et sont tirées de tapuscrits originaux. On a donc du bon et du moins bon, voire du très moyen. Cependant, certains textes, même s’ils ne brillent pas par leur niveau d’excellence présentent un grand intérêt, comme Exilé d’Atlantide, qui est le seul texte où l’on découvre Kull dans sa contrée d’origine, ou Le chat et le crâne, nouvelle un peu bordélique où l’on découvre un certains nécromancien nommé… Thulsa Doom. Les deux meilleures, par leurs structures et leurs rythmes, sont probablement Par cette hache, je règne ! (32 pages) et surtout Les épées du Royaume Pourpre (40 pages). La première, si elle est inutilement longue, est riche en enseignement sur le conflit intérieur qui ébranle Kull entre ses origines barbares et son désir d’être un bon régent. Le final sanglant fait preuve d’un inattendu humour noir. La deuxième est un bon texte qui nous fait découvrir un roi un peu naïf entrainé dans un traquenard où, malgré ses prouesses guerrières, il ne devra sa survie qu’à un couple d’amoureux.

Les cent dernières pages sont consacrées aux appendices. On y trouve les versions de travail de deux textes édités et des récits inachevés. Certains sont très intéressants (les 15 premières pages de Lala-ah et Felgar), d’autres n’intéresseront que les fans absolus de l’auteur car vraiment trop incomplets. A noter que les derniers textes sont consacrés au peuple Cro-Magnon, et notamment au personnage d’Am-ra. Dans son étude achevant l’ouvrage, Patrice Louinet nous explique avec passion et clarté les raisons de la présence de ces récits dans ce receuil.

Enfin, pour finir, sachez que l’ouvrage est copieusement garni d’illustrations de Justin Sweet. L’artiste nous expose ainsi sa vision du personnage et du monde des Sept Empires à travers des d’explicites croquis et de magnifiques peintures, toutes collant parfaitement à l’histoire qu’elles illustrent. Superbe.

La conclusion de

Huitième ouvrage de la collection Howard éditée chez Bragelonne, ce recueil de nouvelles réunit tous les textes de l'auteur dans lesquels figure le personnage de Kull. Même si leur qualité n’égale pas les meilleurs textes d’Howard, les récits épiques contenus dans cette oeuvre sont souvent accrocheurs. Et certaines nouvelles, comme Le Royaume des Chimères, sont carrément passionnantes. Fruit du magnifique travail de recherches et de compilation de Patrice Louinet, ce recueil réussit totalement ses deux missions : redorer le blason d’un héros Howardien sous-estimé, considéré souvent comme une hésitante ébauche de Conan, et fournir aux fans une précieuse richesse documentaire.

Que faut-il en retenir ?

  • On (re)découvre Kull
  • Un magnifique travail de compilation
  • Les commentaires de Louinet et Steve Tompkins
  • Des textes souvent captivants
  • Les superbes illustrations de Justin Sweet
  • Les appendices

Que faut-il oublier ?

  • Des textes de qualité variable
  • Un ouvrage pour les fans

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