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Critique du Film : Tamara
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Critique du Film : Tamara

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 13 août 2010 à 1803

Mortelle séduction


Pauvre gentille Tamara qui doit subir au quotidien les quolibets de son entourage! Personne ne l'aime, pas même son ivrogne de père... du moins pas de la plus digne des façons! Pourtant, Tamara est une chic fille. Sapée comme l'as de pique et pas très gatée par la nature, c'est certain, mais plutôt gentille. Et pas bête, en plus. Secrètement amoureuse de son professeur de littérature, cette jeune fille s'intéressant à l'art wiccan vient même de se faire remarquer via la redaction d'un très intéressant article sur l'utilisation des stéroïdes dans les vestiaires des lycées. Malheureusement, cet article a fait la une du dernier numéro du journal du lycée. Ce qui ne va pas arranger les rapports entre Tamara et les autres élèves (notamment les athlètes). Bien au contraire...

Avec sa jeune fille moche et coincée, victime de brimades à l'école comme au sein de son cercle familial monoparental, le script de Tamara n'est pas sans rappeler celui du célèbre Carrie au bal du diable. On y voit donc une élève introvertie souffrant en silence de ses différences, attirant la pitié des uns et les moqueries des autres. Jusqu'à ce que la situation finisse par déraper. Dans le film de Brian De Palma, c'est une séance d'humiliation organisée par une bande de petits cons qui va faire basculer le récit dans l'horreur. C'était un acte purement gratuit, une blague bête et méchante à base de sang de porc. Ici, c'est une histoire de rancune; "une bonne leçon", comme ils disent. La finalité est cependant la même car la plaisanterie va se transformer en meurtre et entrainer la création d'un monstre. L'apparition d'une succube vengeresse aux allures de femme fatale! Ainsi, au final, Tamara brasse des éléments de Carrie, mais aussi d'Evilspeak - Messe noire(le souffre-douleur qui trouve sa revanche dans la magie noire), Dangereuse Alliance (pour les éléments wiccan et sa jeune sorcière) et surtout d'Aenigma, film de Lucio Fulci qui met en scène une jeune fille "moche" se vengeant de ses bourreaux en prenant possession du corps d'une belle étudiante.

Porté par l'intéressante performance de la belle texane Jenna Dewan, aussi convaincante en jeune fille timide qu'en superbe pétasse ("qui ferait passer Halle Berry pour une majorette!", s'exclame à ce sujet un élève sous le charme), Tamara est un slasher fantastique pour ados qui prend la peine de solidifier ses bases avant de délivrer l'attendu spectacle horrifique. Assez malin, le film de Jeremy Haft ne pose pas les victimes de la vengeance de Tamara comme une monolithique bande composée uniquement de salopards et de garces. On y brouille au contraire les cartes, le script plaçant sur le parcours sanguinaire de la créature quelques personnages "gentils" comme le jeune geek (au profil psychologique d'ailleurs assez proche de Tamara), un sympathique jeune couple et l'épouse du professeur de littérature (qui est également la psychologue du lycée). Des personnages qui, souvent, ont bénéficié au préalable d'une présentation sufisamment conséquente pour que l'audience puisse se familiariser avec eux. Au final, si l'on peut comprendre la violente réaction de Tamara, on ne peut complètement cautionner son mortel aveuglement. Ce qui rend le récit autrement plus intéressant, l'affectif du spectateur basculant entre les différents protagonistes.

Pour ce qui est du modus operandi de Tamara, comme souvent dans le cinéma horrifique, la Mort se saisit ici de ses proies en exploitant leurs angoisses et leurs faiblesses. Tamara ayant la faculté de sonder l'esprit de ses cibles, elle les entraine à se donner la mort en stimulant leurs tendances ou, au contraire, en les forçant à agir contre-nature. Une bonne idée qui ne manque pas de créer quelques passages horrifiques qui non seulement sont bien gore mais aussi bien pourvus en humour noir. Les "suicides " sont donc à la fois violents, originaux et drôles: l'adepte de scarification va se mutiler en public, la jeune fille obsédée par sa ligne va manger sans discontinuer, la père alcoolique va se transformer en broyeur de verre pilé... Quand au sort des deux machos de service, véritable duo d'ordures qui droguent les étudiantes avant de les violer, je ne vous dirai rien sur leur sort, afin de vous laisser la surprise (sachez cependant que j'ai beaucoup ri).

Bon, à coté de cela, force est d'admettre que le film est quand même loin d'être parfait. Le scénario est finalement bien prévisible, son dénouement tombe un peu à plat (dans tous les sens du terme) et les dernières vingt minutes, qui se déroulent dans les locaux d'un hôpital, peuvent être assimiliées à celles d'un simple slasher un peu trop mou du genou.  Disons, que dans le registre du tueur psychopathe poursuivant ses victimes dans des couloirs, on a souvent vu beaucoup mieux. D'autant plus que les morts ne sont pas très nombreuses. La réalisation, si elle est loin d'être catastrophique, manque parfois de force et de rythme. Ainsi, le cinéaste accuse un net déficit en efficacité dans les scènes devant instaurer une forte tension psychologique, comme celles où l'élève fait face à SON professeur (et cela malgré les beaux efforts de Jenna Dewan). La relative platitude de la séquence d'entretien entre Tamara et sa "rivale", où la vamp' s'attarde dans un méprisant discours ourdi de menaces, est aussi un bon exemple des difficultés rencontrées par Jeremy Haft pour donner plus de puissance à son métrage. Heureusement, cela ne mine pas totalement l'interet de l'ensemble, le réalisateur se montrant plutôt à son aise dans les passages horrifiques et réussissant à éviter que cette bande de teenagers ne se transforme en un vulgaire ramassis de clichés. Ce qui est finalement l'essentiel.

La conclusion de

Sans révolutionner le genre, Jeremy Haft nous offre avec Tamara une petite série B horrifique qui se laisse suivre sans déplaisir. On y découvre une jeune comédienne plutôt à son avantage, quelques bonnes séquences gore, un humoir noir assez efficace, bref, suffisamment d'éléments pour faire de ce film un honorable divertissement apte à meubler une soirée thématique "spécial slasher".

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation correcte
  • L'intéressante performance de Jenna Dewan
  • De l'humour
  • Des effets gore rares mais réussis

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario prévisible
  • Réutilisation de stéréotypes
  • Manque de tension dramatique
  • Des chutes de rythme

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