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Redneck Zombies >

Critique du Film (Direct to Vidéo) : Redneck Zombies

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 31 août 2010 à 17:20

Conte bucolique, cannibales alcooliques

C'est bien connu, les paysans distillent tout ce qui leur tombe sous la main, et les rednecks américains ne font pas exception. Alcool de bois, liqueurs diverses, snaps immondes, tout est bon pour arriver à l'ivresse et briser la monotonie de la vie campagnarde! Ici, dans le film de Pericles Lewnes, c'est le contenu toxique d'un baril tombé d'un chargement de convoi militaire (qui consiste en une unique jeep conduite par un bidasse débile) qui va servir de matière première à la confection d'un nectar alcoolisé. On y voit donc une bande de crétins congénitaux transformer un produit extrêmement nocif en un alcool dégueulasse et pestilentiel, et cela malgré les avertissements inscrits sur le container (de toute manière, ces dégénérés ne savent pas lire). Puis, après avoir consommé cette immonde boisson, les abrutis entreprennent d'en faire la distribution aux habitants du village... avant de se transformer en zombies!

Par son scénario qui évoque bon nombre de classiques du genre et sa réalisation ultra-fauchée, Redneck Zombies apparait comme la consécration d'une initiative de fans qui n'ont eu dans leur démarche aucune autre ambition que de se faire plaisir... et d'amuser les amateurs de séries Z bien dégueulasses. Avec son introduction qui nous rappelle celle du Retour des morts-vivants, sa boisson pourrie qui évoque la viper de Street Trash, ses séquences gores qui sont de gros clins d'œil malicieux à Day of the Dead et ses zombies cannibales qui lorgnent du coté d'Anthropophagous et Cannibal Ferox, le métrage de Pericles Lewnes (un philosophe, donc) se pose donc comme une sorte de patchwork référentiel parodique axé sur la caricature (les comédiens surjouent comme des malades!) dont l'efficacité repose sur le vécu cinéphage du spectateur. On y trouve même un sacré hommage à Elephant Man, avec ce personnage sentencieux débattant sur les méfaits du tabac (devant des acteurs qui en font des tonnes dans le registre "mec terrorisé") et dont le visage est recouvert par une toile de jute! Totalement stupide, mais assurément drôle parce que totalement hors contexte!

Redneck Zombies est donc une comédie horrifique et gore jouant d'effets craspecs et de comique burlesque grâce à une galerie de personnages composée de crétins et d'arriérés mentaux. Que cela soient les victimes des zombies - des campeurs cherchant une aire de repos pour la nuit - où ces autochtones qui vont se transformer en créatures immondes et voraces, tous atteignent un niveau de crétinisme totalement surréaliste. Ainsi, lors de la tournée de distribution de l'alcool, l'on se rend compte que les villageois ne sont guère plus futés que les bouilleurs de cru. Chaque maison du village abrite une famille d'abrutis aux mœurs vulgaires et parfois brutales. L'on retient particulièrement cette horrible femme tenant dans ses bras son porcelet Porky, cette mère de famille qui garde son bébé dans une machine à laver le linge et qui lui file des biberons d'alcool, ces deux frères sadiques torturant une inconnue bâillonnée et ligotée sur un siège et ces deux autres bouseux, hilares, matant des pornos avachis sur leur canapé.

Pour ce qui est de son efficacité horrifique, Pericles Lewnes se penche à compenser la perfectibilité des maquillages des zombies par une débauche d'effets gore, si possible les plus dégueulasses possibles. Redneck Zombies est donc un film particulièrement immonde et gerbant. Ainsi, des litres de pu et autres liquides organiques s'écoulent de la chair purulente des zombies, ces créatures titubantes qui bavent en permanence et vomissent régulièrement le contenu de leurs estomacs. Les séquences gore s'attardent sur les éventrations et les démembrements et les démonstrations cannibales se veulent les plus trashs possibles. Le final est d'ailleurs particulièrement excessif, avec un véritable déchainement gore et sauvage, souvent maladroit car fauché mais assurément écœurant. Bref, on évolue dans le registre de la grosse série Z qui tache, avec un spectacle riche en épanchements de tripailles et de viscères qui devrait ravir les amateurs de cinéma gore italien des années 80 (notamment les films de jungle horrifique à base de cannibales).

Redneck Zombies souffre toutefois de ses excès, de ses choix artistiques et de ses défaillances techniques. Les séquences psychédéliques qui accompagnent les transformations en zombies et illustrent les sensations de campeurs sous l'emprise de la drogue, faites à base de filtres colorés et de gélatines, sont des passages difficilement supportables car trop longs, trop répétitifs et trop perfectibles. Le jeu de certains comédiens, souvent très approximatif et caricatural, peut tout autant amuser (le redneck obèse) qu'agacer (le campeur black aux attitudes de folle du désert). Techniquement parlant, le montage est bourré de faux raccords (pas trop grave car cela prette souvent à rire) mais surtout il n'est absolument pas calibré, entrainant des ruptures de rythme assez désagréables. Enfin, le choix des cadres se montre parfois peu judicieux, rendant inefficaces certaines prises de vue déjà peu favorisées par de très modestes moyens de tournage (les prises de vue sont réalisées avec un caméscope). Bref, Redneck Zombies présente bien les caractéristiques de la pure série Z, avec ses qualités et ses défauts. Au spectateur de décider quel aspect l'emporte sur l'autre.

50

Produit par la Full Moon de Richard Band, c'est tout logiquement que Redneck Zombies a finalement atterri dans le catalogue de la Troma, tant le produit colle au "style" adopté par la compagnie de Lloyd Kaufman. Avec son scénario stupide mettant en scène des personnages débiles et sa réalisation cheap cultivant le pipi-caca et les déchainements gerbeux, le film de Pericles Lewnes pourrait en effet passer sans mal pour une œuvre sortie directement des cerveaux dérangés des producteurs de Toxic et Atomic College. Au final, les amateurs de trash bien gore et fun apprécieront surement, les autres désespèreront devant ce vomitif condensé d'insuffisances techniques et artistiques.

Critique de publiée le 31 août 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Une série Z référentielle bien craspec
  • Une atmosphère fun
  • Des effets gore très nombreux
  • Du cinéma décomplexé, réalisé par des passionnés
  • Quelques bons gags

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario alibi
  • Techniquement perfectible, artistiquement inepte
  • Des maquillages peu convaincants
  • Des comédiens au jeu très approximatif
  • Des séquences agaçantes

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